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Le
registre matricule, qu'est-ce que c'est ?
La
fiche d'état des services, dite registre matricule,
est sans conteste le document le plus intéressant pour
qui cherche à retracer la carrière d'un soldat ou d'un
sous officier pendant la Grande Guerre. On y trouve
le détail des affectations, mais aussi la mention des
blessures et des décorations qui auront marqué
la carrière militaire de l'appelé. Nous vous proposons
ci-après d'examiner en détail une de ces fiches. Pour
des raisons de discrétion, le nom de la personne qui
nous sert d'exemple a été masqué. (Source
: Archives départementales du Nord)
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Le
premier cadre détaille l'état-civil de l'appelé
: nom, prénom, date et lieu de naissance,
domicile, profession, mais aussi l'identité
des parents et leur lieu de résidence.
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Le
second indique la décision du conseil de
révision ("propre au service")
et le numéro de tirage. Jusqu'à 1905, les
conscrits effectuent un service plus
ou moins long, selon qu'ils ont tiré un
bon ou un mauvais numéro.
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Figurent
ensuite les états de service en trois parties
distinctes : la période "d'active".
Ici, le jeune homme appelé le 15/11/1904
a été réformé pour raisons de santé dès
le 23 novembre.
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La
période de disponibilité. Elle correspond
à la période de la guerre. Maintenu dans
le service auxiliaire, il est finalement
appelé le 23 mai 1917 dans un régiment d'artillerie,
mais pour être aussitôt détaché dans une
usine. Il est alors reversé dans une section
de COA.
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Il
est placé en congé illimité le 27 février
1919. On peut suivre ensuite ses différentes
unités de rattachement au gré de ses changements
de domicile. Il est libéré des obligations
militaires le 15 octobre 1932. Il a 49 ans.
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Mentionne
le numéro matricule de recrutement, et la
classe d'appartenance.
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Le
signalement physique : cheveux roux, yeux
gris, 1m67... une taille supérieure à la moyenne
de l'époque.
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Les
unités d'affectation de l'active, de la
réserve et de la territoriale : 27e RAC,
12e RAC, 24e puis 1ère section de COA. En
l'occurence, l'appelé n'a fait que figurer
sur leurs registres.
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Les
changements de domicile. Réfugié en région
parisienne, il regagne le Nord dès 1919,
résidant successivement à Carvin, La Bassée
et Béthune - changeant chaque fois de subdivision
militaire de rattachement.
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Les
dates successives (et théoriques) des différentes
périodes militaires : réserve en 1907, territoriale
en 1917, réserve de la territoriale en 1923,
libération en 1929.
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Le
registre matricule fournit donc une mine d'informations,
par ce qu'il dit... et également par ce qu'il laisse
entendre ! Il arrive également qu'il soit fautif ou
lacunaire. Recouper les données qui y figurent avec
d'autres sources est donc souvent d'une grande utilité.
L'une de ces sources peut être le livret militaire (malheureusement
assez rarement conservé) qui apporte des détails que
l'on chercherait vainement sur le registre - même si
les éléments qui figurent sur ces documents sont fondamentalement
de même nature, voire rigoureusement identiques. Pour
exemple, nous vous proposons le livret de Denis Lorut,
un soldat quasiment de la même classe que celui qui
nous a fourni l'exemple précédent.
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| La
première page reprend les données figurant
dans le registre matricule : état-civil
détaillé, et description anthropométrique.
Contrairement au précédent, ce jeune homme
a tiré un bon numéro, ce qui lui permet
d'être dans la 2e partie (la 2e "portion")
de la liste de recrutement cantonal, synonyme
d'une durée de service militaire réduite.
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Après les pages
concernant le service en temps de paix (non
reproduites ici) vient la page des rappels
à l'activité. En bas de la page sont mentionnées
deux périodes d'exercice, la première d'un
mois, en 1908 dans le régiment d'active
(98e RI) ; la seconde de quinze jours en
1912 dans le régiment de réserve (298e RI).
En haut de page est indiquée la campagne
contre l'Allemagne : le soldat arrivé
dès août 1914 à la 14e compagnie (formation
du dépôt) part pour le front le 22 septembre
dans la 5e compagnie. Il y arrive le 9 octobre.
Notons que la précision quant à la compagnie
d'affectation ne figure pratiquement jamais
dans le registre matricule.
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Page
5 est indiquée la date prise en compte pour
le début de la campagne : il s'agit de la
date d'arrivée dans la zone des combats,
le 9 octobre 1914. La date de fin n'a pas
été renseignée.
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Ainsi,
le livret militaire ne nous renseigne pas
sur la date de démobilisation de Denis Lorut.
Un autre document conservé dans les archives
familiales nous informe cependant de sa
date de libération définitive, au titre
de père de famille nombreuse : octobre 1928,
au lieu de 1931 normalement. Soit un "gain"
de trois ans.
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Denis
Lorut et des camarades du 104e RTI, sans
doute en 1914
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Mise à jour : juin 2005 |
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