Régiments d'infanterie nos 61 à 75

 

Lorient (22e DI, 11e CA)

Paroles d'un revenant, Jacques d'Arnoux
Plon, 1925
C'est après une convalescence pour blessure que l'auteur intégra la 5e Cie du 62e RI comme sous-lieutenant. Il y demeura de janvier à novembre 1916. Son journal est consacré en partie à son séjour sur le front de Verdun, en avril de cette année-là. Cru lui reproche ses outrances. D'Arnoux est selon lui "une nature à la fois mystique, exaltée, fervente, plus que cela : frénétique". (Témoins, p.85-87)

 

Soissons (13e DI, 6e CA)

Lettres d'un soldat, Léo Latil
Bloud, 1916
L'auteur fut versé le 15 avril 1915 dans ce régiment, et tué le 27 septembre suivant lors de l'offensive de Champagne. Ces lettres, publiées après sa mort, témoignent de son expérience. (Témoins, p.528)

Histoire d'un poilu, carnets de Charles-Henri Poizot
Anovi, 2003

Charles-Henri Poizot est originaire de Saint-Quentin. Versé au 67e régiment d'infanterie, il est présent à Verdun, au Chemin des Dames, aux Eparges, dans la Somme. Il a rempli du 28 juillet 1914 jusqu'au 30 juillet 1919, date de sa démobilisation, six petits carnets qu'il conservait sur lui. Retranscrits avec fidélité, ils témoignent des souffrances et du désarroi de cet homme jeune plongé dans l'horreur de la guerre. (Informations éditeur)

 

Vitré (19e DI, 10e CA)

Six frères, Pierre Bouchet
Archives Départementales de l'Oise, 2008
Pierre Bouchet naît à Creil le 11 juillet 1894. Fils d'un docteur vétérinaire, il est étudiant aux Arts et Métiers de Lille. Il est appelé début 1915 au 55e RI où il suit les cours d'Elève Officier de Réserve. Début juin 1915, il est affecté au 25e RI avec lequel il part pour le front. C'est en juin 1916 qu'il intègre le 70e RI avec le grade d'aspirant, combattant en Argonne et dans la Marne. Début décembre, il passe dans l'aviation.

La famille Bouchet comptait sept enfants, dont six garçons qui tous furent mobilisés. Leur correspondance retrouvée par hasard et déposée aux Archives Départementales de l'Oise compte près de 1.100 lettres, dont un bon quart figure dans cette édition. Pierre pour sa part a rédigé environ 480 lettres entre décembre 1914 et août 1918.

Saint-Brieuc (19e DI, 10e CA)

Souvenirs et récits d'Henri Tourbier
Le récit d'Henri Tourbier débute le 20 février 1916, lorsqu'il part pour le secteur de Verdun. Il y est blessé aux jambes le 8 août suivant. Hospitalisé de longs mois, il est finalement démobilisé début avril 1917. Ses souvenirs sont complétés par divers écrits rédigés de longues années après la guerre.
Note : les souvenirs d'Henri Tourbier ne sont plus disponibles en ligne. Nous avons pu néanmoins en retrouver un extrait qui vous est proposé ci-après.

Béthune (2ème DI, 1er CA)

Un de l'avant, Gaston Lefebvre
Lille : Journaux et imprimeries du Nord, 1930
Gaston Lefebvre va avoir 18 ans lorsqu'il fuit sa ville natale, Lille, pour se réfugier dans la Somme. Il s'engage en janvier 1915. Le 5 mai, il part pour le front, dans l'Est. Blessé le 26 octobre, il est évacué, et remonte en ligne en février 1916 pour le secteur de Verdun. En décembre 1916, il est de nouveau blessé, cette fois gravement, et évacué définitivement.
Le récit qu'il a tiré de son carnet de route couvre la période du 9 octobre 1914 au 27 novembre 1917. ("Gavroche" n°121, janv.-fév. 2002, p.18-21)

Rouen (5e DI, 3e CA)

Là-bas avec ceux qui souffrent, Guy Hallé
Garnier frères, 1917 (réédition : Ysec, 2002)
"Ce petit livre est un chef d'oeuvre" nous dit Norton Cru. L'auteur n'a pas choisi un récit continu, mais une succession d'épisodes autobiographiques, qui vont de septembre 1914 au printemps 1917. (Témoins, p.321-323)

 

Quatre pages du 3e bataillon du 74e RI, Paul Lefebvre-Dibon
Berger-Levrault, 1921
L'auteur, capitaine de réserve, relate quatre engagements auxquels prit part son unité, entre juin 1915 et mai 1916. Le texte est une version remaniée après-coup de son carnet de campagne. Cru en regrette le ton un peu impersonnel, mais n'a "que des éloges pour ce récit probe d'un soldat au grand coeur." (Témoins, p.169-170)

Deux musiciens dans la Grande Guerre, Maurice Maréchal
Tallandier, 2005
Né le 3 octobre 1892 à Dijon, Maurice Maréchal est premier prix de violoncelle du conservatoire de Paris et a entamé une carrière de soliste lorsqu'il part faire son service en 1913 à la musique du 74e RI de Rouen. A la mobilisation, il est versé au 274e RI. Détaché auprès du Quartier-Général de le 5e division en 1916, il le quitte en septembre 1917, suit en novembre une formation de radio-télégraphiste, pour être détaché auprès d'une unité du génie sur un poste de DCA avant de réintégrer le 74e RI début 1918. Il reste dans cette unité jusqu'à la fin juin, où il est évacué définitivement pour des raisons de santé.

 

Maurice Maréchal a laissé des carnets qui vont du 3 mai 1914 au 5 novembre 1918. Ces carnets tiennent autant du journal intime que du carnet de route. Jeune homme sensible et cultivé, quelque peu immature, Maréchal ne raconte pas seulement ce qu'il voit et ce qu'il vit, mais aussi ce qu'il éprouve, sans fausse pudeur, avec franchise et candeur. Son témoignage offre également un éclairage inédit sur la "vie mondaine" des quartiers-généraux et des officiers supérieurs pendant les périodes de repos.

Propos d'un marmité, Paul Rimbault
Fournier, 1920
Officier de carrière, l'auteur fut versé au 74e RI comme capitaine à partir d'octobre 1916. Son ouvrage se compose d'un journal, qui s'interrompt au 1er juillet 1917, et de réflexions personnelles. L'ensemble compose selon Cru un excellent témoignage. (Témoins, p.462-466)

 

Romans (27e DI, 14e CA)

Dans la tranchée, Eugène Pic
Perrin, 1916
Figures et choses du front
Léon Tenin, 1920
Engagé volontaire, l'auteur rejoignit le front début septembre 1914. Il fut blessé trois fois avant d'être tué le 23 mars 1917. Son premier ouvrage est composé de récits allant de septembre 1914 à avril 1916. Le second, édité après sa mort, est un arrangement thématique de textes tirés de ses carnets. Cru le qualifie pour cela de "livre impossible, qu'il faudrait pouvoir refaire". Quant au fond, il le juge tout à fait estimable, quoiqu'un peu trop littéraire. (Témoins, p.384-386)


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Mise à jour :
janvier 2011