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Le tank Mark IV (Deborah 51) de Flesquières Pour le 81e anniversaire de la bataille de Cambrai, Philippe Gorczynski, un adhérent de l’association 1914-1918, a entrepris des fouilles à Flesquières, l’un des hauts-lieux de la bataille. Avec Jean-Luc Gibot, il est l’auteur d’un excellent livre sur le sujet, " En suivant les tanks", qu’il a publié à compte d’auteur. Il connaît donc fort bien le champ de bataille, et avait déjà découvert de nombreux vestiges de chars ici et là. Par les témoignages des anciens, il savait qu’un char se trouvait en haut du village de Flesquières. Les fouilles commencent donc le 20 novembre 1998 et très vite, il apparaît qu’un char se trouve effectivement là. Les spécialistes britanniques sont appelés, dont David Fletcher, le directeur du Tank Museum de Bovington, ainsi que le commandant du Royal Tank Corps. A la découverte du char, un Mark IV femelle, une petite cérémonie a lieu, le 20 novembre au soir : dépose d’une couronne de coquelicots, sonnerie de cornemuse par des soldats écossais et tir d’un petit feu d’artifice de huit fusées, une pour chacune des sept divisions engagées dans la bataille de Cambrai et la huitième pour le Royal Tank Corps. Lorsque je me rends sur les lieux, le dimanche 22 novembre, par un très grand froid, le char se trouve dans un grand trou, parfaitement dégagé. Il ne s’est pas enfoncé là à cause d’un sol trop mou, mais parce qu’il a été poussé là (un fossé antichar ?) par les Allemands, qui vont s’en servir comme d’un abri souterrain. Il est ensuite recouvert de terre et accessible par une échelle. Les traces de cette occupation demeurent à l’intérieur du char, puisqu’on y retrouve des cendres et des morceaux de bois brûlé. Les photographies qui illustrent ce site permettent une petite visite guidée. La question de l’identification du char n’est pas aisée. Il ne reste pas de grands chiffres sur le côté de l’engin, mais seulement un 1 sur le réservoir. Il s’agit donc d’un char dont le chiffre se termine par 1. Il appartenait forcément au D Battalion, qui a attaqué à Flesquières. Une étude des chars de ce bataillon montre qu’il existait six chars dont le code se termine par 1. Identifié dans un premier temps comme le char D 41 "Devil II" char Mark IV femelle commandé par le Second Lieutenant R.A. Jones et détruit à Flesquières le 20 novembre 1917, de nouvelles recherches ont permis d'établir qu'il s'agissait en fait du char D51 "Deborah" également de type Mark IV femelle et détruit le même jour. Ce tank était commandé par de Second Lieutenant F.G. Heap qui perdit la vie ce jour, en même temps que quatre des membres de l'équipage. Sur le char découvert, le siège du tank commander a été pulvérisé par un coup au but, autre élément concordant. Le lundi 23 novembre 1998, le D51 a été sorti de son trou et transporté dans une cour de ferme à Flesquières, où il attend, bâché, d’être consolidé pour une future exposition. Il est important de noter que Philippe Gorczynski a agi sans aucun soutien financier d’aucune sorte et que tous les frais, qui sont très importants, ont été entièrement à sa charge. C’est un bel exemple de passion poursuivie jusqu’au bout. Il reste à espérer que les collectivités locales vont s’intéresser à ce char, afin de fournir les fonds nécessaires pour qu’il soit correctement exposé. C’est une partie importante de notre patrimoine historique européen qui a été découvert. |
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Reportage
photographique ( sauf indication contraire, toutes les photos sont la propriété d'Yves Buffetaut) |
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Le tank Mark IV vu de trois quarts avant. Il a reçu un obus qui a détruit toute la partie avant droite, mais le reste de l’engin est en bon état. On voit bien sur ce cliché la casemate emportant les deux mitrailleuses tribord. C’est donc un char femelle. |
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Vue frontale du char. Les chenilles ne sont plus sur le tank, mais elles ont été récupérées elles-aussi. On voit très bien les gorges sur lesquelles elles roulaient. Les deux casemates sont toujours en place, mais plus les mitrailleuses. |
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Le char est nettement moins endommagé du côté gauche. La tôle visible au-dessus de la casemate a été posée par les Allemands, lorsqu’ils se sont servis du tank comme abri enterré ; elle servait à empêcher la terre d’entrer à bord. |
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Vue de l’arrière du Mark IV de Flesquières. Une couronne de coquelicot a été posée par le général commandant aujourd’hui le Royal Tank Corps. Le tuyau d’échappement est encore en place. Les deux extrémités arrière du char sont tordues d’une façon inexplicable. |
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Sous cet angle, la torsion des extrémités est encore plus visible. A droite de la couronne, une porte est entr’ouverte. Deux galets sont encore en place. |
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Les chenilles du char avaient glissé le long de l’engin. Elles ont été récupérées, de même que le câble de dépannage, qui était fixé à l’arrière. On le voit ici à droite. |
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Gros-plan sur le
moteur Daimler, placé au centre du char. Il est
entier, à ceci près qu’il manque un ou deux
pistons. (Sur ce moteur, voir notre page consacrée au char de Montbrehain) |
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L’arrière du char est la partie la mieux conservée et il reste de la peinture blanche, bien visible ici, sur le plafond. On voit également le radiateur sur ce cliché. Le gros différentiel, situé à l’arrière du moteur, n’existe plus. |
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Cette vue n’est pas
très explicite, mais elle montre le poste de
pilotage. La trappe de vision se trouve à peu près
au centre et dessus, il reste un morceau important du
siège du "freineur". Le demi-cercle, rompu par
l’impact, permettait de mettre en œuvre une
mitrailleuse de .303. |
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A proximité de Bourlon, c’est-à-dire à environ trois kilomètres de Flesquières, les Allemands ont récupéré une quantité de chars endommagés ou détruits lors de leur contre-offensive. Le femelle que nous voyons à gauche appartient au bataillon F : c’est le F30 ou Flaming Fire II. Derrière le soldat allemand, on voit un char mâle. (© Bundesarchiv) |
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Le C14 que nous voyons ici est un char femelle (équipé de mitrailleuses, alors que les mâles étaient pourvus de canons), comme le char de Flesquières, qui est certainement le D41. Le C14 est le char Culloden, du 2/Lt A.H. Martin. Il a été récupéré intact par les Allemands, qui le recouvrent ici d’un filet de camouflage. (© Bundesarchiv) |
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Le levage du char |
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Un autre aperçu de l'opération. |
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mise à jour avril 2002 |