Souvenirs d'un médecin sur la plus
grande guerre, Louis Barras
Maloine, 1926
Médecin aide-major dans une
unité d'artillerie au début de la guerre, il assiste
à la bataille de Morhange et à la retraite. Fin
1915, il est relevé du front et affecté à l'Hôpital
complémentaire n°11. Son récit porte essentiellement
sur les premières semaines de la guerre. Pour le
reste, c'est (selon Cru) une évocation vague, confuse,
qui se perd en théorisations et anecdotes vaines.
Au bout du compte, l'intérêt documentaire de ce
livre est assez mince. (Témoins ; p.269-270)
La Tour blanche, Etienne Burnet
Flammarion, 1921 Bien
que cet ouvrage soit résolument autobiographique,
l'auteur ne laisse rien deviner de lui-même,
et on en est réduit à des conjectures.
Il est médecin, semble d'âge mûr (une
cinquantaine d'années ?) et a participé
à la campagne de France en 1914-1915.
Son récit, sous-titré : Armée d'Orient
1916-1917 rassemble des nouvelles
et un fragment de journal (1er mai-20
juillet 1917) au ton résolument littéraire.
Si les affectations de l'auteur restent
vagues (Il est à l'Hôpital 75 de Salonique
en mai 1917), les lieux sont indiqués
assez précisément.
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Etienne Burnet a de hautes prétentions
littéraires, psychologiques et philosophiques.
Beaucoup moins qu'à la guerre elle-même,
il s'intéresse aux paysages, aux atmosphères,
aux situations. Apparemment spécialisé
dans les maladies contagieuses, il occupe
des postes peu exposés, loin du front.
Il a l'honnêteté de ne pas chercher
à parler de ce qu'il ne connaît pas
: "Je n'ai pas vu l'attaque. Je
n'en ferai pas le récit. [...] Il y
a un certain droit de parler et de juger
qu'on n'achète que de sa chair et de
son sang." Il se cantonne donc
à des descriptions et à des récits qui
touchent parfois à l'anecdotique. Si
ce livre nous apprend quelque chose,
ce n'est ni sur les évènements de la
guerre, ni sur la médecine aux armées,
mais sur l'ambiance à la fois grave
et futile qui pouvait régner dans les
unités préservées de l'immédiat arrière-front
du camp retranché de Salonique.
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Voluptés de guerre, Edmond Cazal
Edition française illustrée, 1918
Affecté comme médecin de bataillon
au 281e RI en août 1914, il participe à la campagne
en Alsace. Il semble qu'il ait été assez rapidement
affecté à un hôpital de l'arrière. Pour Cru, l'auteur
se borne à faire de la littérature et à parler -
mal - de ce qu'il n'a pas connu. De son expérience
de médecin, on ne trouve guère trace dans cet ouvrage
où il "accommode la guerre pour lui faire rendre
des effets littéraires." (Témoins ; p.581)
Derrière la bataille, Léopold Chauveau
Payot, 1917
Né en 1870, médecin, il est
affecté d'abord à un hôpital de l'arrière. A mesure
que la guerre avance, il se rapproche peu à peu
du front, pour finir dans un poste de secours en
première ligne. Son livre est un recueil d'histoires
et de portraits de blessés. Etrangement, il est
paru exactement au même moment que Vie des martyrs
de Georges Duhamel, auquel il ressemble étrangement,
tant par la méthode que par le style. Cru s'étonne
de cette similitude, même s'il préfère le ton de
Chauveau, plus incisif selon lui, et moins littéraire.
(Témoins ; p.584-585)
Ceux qui combattent et ceux
qui meurent, Maurice Dide
Payot, 1916
Médecin aliéniste d'un certain
renom, il est
d'abord affecté dans une unité territoriale. Ayant demandé à intégrer
une unité combattante, il est versé au 24e BCP en avril 1915.
Il semble qu'il n'y soit resté que quelques mois.
La lecture de ce livre, selon Cru, "laisse
une grosse déception. C'est un livre manqué, inutile ou
peu s'en faut." L'auteur se borne à faire un panégyrique sans
consistance des troupes combattantes. Dans un seul
chapitre - d'ailleurs remarquable - il fait allusion
à sa profession et à son expérience personnelle.
