M. nous a aimablement autorisé à publier le carnet de guerre de Claude Parron, son arrière-grand-oncle, mobilisé au 26e régiment d'infanterie, qu'il a transcrit et annoté. Nous l'en remercions chaleureusement.

 

 Carnet de guerre de Claude Parron

septembre 1914 - mai 1915

édité par Jean-François Ansoud

 Introduction

    Né le 27 octobre 1894 à Villeneuve, dans l'Ain, Claude Parron est issu d'une famille de cultivateurs très modeste de 5 enfants (3 garçons et 2 filles : Claudine née en 1890, Claude né en 1894, Jean-François né en 1898, Louise née en 1901, Pierre). En 1914, il travaille sur la ferme familiale, au lieu dit « les Amaries ». Le père de Claude est déjà décédé.
    Claude survivra à la guerre, mais décèdera le 31 août 1919 de la tuberculose, probablement une suite de la pleurésie chronique contractée dans les tranchées.

    Les pages qui suivent reproduisent le cahier qu'il a rédigé entre le 22 juin et le 5 août 1915. Le texte a été scrupuleusement respecté, ce qui explique les fautes d’orthographe et de syntaxe. Dans un souci de clarté, les noms de lieux ont toutefois été rectifiés et restitués dans leur forme actuelle.

    Parron Claude
    Classe 1914
    Commencé le 22 juin 1919
     Souvenirs

    Tenant à réunir dans un même cahier tout ce qui m’a rappeler mon entrée au service militaire et en même temps la fameuse campagne 1914-15.
    J’ai donc écris ceci comme le meilleur souvenir de toute ces choses pour moi et en même pour ma famille et enfin tout ceux dont ces lignes pourrait leur faire plaisir à lire en pensant à tant de choses qui se sont passées. C’est donc tout le sujet de ces lignes que vais commencée en ayant soins de mettre ma signature en dessous chaque chapitre ou plutot chaque résumé pour attester que tout ceci a bien été fait par moi.

    Parron Claude né a Villeneuve (Ain) le 27 octobre 1894.

    Premier résumé
    De mon arrivée a mon départ sur le front

    Je suis parti de chez moi la nuit du 3 au 4 septembre 1914 pour rejoindre le 44ème de ligne qui tenait garnisson à Lons-le-Saunier
    Alors depuis le 4 jusqu’au 20 environ je suis resté a Lons-le-Saunier au dépôt et ce jour-là je suis partit au camp du Valdalion pour y faire mes classes.. Puis je suis revenu à Lons-le-Saunier le 6 novembre environ ou je suis resté jusqu'au 28 décembre a 8 heures ¼ heure ou je partais pour rejoindre le 26ème.
    Pendant tout ce temps la ce fut la vie de caserne et je ne fut encore pas trop mal au depôt je couchais toujours dans un lit et au camp dans un sac à viande une paillaisse est un isolateur puis revenu au dépôt j’eu deux permission une de 48 heures et l’autre de 24 juste le jour avant de partir.
    Puis c’est tout.

    Deuxième résumé
    Ce que j’avais sur moi et en tenue de campagne

    Sur moi, deux flanelles une chemise trois ceinture. Des médailles chapelet et scapulaires. Deux cravates, des épingles de sureté mon porte-monnaie, un couteau, un mouchoir une pipe, un tricôt, un veston, un calecon deux pantalons deux paires de chaussettes, une paire de souliers, une paire de jambières un képi et un couvre-képi un cache-nez, une capôte, un passe montagne un calôt une paire de gants, une paire de manchettes, un décrassoir, des ficelles, deux crayons, deux carnets du papier a lettre, mon livret, un paquet de pansement, ma correspondance, une patte d’épaule des bretelles. En plus, « Tenue de Campagne »
    Mon fusil, mon bidon, mon équipement c’est-a-dire Bretelles de suspension et cartouchières et épée baïonnette, ma musette qui contient, fourchette, cuillère, quart, gamelle, pain et vivre, mon sac, une chemise, une flanelle un calecon, deux boites de singe, douze biscuits du chocolat, une boite, une baguette et une brosse à fusil, une couverture, une peau de mouton un bidon de campement, un outil, une toile de tente quatre mouchoirs, un cache-nez, une trousse a raccommoder, un torchon, un savon, trois paires de chaussettes, du coton, quatre paquet de cartouches, du philopate, des ficelles de toile de tente, du tabac.
    Puis 150 cartouches en temps normal en campagne et 250 pour une attaque qu’on met dans la musette et dans les cartouchières puis aussi dans le sac. A tout cela on pourrait encore y ajouter certains petits objets sans importance.
    Mais enfin ce que j’ai marqué c’est tout ce que j’avais lorsque je suis partit je n’y ai rien ajouter ni rien sortit. Ceux qui liront ces lignes verront que ce n’est pas étonnant qu’on évaluent a trente cinq kilogrammes environ le chargement complet d’un fantassin en campagne. Maintenant c’est a vous de juger et d’en penser ce que vous voudrez. Pour moi je sais que trop ce qu’il en ai Donc au revoir a tous

