Régiments d'infanterie nos 91 à 105

 

Clermont-Ferrand (26e DI, 13e CA)

Ceux qui ne sont pas revenus... [Correspondance], Claude Grillard
C.R.E. Musée Alice Taverne, 1993
Né le 20 septembre 1889 à Saint-André d'Apchon, l'auteur est mobilisé vraisemblablement dès août, affecté à la 6e compagnie, et gagne le front au plus tard en octobre 1914. Il décède le 9 octobre 1915 à l'Hôpital des Ecoles de Montdidier. Ce fascicule regroupe les cartes, souvent brèves et laconiques, qu'il a adressées à sa mère pendant ces mois de guerre.

 

Sous la terre de France, Pierre Paraf
Payot, 1917
Engagé volontaire, l'auteur rejoint cette unité le 6 février 1916, et y demeure jusqu'à son évacuation à la fin de l'année. "Ce petit livre ne constitue pas des souvenirs dans le sens ordinaire [...] mais ce sont bien des souvenirs de faits psychologiques, ce qui n'est pas moins important. Il mérite, ajoute Cru, d'être mis en bonne place parmi les documents utiles." Il contient en outre des poèmes, que le critique estime "parmi les meilleurs et les plus vrais de la poésie de guerre." (Témoins, p.373-375)

 

Narbonne (16e DI, 8e CA)

Face à face, Jacques Péricard
Payot, 1916
Debout les morts !
Payot, 1918
Ceux de Verdun
Payot, 1917
Volontaire pour l'active, l'auteur est sur le front à partir d'octobre 1914, jusqu'à la fin avril 1917. Face à face relate sa campagne jusqu'au 15 mars 1915. "Une collection d'anecdotes fantaisistes dont l'auteur souligne le caractère imaginaire par le ton humoristique de son style", nous dit Cru. Debout les morts ! va de mars à avril 1915. On y trouve la fameuse anecdote propagée par Barrès, et dont l'auteur fait un commentaire verbeux, victime "d'une véritable intoxication des mots". Ceux de Verdun couvre la période janvier-septembre 1916, mais l'essentiel est consacré aux combats de Fleury et Douaumont du 24 au 27 février. Pour Cru - et peut-être bien pour Péricard lui-même - toute cette oeuvre n'est que pure affabulation. (Témoins, p.378-383)

Journal de campagne d'un officier de ligne, Paul Rimbault
Berger-Levrault, 1916
Ce journal d'un lieutenant, ensuite capitaine, va du 1er août 1914 au 2 février 1915. Cru le qualifie de "bon document sur 1914 : c'est un journal honnête et original." (Témoins, p.462-466)

 

Béziers (31e DI, 16e CA)

Lettres à Lou, Guillaume Apollinaire
Gallimard, 1969 (réédition 1990)
Calligrammes
Mercure de France, 1918 (réédition Gallimard, 2003)
Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky nait à Rome le 26 août 1880. Encore enfant, il vient s'installer en France. De nationalité russe par sa mère, qui est polonaise, il dépose une demande de naturalisation le 1er septembre 1914 afin de pouvoir s'engager. Le 6 décembre, il est versé au 38e RAC. Le 25 août 1915, il demande à passer dans l'infanterie, et rejoint le 96e RI, 6e compagnie, le 18 novembre 1915 en qualité de sous-lieutenant. Blessé à la tête le 17 mars 1916, il est trépané et évacué. Réaffecté dans un emploi d'administration, il décède de la grippe espagnole le 9 novembre 1918.
Lorsque la guerre éclate, Apollinaire est l'incontestable figure de proue de l'avant-garde littéraire et artistique. Poète d'une inventivité et d'une fécondité prodigieuses, il ne cesse d'écrire jusqu'à sa mort, laissant avec Calligrammes notamment, des poésies de guerre d'une beauté sans équivalent dans la poésie française - même si leur lyrisme guerrier a pu parfois choquer. Il a laissé également une abondante correspondance qui témoigne de son expérience de soldat. Lettres à Lou est un recueil des lettres qu'il adressa, entre le 28 septembre 1914 et le 18 janvier 1916 à son amie du moment, Louise de Coligny-Châtillon. C'est le témoignage sur le vif d'un esprit ardent, curieux de tout, et qui bien qu'appartenant aux milieux intellectuels, se montre totalement dépourvu d'affectation. On a également publié ses Lettres à sa marraine, 1915-1918 (Gallimard, 1988) et sa Correspondance, 1913-1917 avec Mireille Havet (Université Paul Valéry, 2000).