Ce qui est bien maigre. (Témoins, p.291-292)
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Vie des martyrs, Georges Duhamel
Mercure de France, 1917 (réédition
1960)
Civilisation Mercure de France, 1918 (réédition
1993)
Les sept dernières plaies Mercure de France, 1928 (réédition
1990)
La
pesée des âmes : 1914-1919 Mercure de France, 1960
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Vie des martyrs et Civilisation, complétés
par Lieu d'asile, ont fait l'objet d'une
réédition en 1949 au Mercure de France
sous le titre : Récits des temps de
guerre.
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Né le 30 juin 1884, médecin,
l'auteur est déjà un écrivain confirmé
lorsque la guerre éclate. Il y participe
du premier au dernier jour, dans les
hôpitaux du front et dans les "autochir".
Les ouvrages de Duhamel ne sont pas
des souvenirs, mais des récit et des
anecdotes tirés de son expérience personnelle,
très rarement datés et situés. Cru le
lui reproche, l'accusant d'user trop
facilement de la corde sentimentale
pour faire de la littérature à succès.
Si les arguments que ce dernier avance
sont parfois spécieux, sa critique n'est
pas sans fondement.
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La compassion que
Duhamel exprime à l'envie tout au long
de ses écrits - si elle est incontestablement
sincère - touche souvent au paternalisme,
voire à la condescendance. Et il est
vrai qu'une certaine affèterie littéraire
nuit à la force, et peut-être à la sincérité,
de son témoignage. Mais malgré ces défauts,
les ouvrages de Duhamel n'en restent
pas moins un témoignage de première
main sur la médecine aux armées pendant
la Grande Guerre. (Témoins ; p.593-597)
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La Sainte Face, Elie Faure
Crès, 1917 (réédition : Bartillat,
2005)
Agé d'une quarantaine d'années,
l'auteur est un historien de l'art réputé lorsque
la guerre éclate. Mais étant médecin de formation,
il est affecté comme aide-major dans une unité du
front. Evacué pour maladie en juillet 1915, il rejoint
en avril 1916 dans une unité d'artillerie. Son récit
s'interrompt fin 1916. "Discoureur infatigable",
Elie Faure parle de tout dans ce livre, excepté
de son expérience personnelle. C'est, selon un critique
de l'époque (qui n'est pas Cru), "un long essai
informe, où la pensée se délaie infiniment. Le pouvoir
de ratiociner l'emporte le plus souvent et la machine
tourne à vide..." (Témoins ; p.430-432)
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La Marsouille, Paul Fiolle
Payot, 1917
Lettres de guerre Société de la revue Le Feu, 1917 L'auteur
a rédigé ses souvenirs en reprenant son carnet de route
: ils vont du 20 août au 7 septembre 1914. A la mobilisation
il avait été affecté comme médecin au 4e RIC. Il fut tué
le 2 juillet 1916. Une partie de sa correspondance a également
été publiée. Son témoignage est un précieux document
sur les difficultés des services sanitaires pendant les
premières semaines de la guerre.
(Témoins, p.304-305)
La fatalité de la guerre, Emile Julia
Perrin, 1917
La mort du soldat Perrin, 1918
Affecté à la tête du service
de santé d'un régiment de la Division marocaine,
il semblerait qu'il y soit demeuré jusqu'à la fin
de la guerre. Les deux livres de Julia sont constitués
de récits et de réflexions sur la guerre. Les récits
sont, pour Cru, un tissu d'absurdités, l'auteur
ne parlant jamais de sa propre expérience de médecin,
mais de faits auxquels il n'a pas été mêlé. Ses
réflexions sont de bien meilleure tenue. "Il
y a quelques bons passages dans son premier livre,
et beaucoup d'excellents dans son second."
(Témoins, p.441-444)
La guerre vue d'une ambulance, Félix
Klein Armand Colin, 1915 L'abbé Félix Klein témoigne des premiers
mois passés à l'ambulance américaine de Neuilly.
C'est selon Cru un ouvrage "admirable"...
qu'il n'a pas retenu cependant dans sa bibliographie,
comprenne qui pourra ! Il en vante la sincérité
et la sobriété. "L'impression ressentie par
le lecteur est prodigieuse et pourtant l'auteur
ne vise jamais à l'effet, il laisse parler l'humble
vérité." (Cote Bnf : 8-LB57-14940)
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Les carnets de l'aspirant Laby
Bayard, 2001
Né le 1er juillet 1892, issu (semble-t-il) de la petite bourgeoisie
provinciale, Lucien Laby est en 1914
élève à l'Ecole du Service de santé
militaire de Lyon. Affecté au GBD 56
le 5 août, il est fait prisonnier le
28 à Buzy-Darmont alors qu'il ramasse
les blessés sur le champ de bataille.
