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HISTORIQUE DU 33ème REGIMENT D’INFANTERIE (extraits) *** 1914 – 1918
Note du transcripteur : cette retranscription de l’Historique du 33ème Régiment d’Infanterie est, pour des raisons matérielles, amputée de plusieurs chapitres (bataille des frontières, combats d’Artois, de Verdun, de la Somme, etc… ). Il est cependant mis en ligne tel quel, en espérant que se manifesteront ceux qui pourraient éventuellement combler les lacunes.
BATAILLE DE LA MARNE. REIMS – BETHENY Septembre 1914 Le 6 septembre, la proclamation du général JOFFRE fut lue aux troupes. L'heure solennelle avait sonné et l'honneur militaire commandait de se faire tuer sur place plutôt que de reculer. Le régiment ne prit pas une part très active aux premiers combats : il était réserve du corps d'armée. Dans la matinée du 7, vers dix heures, l'artillerie ennemie se tut ; aussitôt commença la grande marche en avant. Le régiment traverse ESTERNAY au milieu de prisonniers, de blessés allemands et dans le désordre que laisse derrière elle une armée en déroute. Après ESTERNAY ce fut le village de CHAMPGUYON, abandonné depuis peu par les Allemands et dont les habitations, incendiées, achevaient de se consumer. L'ennemi avait accumulé les ruines sur notre passage, dressé des obstacles de toutes sortes, souillé les points d'eau en y jetant des cadavres ou des entrailles d'animaux. Malgré toutes ces embûches, ce fut, pendant la période du 7 au 12, l'implacable poursuite, sans trêve, sans repos. Le 12 septembre, après cinq journées de marches victorieuses, le 33ème était sur la « MONTAGNE DE REIMS ». Le général FRANCHET D'ESPEREY, dans une vibrante proclamation, confia à la 3ème brigade l'honneur de reprendre la ville de REIMS. Ses préparatifs terminés, le 33ème partit en petites colonnes. Point de direction : « les tours de la Cathédrale ». La progression se fit sans aucune réaction de la part de l'ennemi. A la tombée de la nuit, nous nous trouvions aux portes de REIMS. De crainte de tomber dans un guet-apens, les unités de tête firent reconnaître les abords immédiats de la ville par quelques éclaireurs. Les arrière-gardes allemandes étaient à peine à la sortie Est de la ville, quand les premiers éléments du 33ème atteignaient la porte de Paris. La nuit du 12 au 13 et la matinée du 13 furent employées à nettoyer la ville de tous les Boches, qui, pris de boisson, n'avaient pu rejoindre leurs unités, ou s'étaient laissés surprendre par l'avance rapide de nos troupes. Les Allemands avaient quitté REIMS pour occuper la ligne des forts à l'ouest et au nord-est. Dès la soirée du 13, ils manifestaient, par la violence et l'intensité de leurs tirs d'artillerie, la ferme intention de se maintenir coûte que coûte sur ces positions. Il fallait agir rapidement. Le 14 au matin, le régiment reçut l'ordre d'attaquer le fort de BRIMONT. Le 2ème bataillon réussit à progresser jusqu'à la ferme MODELIN, son premier objectif, où il devait s'organiser en attendant l'arrivée des deux autres bataillons. Ceux-ci, soumis pendant leur progression à un feu violent d'artillerie venant des forts de FRESNE et de VITRY, ne purent parvenir à hauteur du 2ème, dont le chef (commandant VAUTRAIN) venait d'être tué. Tous les éléments du régiment durent refluer jusqu'à BETHENY. Dans ce village, le régiment fut soumis pendant cinq jours à un bombardement intense et ininterrompu, au cours duquel des sections entières furent ensevelies sous des pans de mur. Cependant, les unités, avec des moyens de fortune, avaient organisé la défense de BÉTHENY, pratiqué des créneaux, construit des barricades et creusé des ébauches de tranchées. Le Boche n'était pas loin, et, à la tombée de la nuit, il esquissait des attaques à la baïonnette sur la lisière nord et nord-est du village. Le 33ème résista victorieusement à toutes ces attaques. Il fut relevé, dans la nuit du 18 au 19, par le 59ème bataillon de chasseurs.