 
 
 

 

Chambéry (44e DI, 21e CA)

La division Barbot, Jacques Humbert
Hachette, 1919
Cet "historique fondé dans une large mesure sur des souvenirs personnels" d'un lieutenant puis capitaine, couvre toute la durée de la guerre, mais ne traite spécifiquement du 97e RI que jusqu'au 1er novembre 1916. Cru vante "un conteur brillant, toujours probe, qui relate avec verve [...] avec des notes pittoresques et de nombreux morceaux de bravoure." Mais il lui reproche d'avoir voulu faire un historique, au lieu de se borner à son témoignage personnel. (Témoins, p.325-327)

Carnet de Marius Monbel
(document disponible en ligne)


Carnets de guerre de Pierre Pasquier
Ed. de l'Astronome, 2005
Ecrits dans l'urgence d'une situation dramatique où la mort préside à tous les destins, les carnets de guerre de Pierre Pasquier sont un témoignage précieux. Parcourant pendant plus de 4 ans la ligne de front des Vosges à la mer en passant par l'Alsace, la Lorraine, la Champagne, la Picardie, le Nord - Pas-de-Calais, la Belgique... le caporal Pasquier de Saint-Jean de Maurienne, observe, rencontre et note tout : les paysages, les armes, les hommes. (Information éditeur)

 

 

Dreux, Paris (7e DI, 14e CA)

Histoire d'une compagnie, Charles Delvert
Berger-Levrault, 1918 (Rééditions sous le titre Carnets d'un fantassin : Editions du Mémorial, 1981 - Editions des Riaux, 2003)
L'auteur fut sur le front du 6 août 1914 au 28 août 1916. Ce livre est un journal, qui va du 11 novembre 1915 au 26 juin 1916; il traite essentiellement des secteurs de Massiges et de Verdun. Cru le juge "admirable", d'autant que le texte semble avoir été publié pratiquement sans retouches ni coupures. (Témoins, p.122-126)

 

Chartres - Paris (7e DI, 4e CA)

Des Flandres aux Vosges, Louis Leleu
Alan Sutton, 2003
Originaire de Beuvry, désireux d'être incorporé dans une musique à Paris, Leleu s'engage le 17 mars 1913, à 21 ans. Il part pour le front le 7 août 1914 avec son unité comme brancardier. Il combat dans la Meuse (Spincourt, Stenay) puis gagne dans les "taxis de la Marne" Nanteuil-le-Haudouin. Jusque fin décembre, il tient le secteur de Roye. Il est ensuite en Champagne (Suippes) jusqu'à la fin octobre 1915.

Puis c'est Sainte-Menehould, Verdun à partir d'octobre 1916, les Vosges début mai 1917, la Champagne à partir de novembre 1917. En Flandres en mai 1918 (Reninghelst), il participe à la deuxième bataille de la Marne en juillet. L'armistice le trouve devant Sedan.
Louis Leleu a rédigé ce récit de mémoire, en s'appuyant sur ses souvenirs et sur les lettres qu'il avait adressées à sa mère. Il certifie être "sincère et vrai", et il l'est incontestablement. Combattant de seconde ligne, Leleu sait rester à sa place et ne parle que de ce qu'il a vu. Son récit, minutieux et enlevé, fait une large place aux anecdotes, d'où un intérêt parfois inégal. Il est notamment regrettable qu'il ne parle pour ainsi dire jamais de son travail de brancardier, et de la vie des services sanitaires. Certains passages de son témoignage n'en constituent pas moins d'authentiques morceaux d'anthologie.

Mémoires de Lucien Prunier
in Nanterre pendant la Première Guerre mondiale, Bulletin n°25 de la Société d'Histoire de Nanterre, 2000
Né en 1896, commis-boucher, l'auteur est appelé le 12 février 1915. Après ses classes, il rejoint le 2 décembre un centre d'instruction à l'arrière du front. En avril 1916, il est détaché auprès de la 4e Armée pour réaliser, sous la direction d'une compagnie du 1er Génie, des travaux de défense dans le secteur de Massiges. Le 23 septembre suivant, il est versé au 35e RI pour monter en première ligne.

 

Ce document brut est la retranscription d'un carnet dans lequel Lucien Prunier a consigné ses souvenirs de guerre. S'il les a manifestement rédigés de mémoire, ce fut vraisemblablement pendant la guerre même, sans doute pendant les périodes de repos. Bien que n'étant ni un journal ni un carnet de route, la chronologie et la topographie sont précisément indiquées. L'auteur y relate les épisodes marquants de son expérience personnelle. Sa narration s'interrompt brusquement au 30 mars 1917. On peut supposer qu'une suite a été rédigée et perdue, car Lucien Prunier se présente en page de titre comme caporal-téléphoniste, affecté à la CHR, éléments qui ne sont pas mentionnés dans son récit. Il prend soin d'ajouter que "tout ce que contient ce livre est exact".

Argentan, Paris (7e DI, 14e CA)

Vingt jours de guerre aux temps héroïques, Alphonse Grasset
Berger-Levrault, 1919
C'est le journal d'un capitaine, daté jour par jour, sans omission, du 1er juillet au 23 août 1914, date à laquelle il est évacué pour blessure. Le seul reproche de Cru est de trouver ce récit "trop bien documenté, trop riche de faits", l'auteur ayant complété ses souvenirs personnels par des recherches historiques. (Témoins, p.156-158)


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Mise à jour :
novembre 2005