Relâché après quelques jours en tant
que personnel soignant, il réintègre
le GBD le 4 mai 1915. Désireux de travailler
en première ligne, il est affecté comme
médecin du 6e bataillon du 294e RI le
26 juillet suivant, alors en Artois.
A la mi-septembre, il est en Champagne
(Suippes). Du 15 au 25 mai 1916, il
est à Verdun, puis dans le secteur de
Reims (fort de la Pompelle) du 24 juin
au 6 septembre. Le 28 septembre, il
gagne le front de la Somme.
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Evacué pour maladie le 2 novembre,
il rejoint son unité en janvier 1917
dans le secteur de Dormans. A la mi-mars,
il est dans l'Aisne (Chemin des Dames)
; début juillet, dans les Vosges. Le
5 novembre, il est muté à l'autochir
n°15, puis à l'hôpital de Belfort le
1er juillet 1918, qu'il quitte le 1er
novembre pour à nouveau l'autochir n°15.
Il regagne Lyon le 14 janvier 1919 pour
achever ses études de médecine. Les
carnets de Lucien Laby ont été rédigés
tout au long de la guerre et quasiment
en temps réel avec une spontanéité qui
les rend d'un grand intérêt. Ultrapatriote,
belliqueux, un rien tête brûlée (il
n'hésite pas à tomber le brassard à
l'occasion pour faire le coup de feu
contre les Allemands), d'un courage
à toute épreuve (il est cinq fois cité),
il note les évènements à la diable,
tels qu'ils se présentent et comme il
les éprouve. Son activité de médecin
le mobilise beaucoup moins (il en parle
très peu) que sa participation sur le
terrain aux combats, comme "brancardier
de première classe, métier qui consiste
à savoir ramper sous les balles et à
coller des pansements sales dans l'obscurité
avec des doigts pleins de boue" ainsi
qu'il le dit lui-même. A ce titre, son
témoignage sur les conditions d'exercice
des postes de secours en première ligne
a peu d'équivalent dans la littérature
combattante. Lucien Laby était en
outre un illustrateur de talent, dont
les dessins furent publiés semble-t-il
régulièrement dans la presse nationale
tout au long de la guerre.
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Un soldat de France, Jean de Langenhager
Plon & Berger-Levrault, 1919
Né le 21 décembre 1893, étudiant
en médecine, il demande à partir comme simple soldat
et fait la campagne d'août. Blessé à Courgivaux
le 6 septembre, il rejoint comme médecin-auxiliaire
dans une unité territoriale. Il est tué sur le front
le 16 avril 1917. Son témoignage, qui consiste en
un recueil de lettres, est d'une valeur documentaire
réduite. Sans en dire beaucoup de mal, Cru n'en
dit pas beaucoup de bien. C'est, selon lui, un ouvrage
"insuffisant". (Témoins ; p.526-528)
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Souvenirs d'un chirurgien de la Grande
Guerre, Albert Martin
Bertout, 1996
Agé de 48 ans à la déclaration de guerre, Albert Martin est une
personnalité du monde médical rouennais.
Il traite les blessés à l'Hôtel-Dieu
de Rouen, avant d'être envoyé, à sa
demande, dans une unité de première
ligne. Le 25 avril 1915, il est nommé
à la tête de l'Ambulance 9/3. Installée
au château de Sapicourt (Marne), elle
occupe ensuite l'Hôpital 13 dans
le secteur de Verdun (28 février-8 avril
1916), est à Fouilloy (Somme) de la
mi-août à la mi-octobre 1916, avant
de gagner Somme-Tourbe. Albert Martin
est rendu à la vie civile le 15
février 1917.
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Son témoignage comprend les
lettres qu'il adressa à sa femme,
complétées par les notes de son carnet
personnel. Chirurgien habile et expérimenté,
organisateur hors-pair, doté d'une forte
personnalité, Albert Martin est une
figure digne d'intérêt. Ses écrits révèlent
ce que pouvait être le fonctionnement
et la vie d'une unité sanitaire de première
ligne. L'éditeur a eu en outre l'heureuse
idée de joindre le texte d'une conférence
qui relate en détail le travail de l'ambulance
au plus fort de la bataille de Verdun.