PONTAVERT – LA VILLE-AU-BOIS Septembre-Décembre 1914 Le 19 septembre, à trois heures, le régiment arrive dans le village de THILLOIS pour y cantonner : les lisières nord (3ème bataillon), nord-est (2ème bataillon) sont mises en état de défense; des reconnaissances sont poussées sur SAINT-BRICE et TINQUEUX, où le régiment doit relever des éléments de la 52ème D.I. Le 20 septembre, le régiment occupe le secteur entre CHAMPIGNY et TINQUETTE. Dans la nuit du 20 au 21, le régiment quitte le secteur pour cantonner à VENTELAY (la 3ème brigade devenant réserve d'armée) où il arrive à vingt-trois heures trente. A son passage à THILLOIS il avait reçu un renfort important. La journée du 21 se passe à la réorganisation des unités, le 33ème devant se tenir prêt à toute éventualité. En effet, le 22 Septembre, le régiment reçoit la mission de se porter dans la région de PONTAVERT-CHAUDARDES pour y relever les éléments du 18ème C. A. Les 2ème et 3ème bataillons sont en réserve de secteur ; le 1er bataillon s'installe à proximité d'un pont de bateaux établi près de CHAUDARDES. Le 23 septembre, le 2ème bataillon est mis à la disposition du 73ème R.I. Dans la matinée, il est rassemblé dans un boqueteau dit « Bois CARRE » à la lisière sud-ouest du Bois des BUTTES. Des reconnaissances sont poussées vers la clairière et le Lavoir au sud-ouest de la VILLE-AU-BOIS. Le 1er bataillon (VERWAEDE) vient ensuite prendre sa place au Bois CARRE pendant que le 2ème bataillon reçoit la mission de garder la portion du bois à l'ouest de la route de PONTAVERT – VILLE-AU-BOIS. Dans ces quelques jours, nous avons eu à déplorer 8 tués, dont le commandant VERWAEDE, le lieutenant BEAUCOURT et 50 blessés. Du 1er au 10 octobre, continuation de l'organisation du secteur. Des reconnaissances sont poussées vers le village de la VILLE-AU-BOIS ; les travaux, menés avec célérité, nous permettent de compter sur une ligne de défense déjà sérieuse. Le 12 octobre, la progression reprend dans le secteur de la 2ème D.I., de CRAONNE à la ferme le CHOLERA (près de BERRY-AU-BAC). Objectif du 33ème R.I. : la VILLE-AU-BOIS, partie de la lisière entre les routes de VILLE-AU-BOIS, CHEVREUX et PONTAVERT ; en première ligne, quatre compagnies et deux sections de mitrailleuses (10ème et 11ème) , objectif ouest du village, 5ème et 6ème, sortie sud de la VILLE-AU-BOIS. Soutiens d'attaque : 9ème et 12ème compagnies à gauche, 7ème et 8ème compagnies à droite avec mission de progresser entre la route et la clairière du « Lavoir » (cette clairière séparant le 8ème du 33ème). L'attaque est appuyée par l'artillerie lourde de JUVINCOURT et une pièce de 75. Avec une belle audace, les servants du 75 amènent à bras leur canon près du « Lavoir » et ouvrent le feu à moins de 400 mètres de l'ennemi, lui faisant éprouver des pertes sévères. Les 13, 14 et 15 octobre, l'attaque se poursuit, notre ligne atteint l'angle des routes, à 100 mètres environ des premières maisons de la VILLE-AU-BOIS. Les fractions de droite, moins heureuses, sont prises d'enfilade et doivent faire face à l'Est . Le 8ème R.I., pour la même raison, a vu son attaque enrayée. Le terrain conquis est aussitôt organisé. Le 16 octobre, le général commandant la 2ème D.I. prescrit l'établissement d'un réseau d'A.P. Le secteur attribué au 33ème comprend le terrain situé entre la clairière (à l’ouest du bois Franco-Boche) et le bois de Beau-Marais. 17 octobre au 5 novembre. – Situation sans changement, activité des patrouilles et des reconnaissances sur tout le front. A signaler un trait d'audace du soldat HARDOUIN, cycliste du colonel : le commandement voulant des prisonniers, HARDOUIN part seul la nuit, dresse une embuscade et, quelques heures après, revient avec un Boche. 6 novembre. – Les éléments de première ligne du régiment sont relevés par le 6ème bataillon du 284ème (VAYNANT). Du 6 novembre au 10 décembre, situation sans changement, l'ennemi ne manifeste son activité que par des tirs d'artillerie et particulièrement d'artillerie lourde. Le 10 décembre, le régiment est relevé par le 129ème R.I. (3ème corps), il se rassemble à VENTELAY à huit heures et cantonne, du 10 au 15 décembre, à HOURGES, CRUGNY et VENDEUIL. Le 16 décembre, il reçoit l'ordre de se porter dans la zone de SAPONAY.
