Infirmiers militaires

Le carnet de route d'Edmond Dragon
Impr. Euro Norm, 1998
Né en 1878, Edmond Dragon est mobilisé le 5 août 1914 à la 3e Section de l'ambulance 13, unité dans laquelle il demeure jusqu'à sa démobilisation, fin janvier 1919. Le carnet de route de ce caporal infirmier, reproduit intégralement et sans retouche, ne contient guère autre chose que le détail de ses cantonnements. De sa vie d'infirmier, de ce qu'il voit, il ne dit pratiquement rien. C'est donc un document plutôt pauvre.
(Document consultable à la Bibliothèque municipale de Bolbec)

 

Sur les routes du front de Meuse, J.-M. Bourceret
Perrin, 1917
Né en 1870, l'abbé Bourceret est professeur à la déclaration de guerre. Le 5 août 1914, il est affecté comme infirmier-major au service de santé du 5e CA. Le 14, il est sur le front. Il y demeure jusqu'à la fin de 1915, dans les ambulances 4/55, 5/55 et 3/5, date à laquelle il est affecté dans des unités de l'intérieur. Les souvenirs de cet infirmier constituent, selon Cru, "un livre honnête", malgré un texte "d'une incorrection scandaleuse". "Il dit ce qui est, non pas ce qu'on voudrait qui soit, ou ce que l'arrière affirme être." (Témoins; p.278-280)

L'âme du poilu, Joseph-Eugène Payen
Imprimerie Jacques et Demontrond, 1923-1926
Agé de 60 ans, l'auteur ne s'en porte pas moins volontaire et officie pendant toute la guerre, avec dévouement et abnégation, auprès des soldats des premières lignes. Mais, dit Cru, "on peut être un très brave homme de prêtre, un parfait honnête homme, et se trouver l'auteur d'un fort mauvais livre." Celui-ci est un recueil de souvenirs qui va du 2 août 1914 à 1917. Malheureusement, la vision de l'auteur est entièrement subordonnée à sa foi, résolument dogmatique et traditionnaliste. "Il n'a rien vu, rien senti, rien compris comme les combattants." (Témoins ; 223-224)

En suivant nos soldats de l'Ouest, Georges Veaux
Rennes : Imprimerie Oberthur, 1917
Le docteur Veaux fit la campagne de l'été 1914 dans le rang, en tant qu'infirmier. Son livre est l'édition de son journal, qui va du 31 juillet au 17 novembre. Il foisonne de détails et est d'une précision méticuleuse, tout en laissant une large part - c'est du moins ce que lui reproche Cru - aux racontars, faits rapportés et autres "calembredaines", ce qui nuit à sa véracité. (Témoins, p.253-257)

Ceux qui saignent, Adolphe Retté
Bloud, 1918
Né le 25 juillet 1863, Retté est l'auteur de nombreux ouvrages de piété lorsque la guerre éclate. Après avoir servi dans un hôpital en Provence, il s'engage en novembre 1914 à la 15e SIM. Il est presque aussitôt versé dans une ambulance divisionnaire, où il demeure jusqu'en mars 1915, date à laquelle il est évacué. Après deux mois passés dans un hôpital d'Aix-en-Provence, il est réformé. Cru se montre sévère à l'égard du témoignage de cet homme déjà âgé, qui de "son court séjour sur le front n'a pas appris grand'chose. Parti plein d'illusions, il s'est heurté à des réalités à la fois dures et sans gloire qui l'ont vite déçu et désabusé." Retté rapporte trop d'opinions fantaisistes et néglige son expérience personnelle, qui aurait pu être d'un grand intérêt. (Témoins ; p.394-395)

Feuilles de route d'un ambulancier, Charles Leleux
Berger-Levrault, 1915
L'auteur, avocat, est né à une date inconnue. Agé semble-t-il d'une quarantaine d'années, il a laissé un récit de son expérience d'infirmier, qui va du 9 août 1914 au début de janvier 1915, date à laquelle il quitte le front pour un train sanitaire. Il est, selon Cru, d'une "valeur documentaire à peu près nulle." Leleux en effet parle de ce qu'il ne connait pas, et parle mal de ce qu'il connait. (Témoins ; p.171-172)

L'Hôpital Chirurgical Flottant, Pierre La Mazière
Albin Michel, 1919
Né le 5 février 1879 à Paris, l'auteur est mobilisé le 2 août 1914 au 48e RIT. En 1915, il se porte volontaire pour l'Armée d'Orient. Il est affecté comme infirmier à l'hôpital flottant de cette armée, qui mouille à Gallipoli puis à Salonique, avant d'être versé au 45e RI lorsque l'hôpital est désarmé. Le récit de l'auteur porte uniquement sur son expérience d'infirmier : il va du 22 août 1915 au 8 mars 1916. Il se présente sous la forme d'un journal qu'il a visiblement très peu remanié, voire pas du tout. C'est un document fidèle, bien écrit, précis, sensible, dont Cru fait l'éloge. (Témoins ; p.167-168)

Lettres d'un fils, Jean Pottecher
Emile-Paul, 1926
Né le 18 mars 1896, l'auteur, normalien, s'engage en avril 1915 à la 4e SIM. Pacifiste, socialiste, il souhaite servir sans porter les armes. Versé au 19e BCP, il part pour le front le 26 juillet 1916 comme infirmier au 59e BCP. Il y restera jusqu'à ce qu'il soit tué, le 24 juillet 1918. L'ouvrage rassemble les lettres qu'il a adressées à sa famille pendant ces années de guerre. Le style en a été quelque peu corrigé par son père, Maurice Pottecher, littérateur et homme de théâtre réputé. Cela n'enlève rien à ce témoignage d'une qualité rare. L'auteur se distingue par l'acuité de ses réflexions, par son humanité, par son honnêteté. "On trouve la plus grande franchise ; il dit à peu près tout ce qu'il pense." (Témoins ; p.539-542)

 


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Mise à jour :
mars 2005