Septembre 2026 : Le camp sanitaire de Camiers (Pas-de-Calais)

C’est dans le nord de la France, en allant photographier les lignes de défenses allemandes positionnées par Rommel, en vue d’un probable débarquement, que Alain PUECH a fait la connaissance d’un promeneur membre d’une association d’anciens combattants de Camiers-Sainte Cécile.

Camiers est connu pour son camp sanitaire mais aussi pour ses casernes et camps d’entraînement dont il ne reste plus rien, ni des emplacements ni de l’immense camp de toile pour soigner les milliers de blessés.

Le maréchal Douglas Haig, positionné avec son état-major à Montreuil, dispose de bateaux hôpitaux sur Boulogne mais il lui manque une base logistique terrestre.

Depuis le début du conflit en août 1914, les Britanniques cherchent une tête de pont afin de rassembler, soigner et rapatrier les blessés des combats de la Somme et des Flandres ainsi que ceux de la région d’Ypres.

Le village de Camiers offrait l’avantage de vastes espaces et de la proximité d’une voie ferrée un peu éloignée des zones de combats.

Dès 1915 le Machine Gun Corps va utiliser ces espaces pour stocker des munitions et créer un camp sanitaire dont la mise en place, tentes et hôpitaux, se fera sous la conduite du Royal Engineers .

C’est le plus grand des corps sanitaire, avec des structures de 25m de long pour les soins et 17 600 lits, qui avaient sa propre administration et son commandement mais restait sous le contrôle de la Royal Army Médical Corps.

Dans des conditions difficiles, de nombreux médecins et infirmières vont soigner les blessés puis viendront se joindre des spécialistes de toutes sortes.Tous ces hôpitaux toile porteront un numéro. C’est ainsi que John Mc Crae sera affecté au 3e Hospital General (épuisé par la maladie il décédera et sera inhumé non loin de là dans le cimetière militaire britannique de Wimereux).

C’est au cours d’un bombardement allemand sur ce camp que sera tué le médecin-lieutenant William Fitzimons en poste à l’hôpital n° 5.

Venu d’Angleterre avec un diplôme de l’université de médecine du Kansas, il est le premier officier américain à être tué durant ce conflit.

L’arrivée des blessés va suivre une stratégie britannique avec un premier tri des blessés dans un centre souvent situé à plusieurs kilomètres du front puis, selon les blessures, le transport se fera en train, véhicules automobiles ou barges.

Parmi les nombreux médecins figuraient de grands spécialistes tels le Dr Flemming, le Pr Cushing biologiste et chef d’une unité neurochirurgicale, le spécialiste en chirurgie plastique et dentaire le Dr Kazanjian (Hôpital No 22) américain venu des Etats Unis avec le contingent US en 1917.

Peu d’images mais un site mémoriel indique aux passants ce que fut l’histoire de ce camp sanitaire aménagé pour la durée de la guerre mais aussi camp militaire créé pour la formation des recrues venus d’Angleterre.

Quarante casernes vont se charger d’endurcir ceux-ci, la discipline est dure à l’extrême limite du sadisme et de la cruauté, de la part d’officiers qui n’ont jamais connu les tranchées.

C’est ainsi que le 9 septembre 1917 une mutinerie éclate au sein de la troupe, elle sera matée par la Military-Police et un escadron de Gurkas de l’armée des Indes.

En quelques jours il ne restera qu’à juger une cinquantaine de mutins et un caporal à fusillé pour l’exemple.

Les Anglais vont poser un voile de silence sur cet événement qui va ressortir en actualité dans les années 1990.

En 1915 sera créé le cimetière d’Etaples ainsi que le grand hôpital général où seront accueillis 70 000 soldats dont Lawrence Prince qui sera le dernier mort anglais de la Grande Guerre.

Ce site sera rasé en 1919.

Galerie de photos réalisée par Alain Puech

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