LA VILLE-AU-BOIS Mai-Août 1915 Dans la nuit du 18 au 19 mai, le régiment relève les fractions du 127ème R.I. dans le secteur de la VILLE-au-BOIS, Bois des BUTTES, Bois FRANCO-ALLEMAND, cote 87 devant PONTAVERT. A 100 mètres à peine des tranchées allemandes, soumis journellement à un bombardement par minenwerfer, le 33ème s'organise, creusant des tranchées, bâtissant des abris, installant créneaux et postes d'écoute, créant des défenses accessoires et patrouillant sans cesse dans le « No man's land ». Le 2 juillet, il appuie vers l'ouest dans le bois de situé devant CRAONNE, au pied du CHEMIN des DAMES. Dans l'eau jusqu'aux genoux, ne pouvant creuser de boyaux, il construit des gabionnades. De nombreuses reconnaissances de nuit sont exécutées, au cours desquelles se distinguent tout particulièrement le sergent CARDON et le caporal MAGNIEZ, de la 7ème compagnie. Le 14 juillet, le général BRULARD, commandant la 2ème D.I., vient remettre la croix de guerre, nouvellement instituée, à quelques braves du régiment : capitaine CHARUE, capitaine CORBEIL, lieutenant BAGGIO et 8 hommes. Le 6, nouvelle remise de décorations par le général DUPLESSIS au lieutenant-colonel BOUDHORS, commandant de BRUIGNAC, lieutenants MAYOT, DUSSART et 16 hommes. Le 17, le régiment va cantonner à PROUILLY et PÉVY, dans la Marne, où le général FRANCHET D'ESPEREY remet, à son tour, quelques récompenses. Le 33ème est laissé à l'instruction jusqu’au 2 août. Le voici de nouveau en secteur au Bois FRANCO-ALLEMAND, au MONT DOYEN, à la CARRIERE et au BOIS DE LA MINE. Les tranchées françaises et allemandes sont très près les unes des autres ; à certains endroits, elles ne sont séparées que par une épaisseur de parapet ; aussi les guetteurs aux créneaux doivent-ils monter la garde revolver au poing. La fusillade est incessante de part et d'autre, nous échangeons des projectiles nuit et jour, de grosses torpilles défoncent à tout instant nos abris, mais le 33ème, tenace et agressif, conserve une supériorité marquée sur son adversaire. Les pertes, au cours de cette période, s'élèvent à 5 officiers et 214 hommes de troupe.
