Régiments d'infanterie nos 31 à 45

 

Melun, Paris (10e DI, 5e CA)

La fleur au fusil, Jean Galtier-Boissière (illustrations de l'auteur)
Baudinière, 1928 (Réédition : Mercure de France, 1980)
Réédition remaniée et surtout non censurée d'un ouvrage précédemment paru en 1917 chez Berger-Levrault sous le titre En rase campagne 1914, et qui avait été sévèrement caviardé. Le caporal Galtier-Boissière a laissé un récit devenu classique de sa campagne de l'été 1914, qui va de la mobilisation au 15 septembre. Cru le juge "le meilleur récit d'infanterie de la bataille des frontières et de la retraite." (Témoins, p.138-142)

Sous la rafale, André Schmitz
Bloud, 1918
Sous-lieutenant de cavalerie, l'auteur fut affecté directement au 31e RI comme officier de liaison de la mobilisation au 6 septembre 1914. Il dirigea ensuite les éclaireurs de la 10e DI, jusque fin 1915. Cru estime que son ouvrage "est presque sans intérêt, à peu près sans valeur documentaire". Il nuance son propos en soulignant qu' "Il y a cependant deux passages magnifiques à cause desquels le livre mériterait de survivre." (Témoins, p.397-399)

Bourru soldat de Vauquois, Jean des Vignes Rouges
Perrin, 1916
André Rieu, officier de France
Flammarion, 1917
De son véritable nom Jean Taboureau, l'auteur fut affecté comme capitaine au 31e RI en mai 1915, mais ne séjourna pour ainsi dire pas sur le front. Ses deux ouvrages, qui ont respectivement pour cadre les combats de Vauquois en février-mars 1915, et de la Somme en automne 1916 sont des oeuvres littéraires rédigés par quelqu'un qui ne participa que de très loin à la guerre de tranchées. (Cru, p.648-653)

 

 

Chatellerault, Tours (18e DI, 9e CA)

Ma guerre, André Carré
La Grande Guerre Magazine n°43 à 49, 2004-2006
André Carré est né le 24 janvier 1894 à Saint-Hilaire-Saint-Florent (Maine et Loire). Il ne précise pas sa profession : il semble travailler comme ouvrier dans une entreprise agroalimentaire lorsque la guerre éclate. Appelé le 6 septembre 1914, il est incorporé au 32e RI. Nommé caporal le 8 novembre, il se porte aussitôt volontaire pour le front. A peine arrivé dans le secteur des Flandres, il est évacué. Rétabli, il retourne au dépôt comme instructeur. Il rejoint le front à la mi-avril 1915, toujours dans les Flandres, puis dans le secteur de Notre-Dame de Lorette, où il est sévèrement blessé le 25 mai. Rétabli, il sera affecté à d'autres unités.
André Carré a rédigé ses souvenirs sur le tard, sans doute dans les années 60. "Aidé de quelques notes écrites au front, et faisant appel à mes souvenirs les plus vivants, je vais essayer de donner [...] une idée de ma campagne 14-18. Sans aucune prétention littéraire bien sûr..." Tel est le programme qu'il s'est  lui-même fixé.

La sublime hécatombe, Robert Jamet
Albin Michel, 1917
Ce livre est un recueil hétéroclite que Cru juge sans grand intérêt, hormis un récit d'une indéniable authenticité de l'attaque de La Targette (Artois) le 9 mai 1915. (Témoins, p.620-622).

 

 

Arras (2e DI, 1er CA)

Fantassins de 14 : de Pétain au Poilu, Pierre Bourget
Presses de la Cité, 1964
Pierre Bourget retrace la campagne du 1er Corps d'armée, de la mobilisation à la bataille de la Marne. Il cite dans son ouvrage des extraits du journal de route du capitaine Lucien Grard, qui commandait la 2e compagnie du 33e régiment.

Correspondance et notes, Etienne Derville
Tourcoing : Duvivier, 1921
L'auteur est resté sur le front de la mobilisation jusqu'à sa mort en juin 1918, à l'exception d'une coupure de quelques mois entre septembre 1914 et janvier 1915 en raison d'une blessure. Ses écrits : carnet de route, notes, lettres, constituent un témoignage "d'une qualité de tout premier ordre". (Cru, p.509-513)

Lettres, notes et carnets (vol.1 : 1905-1918), Charles de Gaulle
Plon, 1980
Le fil de l’épée et autres écrits
Plon, 1990
Le futur chef d'état fit campagne comme lieutenant puis capitaine au 33e RI, de la déclaration de guerre à sa capture le 2 mars 1916 à Verdun - hormis deux périodes d'hospitalisation dues à des blessures.

