La compagnie était la véritable
unité fonctionnelle des unités
du Génie. C'est si vrai que
certaines compagnies ont pu
être affectées à des théâtres
d'opérations extérieures, alors
que leur régiment demeurait
en métropole. Peu développés
au début de la guerre, les régiments
atteignirent progressivement
- en raison des énormes besoins
logistiques - des tailles considérables,
surtout si l'on y ajoute les
unités auxiliaires qui y étaient
rattachées.
L'exemple du 5e régiment
du Génie (sapeurs de chemins
de fer)
A la mobilisation, le 5e
Génie était composé de 32 compagnies
: 16 d'active (numérotées de
1 à 16), 16 de réserve (17 à
32) et 4 territoriales (1T à
4T). Mais tout au long de la
guerre, de nouvelles formations
ne vont cesser de lui être ajoutées.
En voici un aperçu : 4 nouvelles
compagnies territoriales ; 28
compagnies dites "B"
formées de territoriaux et destinées
à épauler les compagnies lors
de grands travaux, et dont 4
dites "d'exploitation"
étaient chargées de la maintenance
de lignes ferroviaires spécifiques ;
3 compagnies d'Afrique du Nord
; 9 sections d'ouvriers spécialisés
; 8 équipes de levers ; 2 trains
ateliers ; 4 détachements chargés
de l'approvisionnement en matériaux...
Certes, toutes ces unités n'ont
pas existé en même temps. Il
n'en demeure pas moins qu'en
1918, le commandant du 5e Génie
avait sous ses ordres 85 unités
comptant 450 officiers et près
de 22.000 hommes. Quant à l'effectif
des travailleurs auxiliaires
mis à sa disposition, il avoisinait
alors les 100.000 !
Numérotation : un véritable
casse-tête
A quelle logique obéissait
la numérotation des compagnies
? Il est bien difficile de le
deviner. Seul l'examen d'exemples
concrets permet de se faire
une (vague) idée sur la question.
Comme dans l'infanterie,
les régiments du Génie comportent
des : Unités actives Chaque
régiment est subdivisé en bataillons
(généralement 3 ou 4) eux-mêmes
subdivisés en trois
compagnies. Mais le nombre total
de celles-ci varie
selon les régiments (10
au 3e RG, 12 au 6e, 16 au 5e).
Leur numérotation est du type
: N/1, N/2, N/3 ; N+1/1, N+1/2,
N+1/3, etc. N étant le numéro
du 1er bataillon. Celui-ci n'est
pas
forcément égal à 1 : au 6e RG, les
quatre bataillons portent des
numéros de 9 à 12. La
première compagnie est ainsi
numérotée
9/1. En principe, les compagnies
1 et 2 de chaque bataillon sont affectées
à une division d'infanterie,
la troisième à un corps d'armée. Unités de réserve Il
semblerait qu'en régle générale
(?!), les compagnies de réserve
sont du même nombre que l'active,
et suivent la numérotation :
N/4, N/5, N/6 ; N+1/4, N+1/5,
N+1/6, etc. Mais il existe de
nombreuses exceptions. Ces unités
ayant connu une extraordinaire
inflation (on passe d'une à
trois compagnies du génie par
division d'infanterie, d'où
49 compagnies, 1
détachement et 22 sections spéciales
pour le 3e RG par exemple),
la cohérence de la numérotation
est d'autant plus difficile
à saisir. Une constante cependant
: elle ne comporte jamais d'ajout
de lettres alphabétiques. Unités
territoriales Les compagnies
territoriales sont numérotées
de la même façon que l'active,
avec l'adjonction d'un T
: N/1T, N/2T, N3T ; N+1/T, etc.
Mais nombre d'entre elles obéissent
à un autre type de numérotation,
qui comporte généralement une
ou deux lettres précisant leur
spécialité, suivie(s) d'un numéro
d'ordre. On trouve ainsi (liste
non
exhaustive) : -
BA/n : compagnie de montage
de baraques - SE/n :
compagnie du service des eaux -
GM/n : compagnie du génie
maritime (ponts) - M/nT: compagnie de mineurs -
C/n : compagnie de cantonniers -
Ci/n : compagnie de cimentiers -
X/n ou D/n : compagnie
d'étapes - R/n : compagnie
routière - MD/n :
compagnie dite Mascart-Dessoliers
Dans ce type de numérotation,
la notion de bataillon a complètement
disparu.