BERRY-AU-BAC – LA MIETTE 2 Septembre 1915 – 10 Février 1916 Relevé par le 401ème R.I., le 2 septembre, le régiment va bivouaquer dans le bois d'HERMONVILLE et la ferme LUTHERNAY. Le 2 octobre, il remplace la 243ème brigade en secteur à BERRY-AU-BAC, MOSCOU et cote 108. Le 6, explosion d'un fourneau de mine allemand ; nous en occupons l'entonnoir. Le 15, dans la nuit, nouvelle et formidable explosion. La 11ème compagnie est coupée du reste du bataillon, sa situation devient critique ainsi que celle de la fraction de la Cimenterie (sous-lieutenant DERVILLE) et de la 6ème compagnie (à droite) . Le lieutenant LABROUSSE fait immédiatement occuper l'entonnoir de plus de 100 mètres de diamètre et dans lequel a disparu une section tout entière. Notre organisation est complètement bouleversée, mais l'attitude de tous n'enreste pas moins splendide. Jusqu'au 11 novembre, le 33ème va lutter nuit et jour pour défendre le terrain dont il a la garde, se fortifiant sans relâche, faisant des prisonniers et recueillant d'importants renseignements. Ses pertes sont de 2 officiers et 145 hommes. Le 11 novembre, il se rend à PEVY et ROUCY, chargé de l’organisation de la deuxième ligne du secteur. Le 4 décembre, il vient relever le 73ème R.I. dans le secteur de la MIETTE, ferme du CHOLERA (entre BERRY-AU-BAC et JUVINCOURT). Notre réseau de tranchées s'étend de la MIETTE à l’AISNE, grossie par les dernières pluies torrentielles. Les abris et les boyaux sont pleins d'eau. Privés de tout repos, souffrant terriblement du froid, les vêtements constamment mouillés, les pieds en sang, les poilus du 33ème restent cependant vigilants et actifs et font de nombreuses reconnaissances. L'une d'elles permet à la 2ème compagnie de ramener des prisonniers appartenant au 20ème hussards saxons. Le régiment reste dans le secteur de la MIETTE jusqu'au 10 février. Il reste en cantonnement de repos à CHALONS-LE-VERGEUR jusqu'au 23 février.
VENDRESSE Avril-Août 1916 Très éprouvé par les combats de DOUAUMONT, le régiment vient se reformer aux environs de BAR-LE-DUC et d'ÉRIZE-SAINT-DIZIER , où il est passé en revue par le général JOFFRE. Le 1er avril, le 33ème est embarqué pour ÉPERNAY, d'où, par étapes, il gagne BOURG et VENDRESSSE (Aisne) pour relever le 144ème, dans le secteur de BEAULNE, TORDOIR, CHIVY et SOUPIR (entre SOISSONS et le CHEMIN des DAMES) le 17 avril. Le 19, vers treize heures, l'ennemi déclenche, sur tout le front du secteur, un bombardement des plus violents. A seize heures, une accalmie, se produit; mais, à dix huit heures quarante-cinq, nouveau bombardement suivi d'une attaque menée par un bataillon environ sur le front de la 5ème compagnie. L’ennemi ne peut prendre pied dans nos tranchées, il est arrêté net par notre barrage d'artillerie, nos tirs de mitrailleuses et de mousqueterie. A deux heures, une nouvelle attaque vient se briser sur nos défenses accessoires. Nos tranchées sont bouleversées, nos abris effondrés ; une section entière est ensevelie ; mais les nombreux cadavres allemands qui jonchent la plaine témoignent de l'âpreté de la lutte, de la ténacité des défenseurs. Pendant tout le mois de mai, l'ennemi se montra très actif, démolissant journellement nos positions, tentant plusieurs fois, de jour et de nuit, d'atteindre nos lignes. Ce fut pour lui un échec complet. Le 16 juin, afin d'identifier une nouvelle division allemande, une importante reconnaissance est envoyée sur CHIVY. Elle est menée par les sous-lieutenants LALLART, DEVIENNE et NOEL, qui, protégés par un tir d'encagement, pénètrent dans les ouvrages ennemis, et, une heure durant, explorent et incendient les abris souterrains, détruisent le matériel et les approvisionnements. Les Allemands avaient évacué leur première ligne, mais papiers et pattes d'épaules permirent de recueillir les renseignements escomptés. Au cours de la contre-préparation, le 33ème eut son chef de corps, le lieutenant-colonel BOUDHORS, blessé par un éclat d'obus. Le 11 juillet, à deux heures cinquante, l'ennemi fait exploser plusieurs fourneaux de mine, créant des entonnoirs à très faible distance de nos parapets, pour la possession desquels s'engage aussitôt une lutte sans merci, à la grenade et à la baïonnette. Grâce aux 1ère et 2ème compagnies, cette lutte tourne encore à notre avantage et, une fois de plus, le Boche n'a pu exploiter son succès. Du 12 au 22, ce ne sont que duels de torpilles, échanges de coups de main, tirs de harcèlement. Le 33ème, pendant cette période, a fait preuve de ses qualités habituelles de bravoure et d'endurance, inquiétant l'ennemi continuellement, l'obligeant à renforcer sa garnison, l’empêchant de pénétrer dans nos lignes. Il est relevé par le 107ème R.I. et embarque pour la SOMME. Ses pertes au cours de cette dernière période ont été de 15 officiers et 218 hommes.