Historique du 33e RI (extraits)

 

Belfort (14e DI, 7e CA)

Les treize paroles du pauvre Job, Léon Cathlin
Perrin, 1920
L'auteur n'a pas rédigé un récit de ses campagnes, mais un recueil de poèmes en vers libres inspirés de son expérience personnelle. Ils furent rédigés sur le front de Champagne, en automne 1915, et sur le front d'Orient, en 1917. Malgré la forme inhabituelle, c'est un témoignage émouvant sur l'état d'esprit des soldats des tranchées. (Cru, p.422-424)

Mémoires de Lucien Prunier
in Nanterre pendant la Première Guerre mondiale, Bulletin n°25 de la Société d'Histoire de Nanterre, 2000
Né en 1896, commis-boucher, l'auteur est appelé le 12 février 1915. Après avoir fait ses classes au 102e RI, il est versé au 35e RI le 23 septembre 1916. Il occupe le secteur de Ville-sur-Tourbe (Champagne) jusqu'en décembre, puis celui du Godat du 9 au 30 mars 1917, date à laquelle son manuscrit s'achève.

 

Ce document brut est la retranscription d'un carnet dans lequel Lucien Prunier a consigné ses souvenirs de guerre. S'il les a manifestement rédigés de mémoire, ce fut vraisemblablement pendant la guerre même, sans doute pendant les périodes de repos. Bien que n'étant ni un journal ni un carnet de route, la chronologie et la topographie sont précisément indiquées. L'auteur y relate les épisodes marquants de son expérience personnelle. Sa narration s'interrompt brusquement au 30 mars 1917. On peut supposer qu'une suite a été rédigée et perdue, car Lucien Prunier se présente en page de titre comme caporal-téléphoniste, affecté à la CHR, éléments qui ne sont pas mentionnés dans son récit. Il prend soin d'ajouter que "tout ce que contient ce livre est exact".


Carnets d'Abel Castel et d'Henri Roth
(documents disponibles en ligne)

Caen (5e DI, 3e CA)

Le regard de la mémoire, Jean Hugo
Actes Sud, 1983
L'auteur, artiste peintre de son état, est mobilisé au 36e RI le 4 septembre 1914. Il rejoint le front d'Artois en mai 1915, où il est presque aussitôt blessé. Evacué, il regagne le front en octobre dans la Somme. En avril 1916, il est à Verdun. Il est alors nommé sous-lieutenant. En mai, il est à Douaumont, puis occupe les secteur des Hauts-de-Meuse jusqu'en février 1917. Son unité ayant été affectée par des mutineries, découragé, il demande un changement d'affectation. Le 29 juillet 1917 il est traducteur à la 1ère DI américaine, fonction qu'il occupera jusqu'à la fin de la guerre.

Le témoignage de Jean Hugo, qui occupe les cent premières pages de ses mémoires, est remarquable de sobriété, de vie, et de probité. Il raconte ce qu'il a vécu, sans en rabattre ni en rajouter. (p.9-95)

Troyes (11e DI, 20e CA)

Journal de guerre d'un Juif patriote,
André Kahn

Jean-Claude Simoën, 1978
L'auteur, avocat à Nancy, est à la mobilisation versé dans l'auxiliaire et affecté comme brancardier au 37e RI. Dès le 3 août, il est sur la frontière, et le 21 est fait prisonnier à Morhange. En tant que personnel non combattant, il est rapidement libéré et rapatrié en France le 31 août. Il rejoint aussitôt son unité qui combat en Artois. De novembre à la mi-avril 1915, il occupe le secteur d'Ypres, et participe en avril 1915 à l'offensive d'Artois.