Services sanitaires
Organisation
des services de santé
Au début de la guerre, chaque
corps d’armée comportait un
médecin principal, directeur
du Service de Santé, avec un
médecin-adjoint et un officier
d’administration qui commandait
seize ambulances, dont huit
étaient en réserve, quatre au
corps d’armée et quatre endivisionnées
à raison de deux par division. L’ambulance
formait le véritable noyau de
toute l’organisation sanitaire
du corps d’armée. Elle comprenait
un médecin-chef, généralement
médecin-major de 2e classe,
assisté d’un aide-major de 1ère
classe, médecin-adjoint, de
quatre aides-majors de 2ème
classe, d’un officier d’administration
gestionnaire, d’un pharmacien.
Avec eux on comptait quarante
hommes chargés du service, dont
quelques infirmiers professionnels.
Les blessés étaient recueillis
sur le champ de bataille par
les musiciens régimentaires
ou les brancardiers divisionnaires
et transportés jusqu’au poste
de secours régimentaire, tenu
par un médecin de compagnie
(de bataillon au début de la
guerre). De là, ils étaient
véhiculés jusqu’à une ambulance
divisionnaire, un hôpital de
campagne ou une "autochir"
(formation chirurgicale automobile).
Selon la gravité de leur
état, ils étaient soit traités
sur place, soit évacués sur
une unité médicale de l'arrière.
Des hôpitaux d'évacuation avaient
été installés en conséquence.
Plusieurs régulatrices sanitaires
étaient chargées de compléter
le triage des hôpitaux d'évacuation
et de répartir les blessés entre
les centres d'hospitalisation
de l'intérieur.
Un
des neuf véhicules composant
une auto-chir
(ici
un châssis Berliet)
(à
gauche) Les étapes de l'évacuation des blessés dessin paru dans le magazine Pays
de France du 29 avril 1915 Cliquer
sur l'image pour
l'agrandir
(Ci-dessus)
Convoi de blessés
en gare de Pau Photographie
publiée par L'Excelsior,
no 1386 1er septembre
1914
Les
hôpitaux
Les blessés recevaient les
soins définitifs dans les hôpitaux
de l'intérieur, formations sanitaires
permanentes, parfois spécialisées.
Ces équipements étaient de plusieurs
types : 1) Hôpitaux permanents a)
Les hôpitaux militaires, dont
tout le personnel était militaire.
A leur tête, un médecin-chef,
généralement colonel, qui avait
sous ses ordres médecins et
chirurgiens traitants, ainsi
que le personnel administratif
et subalterne. Ils n'existaient
que dans les villes d'une certaine
importance. b) Les hôpitaux
mixtes : dans ces formations
étaient soignés, mais dans des
salles différentes et réservées
pour chacun, les militaires
et les civils de la ville. 2)
Hôpitaux temporaires créés au
début ou au cours des hostilités
a) Les hôpitaux militaires
nouvellement créés, qui furent
dénommés hôpitaux temporaires
complémentaires. b) Les hôpitaux
de la Croix-Rouge. c) Les
hôpitaux bénévoles, issus d'initiatives
publiques non gouvernementales,
associatives ou privées. Afin
de désengorger les hôpitaux,
il fut également créé des dépôts
de blessés, ou hôpitaux-dépôts
de convalescents. Dans le même
but furent créées, par l'œuvre
d'assistance aux blessés militaires,
des maisons de convalescence. (D’après
: Les hôpitaux savoyards dans
la Grande Guerre, CDIHP de la
Savoie)
Salle
de soins de l'hôpital auxiliaire
n°113 (Chambéry)
Les
médecins
Hiérarchie du personnel soignant
et équivalences de grade : -
Médecin inspecteur = général
de brigade - Médecin principal
de 1ère classe = colonel -
Médecin principal de 2ème classe
= lieutenant-colonel - Médecin-major
de 1ère classe = commandant -
Médecin-major de 2ème classe
= capitaine - Médecin-aide-major
de 1ère classe = lieutenant -
Médecin-aide-major de 2ème classe
= sous-lieutenant
Il est
rare que les médecins mobilisés aient conservé la même
affectation tout au long de la guerre. Leurs oeuvres
demeurent par ailleurs généralement très discrètes à
ce sujet. C'est pourquoi nous nous sommes contentés
de classer leurs témoignages par ordre alphabétique,
sans tenir compte des établissements ou des unités dans
lesquels ils officiaient. Lorsque ceux-ci sont clairement
mentionnés, une notice a été ajoutée dans le répertoire
des sources régimentaires. C'est ainsi que l'ouvrage
de Maurice Dide est répertorié aussi bien dans cette
partie que dans celle consacrée au 24e BCA, où il fut
affecté pendant quelques mois.
Infirmiers Militaires
Brancardiers
Transports
sanitaires
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