CHEMIN DES DAMES – CRAONNE Février – Avril 1917 Entré le 5 février 1917 dans le secteur de l'AISNE, le 33ème, dans la nuit du 8 au 9 avril, est relevé par la 2ème D.I. et va cantonner aux carrières de ROMAIN. Le 15 avril, à la tombée de la nuit, le régiment, alors au bivouac aux environs de MEURIVAL, se porte à son emplacement de combat, à 400 mètres au sud-ouest du château de BLANC-SABLONS. Le 16, à six heures, il gagne le second emplacement prévu, au nord de CRAONNELLE. Dans la matinée du I7, le bataillon CORBEIL est mis à la disposition du colonel MOUGIN, du 201ème R.I. qui lui prescrit de se porter à la tranchée du Balcon. Le sous-lieutenant MONTAUFIER gagne avec sa section l'entrée du boyau STAUFFEN et aussitôt attaque à la grenade la tranchée du Balcon. Son action très énergiquement menée fait reculer les Allemands et facilite la marche du bataillon. Ce même officier « nettoie » la tranchée du BALCON jusqu'à proximité du saillant du JUTLAND, tue un grand nombre d'Allemands et fait 80 prisonniers ; mais, contre-attaqué violemment de trois côtés (notamment par des Allemands débouchant d'un tunnel faisant communiquer la tranchée du BALCON avec la tranchée des SAPINIERES ), son approvisionnement de grenades épuisé, il est obligé de se replier, mais ne cède le terrain que pied à pied. Renforcé par des sections de son bataillon, le sous-lieutenant MONTAUFIER reprend aussitôt l'offensive et se rend maître de toute la tranchée du BALCON à l’exception du fortin 3415. Le régiment relève, dans la nuit du 17 au 18, le 201ème R.I. entre le boyau STAUFFEN et le point 3415. Le bataillon CORBEIL reste en place. Le bataillon CHARRIERE a relevé la droite du 201ème R.I. à l'exception de la compagnie FOURNIER (11ème ) qui vient relever des éléments du 201ème R.I., à l’ouest du boyau STAUFFEN. A six heures, à la suite d'un violent combat à la grenade, le fortin 3415 est enlevé par la section du sous-lieutenant DEBAUDRINGHIEN appuyée par la 5ème compagnie ; la liaison est obtenue dans la tranchée du BALCON avec le 1er régiment. L’attaque projetée pour le 18 est reportée au 19, à seize heures. Le régiment a pour objectif les tranchées des SAPINIERES et de la PLAINE ; le bataillon CHARRIERE doit constituer la première vague. La 11ème compagnie, accueillie à la crête par un très violent feu de mitrailleuses, s'est arrêtée au pied des réseaux non détruits. La 9ème compagnie atteint la tranchée des SAPINIERES et la tranchée de la PLAINE. La garnison de ces ouvrages n'a pas eu le temps de sortir de ses abris. Quelques Allemands sont fait prisonniers, tous les autres sont tués ou blessés dans leurs trous. Le sous-lieutenant DEBAUDRINGHIEN, à la tête de sa section, attaque le fortin 3417 ; blessé, il continue néanmoins à diriger le combat. Les mitrailleurs allemands se défendent avec acharnement, ils sont tués sur place et leurs mitrailleuses détruites. Les Allemands exécutent aussitôt un violent tir d'obus asphyxiants pour retarder notre progression. Puis, pendant