TEMOINS CIVILS
       
     
 

Témoignages personnels
ayant fait l'objet d'une publication imprimée ou numérique

 
 

Vous trouverez ci-après les témoignages de personnes impliquées dans la guerre, mais qui n'ont pas été mobilisées en raison de leur sexe, de leur âge ou de leur état de santé.
Il était difficile de se déterminer pour un mode de classement, fatalement imprécis et nécessairement arbitraire. Nous avons décidé d'opérer un classement selon l'état-civil des auteurs concernés : le sexe, l'âge, la situation militaire pour les hommes, la situation familiale, sont autant de facteurs qui déterminent la façon dont chacun des auteurs a vécu et ressenti les évènements de la guerre. Conscients du côté artificiel et quelque peu réducteur de cette présentation (qui ne prend pas en compte notamment des facteurs aussi importants que le milieu socio-culturel ou l'aire géographique), nous nous sommes cependant efforcés de rédiger une fiche d'identitié aussi précise que possible, afin que vous puissiez si besoin établir votre propre classement.

 
  France  
  Hommes n'ayant pas été mobilisés  

 

 

 

 

 

Ces choses-là ne s'oublient pas..., Gustave Beaufort
Corps 9 éditions, 1988

L'auteur a 66 ans à la déclaration de guerre. Ouvrier ayant le goût de l'action publique, il est conseiller municipal, et à ce titre fait office pendant toute la durée de la guerre de surveillant des travaux pour la ville de Senlis. Son journal couvre la période du 1er août 1914 au 4 mars 1919 sans aucune lacune. "J'ai noté tout ce que j'ai vu et tout ce que j'ai fait, écrit-il. Je ne prétends pas avoir tout vu, mais n'ayant pas quitté Senlis j'ai vu bien des choses." Ces choses, il les relate avec la sensibilité, la droiture et le courage qui étaient les traits dominants de son caractère.

 
 

Journal (extraits), David Hirsch
Journaux de combattants & civils du Nord... - PU du Septentrion, 1998

Commerçant à Roubaix, de confession juive, l'auteur est dit âgé par l'éditeur, sans qu'il nous précise son âge. Quotidiennement, du 1er août 1914 au 31 août 1918, date à laquelle il est évacué vers la France libre, il a noté sur son livre de comptes les évènements extérieurs. Concises au début, ses notes se font de plus en plus détaillées à mesure que ses activités commerciales périclitent. (p.223-301)

 

 

Edmond Tondelier, enseignant à Paris
Né le 7 octobre 1869 à Saint-Python (Nord), il était en 1914 professeur au Lycée de Lille, et père de trois enfants. Réquisitionné comme enseignant au Lycée Montaigne, à Paris, il a rédigé des carnets qui vont du 23 février 1915 au 29 octobre 1918. Il est décédé en 1944.


en ligne

 

  Femmes  
 

Tableau des évènements particuliers et journaliers,
Maria Degrutère

Journaux de combattants & civils du Nord... - PU du Septentrion, 1998

La rédactrice habitait La Madeleine, un faubourg de Lille. Elle était institutrice dans une école catholique. On ignore son âge, mais il semble qu'elle ne devait pas être très âgée, dans la mesure où elle évoque une visite de ses grands-parents. Son journal débute le 24 août 1914 et s'achève le 19 janvier 1918, au moment de son évacuation vers la France. C'est un document très précieux sur les conditions d'existence à Lille pendant l'occupation allemande. (p.161-219)

 

 

Ceux qui ne sont pas revenus..., journal anonyme
E.C.R. Musée Alice Taverne, 1993

Ce journal a été tenu par une femme d'une cinquantaine d'année (mariée en 1882) appartenant au milieu de la bourgeoisie roannaise. Il couvre toute la durée de la guerre, avec de longues périodes de silence : l'essentiel est daté de 1914-1915 et 1919. C'est un document bouleversant sur la douleur des familles, et la difficulté à affronter la mort et le deuil des êtres chers. L'auteur apprend en effet la mort de deux de ses enfants, et la grave blessure d'un troisième qui demeurera mutilé.

 

 

Enfants (nés après 1900)

 

 

 

Nous les gosses dans la guerre en Picardie, Paul Boujonnier
Editions JPB, 1989

Né dans la Somme en 1905 à Guerbigny, près de Montdidier, l'auteur assiste à l'arrivée des Allemands en 1914. Après la bataille de la Marne, la famille doit évacuer sur Esclainvillers, puis Bouillancourt. Elle y passe la plus grande partie de la guerre. En 1918, elle doit encore évacuer suite à l'offensive allemande. Le récit de Paul Boujonnier a la fraîcheur des récits d'enfance : il nous fait revivre les émois et les tribulations d'une famille de petits agriculteurs résidant à quelques kilomètres de la ligne de feu.

 

 

 

Le long chemin, Renée Kerdudou-Fouquier
Editions Vague Verte, 1994

L'auteur est née en 1905 à Saint-Quentin. Bien qu'elle ait adopté une forme romanesque, son récit est rigoureusement autobiographique : c'est un tableau vivant et plein d'intérêt d'une ville occupée par l'armée allemande, vu à travers les yeux d'une petite fille. Elle raconte par exemple comment son père, mobilisé, parvint à cacher sa présence à l'administration allemande jusqu'à l'évacuation de la famille, en 1917. Il est seulement dommage qu'elle ait adopté la forme du roman : sa narration, souvent gauche et affectée, y eut gagné en spontanéité.

 

 

 

    Le grand break, René Lucot
    Corps 9 éditions, 1985

    L'auteur est né en 1908 à Villers-Cotterêts, où son père est cocher au service d'une richissime famille d'industriels du chocolat, les Menier. C'est là qu'il découvre la guerre, sans d'ailleurs la comprendre, alors qu'il vit au milieu des soldats et des états-majors, installés dans la propriété. Ces souvenirs, d'une forme très maîtrisée, ont été rédigés sur le tard, à partir d'une première version écrite entre 1930 et 1932. "L'ensemble, quoique vrai, comportait peu de scènes véritables, et trop de généralités sans assises charnelles". René Lucot les a donc récrits, non par coquetterie littéraire, mais au contraire pour renforcer la véracité et la spontanéité de son témoignage.

 

 


Des remarques ? Des suggestions ? Contactez-nous ! Mise à jour : mars 2003