 

De septembre à décembre, il est en Champagne. En mars 1916, il est brancardier à Verdun, puis rejoint la Somme fin juin. Début 1917, il quitte le front pour siéger comme avocat au conseil de guerre. Jusqu'à la fin de la guerre, il occupera des emplois d'administration. Le journal d'André Kahn, rédigé sous forme de lettres à son épouse, relate pour l'essentiel les événements de 1914-1915, lorsqu'il était en première ligne. La seconde partie vaut quant à elle pour son témoignage en tant qu'avocat au conseil de guerre. Intelligent et cultivé, mais aussi profondément réactionnaire, xénophobe et nourri de lieux communs, André Kahn a laissé un récit d'un indéniable intérêt, notamment sur le fonctionnement des conseils de guerre.


Histoires vraies, Louis Vergne

Anovi, 2002
Né le 20 juin 1890 à Crocq (Creuse), issu d'une modeste famille d'agriculteurs, il fait de brillantes études et est élève dans une école supérieure de commerce à Nancy lorsqu'il est appelé en 1911 au 37e RI pour effectuer son service militaire. A la déclaration de guerre, il est sergent. Il est blessé dès le 11 août 1914 alors qu’aucune bataille n’est encore véritablement engagée. Il est évacué sur la Gironde. Rétabli, il rejoindra le 237e RI.

 

C'est sous forme de nouvelles autobiographiques que Louis Vergne a choisi de rédiger ses mémoires. Seule la première de son recueil, qui relate la mobilisation de 1914, concerne le 37e RI. C'est un témoignage souvent pittoresque et toujours passionnant, rédigé avec franchise et une grande simplicité de ton. (D'après Eric Labayle)

 

Rouen (5e DI, 3e CA)

Les croix de bois, Roland Dorgelès
Albin Michel, 1919 (réédition 1996 ; version poche : Le Livre de poche, no 189)
Le cabaret de la Belle Femme
L'Edition Française Illustrée, 1919 (réédition 1979: Le livre de poche)
Roland Lécavelé (Dorgelès est un pseudonyme), mobilisé en août, rejoignit le front le 22 septembre 1914. Il y demeura jusqu'au 15 septembre de l'année suivante, date à laquelle il fut versé dans un groupe d'aviation. Affecté à une section de mitrailleuses, il participa aux offensives meurtrières de Champagne et d'Artois, où il fut cité deux fois. Cette expérience lui donna matière à deux ouvrages qui se réclament plus de la littérature que du témoignage, le premier (Les croix de bois) demeurant un classique de la Grande Guerre. Cru a éreinté Dorgelès en raison de ce parti-pris, et de son mépris des détails. Injustement, car ses "procédés littéraires" jugés insincères sont mis au service d'une vision de la guerre qui n'a rien de gratuit ni de complaisant. Cru a par ailleurs fait les insinuations les plus désobligeantes sur la réalité de la carrière militaire de l'auteur : ces réserves sont parfaitement infondées. (Témoins, p.587-593)

 

Le Cabaret de la Belle Femme, Dorgelès - édition définitive, Albin Michel 1928

 

Rennes (19e DI, 10e CA)

En suivant nos soldats de l'Ouest, Georges Veaux
Rennes : Imprimerie Oberthur, 1917
Le docteur Veaux fit la campagne de l'été 1914 dans le rang, en tant qu'infirmier. Son livre est l'édition de son journal, qui va du 31 juillet au 17 novembre. Il foisonne de détails et est d'une précision méticuleuse, tout en laissant une large part - c'est du moins ce que lui reproche Cru - aux racontars, faits rapportés et autres "calembredaines", ce qui nuit à sa véracité. (Témoins, p.253-257)

 

 

Lille (1ère DI, 1er CA)

Un de l'avant, Gaston Lefebvre
Lille : Journaux et imprimeries du Nord, 1930
Gaston Lefebvre va avoir 18 ans lorsqu'il fuit sa ville natale, Lille, pour se réfugier dans la Somme. Il s'engage en janvier 1915. Le 5 mai, il part pour le front, dans l'Est. Blessé le 26 octobre, il est évacué, et remonte en ligne en février 1916 pour le secteur de Verdun. En novembre 1917, il est de nouveau blessé, cette fois gravement, et évacué définitivement.
Le récit qu'il a tiré de son carnet de route couvre la période du 9 octobre 1914 au 27 novembre 1917. ("Gavroche" n°121, janv.-fév. 2002, p.18-21)


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Mise à jour :
février 2005