que nos nettoyeurs de tranchée sont aux prises avec l'ennemi sortant du tunnel déjà mentionné, une contre-attaque allemande, forte d'au moins un bataillon, précédée de grenadiers et de fusiliers très légèrement équipés, débouche brusquement des pentes nord du plateau. Une lutte corps à corps s'engage : la 9ème compagnie se défend avec acharnement, mais, à sa droite, le 1er R.I. ayant cédé le terrain, elle se voit menacée d'encerclement. Il faut se replier pied à pied. Le capitaine CHARRIERE est frappé à bout portant, en encourageant ses hommes à la résistance. La tranchée du BALCON est menacée à son tour ; aussitôt le lieutenant SANTORY s'élance à la tête des hommes qui l'entourent. Il abat à coups de revolver plusieurs Allemands et tombe à son tour mortellement atteint. Nos renforts, heureusement, ont eu le temps d'arriver, l'ennemi ne peut plus progresser et notre ligne est rétablie à 50 mètres au nord de la tranchée du BALCON. Le 3ème bataillon a été si éprouvé qu'il ne lui reste même plus un officier pour chacune des compagnies ! La 9ème compagnie, très réduite, privée de la plus grande partie de ses cadres est jugée trop en pointe ; elle reçoit l’ordre de se retirer sur son ancienne position. Le 19, vers vingt heures quinze, les Allemands tentent une nouvelle contre-attaque, mais arrêtée par notre tir de barrage et par nos mitrailleuses, ils ne peuvent aborder notre ligne. Les journées des 20, 21 et 22 sont employées à l'organisation des positions nouvelles. Relevé dans la nuit du 22 au 23, par les 43ème et 47ème R.I. , le 33ème est dirigé sur le camp de MAILLY pour y être reformé et remis à l'instruction.
JUVINCOURT Janvier – Mai 1918 La nouvelle année, celle qui devait nous donner la victoire trouva donc le 33ème dans ses cantonnements de repos. Le 27 janvier, il fit mouvement pour débarquer à FERE-EN-TARDENOIS. Jusqu’au 10 février, les compagnies furent employées aux travaux d'organisation de la Position intermédiaire de la position. Le 7 mars, les 1er et 2ème bataillons relèvent deux bataillons du 233ème R.I. dans le sous-secteur du Bois de BEAUMARAIS. Le 3ème bataillon prend la place en première ligne d'un bataillon du même régiment. On reste ainsi dans cette situation jusqu'au 19 mars, jour où le 1er bataillon monte en première ligne, le 2ème en soutien. Le 3ème bataillon, désigné comme bataillon de réserve, s'installe à CUIRY-LES-CHAUDARDES et au camp de BROUSSILOF. Le régiment subit de grosses pertes au cours des 19 et 20 mars (mines, coups de main, bombardements, gaz). Le 30 mars, le 33ème R.I. relève une partie des éléments du 110ème dans le sous-secteur de la VILLE-AU-BOIS. Le 3 mai, le 33ème est relevé par le 217ème R.I. pour aller plus à l'ouest remplacer le 73ème, dans le sous-secteur voisin. Le 6 mai, au soir, le régiment est remplacé par le NORTHUMBERLAND FUSILIERS et va au repos à COURCELLES et CONCEVREUX. Embarqué le 14 mai à la gare de BRAINE, le régiment, se rend dans la région de Beauvais. |