Ce livre vaut enfin par le fait qu'Albert
Martin compta dans son équipe un certain
Georges Duhamel.
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Les coulisses de l'épopée, Emile
Poiteau
Editions de l'Epidaure, 1923
(réédition : Figuière, 1926)
Né le 31 mai 1882, mobilisé à la déclaration de guerre, l'auteur fut affecté
au 22e RAC Coloniale comme
médecin à la fin de 1915. Son livre est un recueil
de récits hétérogènes, "où l'on distingue
de la fiction fantaisiste, des faits réels en partie
dénaturés par l'addition d'un élément fictif, des
souvenirs personnels que l'on sent vrais et qui
constituent le témoignage de
l'auteur." (Témoins, p.638-640)
Un groupe de 75, Gaston Top
Plon, 1919
Né le 30 juillet 1883 à Fontaine-Notre-Dame, l'auteur est
affecté au début de la guerre comme médecin au 27e RAC, avec
lequel il
fait toute la campagne jusqu'en février 1916. Après un séjour
à l'arrière comme mécanothérapeute, il retourne
sur le front en février 1917 à l'Ambulance 4/15.
Son journal, très complet,
qui "respire l'honnêteté", va jusqu'au 13 mai
1915. Bien que fortement autocensuré, c'est l'un des plus intéressants qui nous aient été
laissés par un médecin.
(Témoins, p.248-250)
Dardanelles. Serbie. Salonique, Joseph Vassal
Plon, 1916
Né à Talence le 5 août 1867,
l'auteur, médecin militaire colonial, fit toute
la campagne dans le Corps expéditionnaire d'Orient. Versé
au 21e RIC puis au 6e RIC mixte, il participe avec cette
dernière unité
à la campagne des Dardanelles, du 4 mars au 1er octobre
1915. Nommé médecin divisionnaire à la 156e DI, il fait
la campagne de Serbie et la retraite sur Salonique.
Son récit s'arrête au 4 février 1916. Lettré,
artiste, savant, voyageur, esprit lucide et homme
de coeur, Vassal a laissé selon Cru "le meilleur journal de campagne
de service médical français, [mais] aussi le meilleur livre
de souvenirs sur la guerre en Orient." (Témoins, p.250-253)
En suivant nos soldats de
l'Ouest, Georges Veaux
Rennes : Imprimerie Oberthur,
1917
Né le 8 mars 1892 à Chalon-sur-Saône, l'auteur, bien que
diplômé en médecine, participe à la campagne de l'été
1914 dans le rang, en tant qu'infirmier, au 41e RI. Nommé médecin
auxiliaire le 1er octobre, il est évacué pour maladie
en août 1915. Après avoir servi dans les hôpitaux
de l'arrière, il retourne sur le front en octobre
1916 comma aide-major au 110e RAL, où il finit la
guerre. Le livre du docteur Veaux est une édition de son journal, qui va du 31 juillet
au 17 novembre 1914. Il foisonne de détails et est d'une
précision méticuleuse, tout en laissant une large
part - c'est du moins ce que lui reproche Cru - aux
racontars, faits rapportés et autres
"calembredaines", ce qui nuit à sa
véracité. (Témoins, p.253-257)
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| Le courage, Paul Voivenel
Alcan,
1917
La psychologie du soldat
La Renaissance du livre,
1918
Le cafard
Grasset,
1918
La guerre des gaz
La Renaissance du livre,
1919 (réédition : B. Giovanangeli, 2004)
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| Le docteur Voivenel, spécialiste des maladies mentales,
est mobilisé comme médecin au 211e RI en août 1914.
En avril 1916, il passe dans une autre unité de
la même division, la 67e. Il dirige ensuite l'Ambulance
15/6, avant d'être rattaché à une ambulance spécialisée
dans le traitement des gazés. Ses oeuvres, nourries
de son expérience personnelle, sont des ouvrages
avant tout médicaux, consacrés à l'étude psychologique
des combattants. Cru les juge dans l'ensemble de très
bonne qualité, même s'il reproche à l'auteur de
parfois mal choisir ses sources. C'est "une
contribution utile à la connaissance de la guerre."
Il loue particulièrement La psychologie du soldat,
et La guerre des gaz. (Témoins ; p.484-488)
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