    Troisième résumé
    De mon départ au front à mon retour a l’hopital

    Pour en revenir au fait je laissais donc le 44e et le 28 décembre a 8heures moins ¼ je quittais la caserne de Lons-le-Saunier pour aller embarquer pour rejoindre mon nouveau régiment auxquel je venais d’être versé c’est a dire le 26ème de ligne dont la garnison était a Nancy mais qui avait été transféré a Mâcon endroit ou je le rejoignit. Pendant deux jours je couchais dans les granges et le 30 décembre a 4 heures de soir je quittais Mâcon tout équipé au complet avec 120 cartouches et j’embarquais pour direction inconnue quoique que je me doutais bien qu’on allait nous mener en Belgique car le 26ème y était.
    Puis comme on s’en doutait on nous mena en Belgique et voici les principales gares que j’ai passé pour y aller, Mâcon, Chalons, Dijon, Laroche[-Saint-Cydroine], Joigny, Sens, Montereau, St Mammès, Fontainebleau, Melun, Montgeron, Villeneuve St Georges, Paris-Est, Le Bourget, Amiens, Abbeville, Boulogne sur mer, Calais, Bourbourg, Dunkerque puis Bergues ou on a débarqué…… Récapitulation…..
    J’avais finit de couché dans un lit le 25 Octobre c’est a dire la nuit de Noël et c’est chez moi étant en permission que j'avais arrêté de coucher c’est a dire dans mon lit. Ensuite j’ai passé le 27 octobre chez moi et la nuit du 27 au 28 en chemin de fer ensuite j’ai couché dans les granges a Mâcon et lorsque nous sommes débarqués a Bergues j’ai été cantonné dans un village a environ 15 kilomètres de ce dernier appelé Oost-Cappel ou on couchait dans les écuries les remises les vieilles maisons les granges enfin de partout. Puis je suis partit de ce dernier endroit d’Oost-Cappel le 25 janvier pour aller au Lion Belge ou on a cantonné une nuit pour repartir le 26 prendre les tranchées du côté de Langemark en avant du canal et de la maison du passeur. Puis j’ai fait trois jours dans ces tranchées et ensuite on était en réserve d’armée pendant une quinzaine de jours. Puis vers le quinze février on retournait prendre les tranchées mais plus du côté de Langemark, cette fois-ci on allait du côté de St Julien ou plutôt en avant de St Julien entre ce dernier endroit et Roulers qui était aux Boches a environ douze kilomètre en avant d’Ypres pour aller au repos ou bien sur le canal car le plus souvent on allait a Woesten [?], Lessingue [?], Liverdingue [?], Lion Belge, Elverdinge, Poperinge, Oostvleteren en passant par Wieltje et St Jean puis on a passé et été aussi dans beaucoup d’autres endroits dont je ne me rappelle pas. Puis on a pris ces tranchées tout l’hiver sans avoir trop de pertes et toujours dans le même secteur dont on faisait 4 jours de tranchées et 4 jours de repos jusqu’au 13 avril au soir. Puis le 13 au soir nous avons quitté les tranchées qui ont été occupées par des troupes Anglaises, les Canadiens et nous sommes aller dans un petit endroit a côté de Woesten [?] ou nous sommes arrivé le matin, alors nous y avons fait le café et mangé un peu Ensuite d’ici nous avons été sur la grand route a Woesten [?] pour embarquer et vers 9 heures nous sommes partit en autobus. Jusqu’au environ d’Herzeele et de la nous sommes partit a pied jusqu'à Cassel qui se trouvait a environ 12 a 15 kilomètres de ce dernier endroit. Puis nous sommes arrivé vers quatre heures du soir a Cassel ou nous avons fait le café et mangé et nous sommes partit a la gare pour embarquer par la vers 7 heures du soir et a huit heures environ le train partait pour destination inconnue. Il faisait un détour en passant par Calais, St Omer, Estrées et nous emmenaient a St Pol ou on débarquait le lendemain matin 15 avril vers deux heures du matin, puis de ce dernier endroit on partait pour aller cantonnér dans un petit village a environ 15 kilomètres de St Pol. Et de la jusqu’au 28 avril on cantonnait un peu de partout et on changeait souvent de village. Puis le 28 on partait cantonné a Maroeuil a environ 4 kilomètres d’Arras, alors depuis le 28 avril jusqu’au 9 mai jours de la grande attaque on allait travailler a faire des boyeaux un peu de partout quelquefois entre les 1ère lignes Boches et les notres, quoique a partir du 1er mai le 1er bataillon de mon régiment était en ligne. Puis le 7 mai et 8 on sentait qu’une attaque approchait et en effet nos officiers nous en parlait en nous disant de bien marcher qu’ils comptait sur nous et que tout marcherait surement bien car ils nous avertissaient qu’ils y avait une préparation d’artillerie formidable telles qu’on en avait jamais vu de si terrible qu’on comptait envoyer onze cent coups a la minute et par ce moyen bouleverser complètement les tranchées Boches et abrutir ceux qui se trouveraient dedans. Enfin nos officiers et nous mêmes nous avions une grande confiance dans la réussite surtout d’après ce qu’on venait de nous dire car on nous disait même qu’on pouvait prendre les tranchées sans prendre beaucoup de monde et alors depuis le 7 on se tenait prêt pour l’attaque nuit et jour avec une bonne confiance qui ne fut malheureusement pas récompensée C’est alors dans cette attente que nous restions jusqu'à la nuit du 8 au 9 mai puis dans cette nuit comme on nous en avait un peu avertit le soir on nous réveilla a 1 heure du matin pour partir immédiatement. On allait attaquer, on partit donc de Maroeuil vers 1 heure du matin on passa dans les boyeaux et on arrivera vers 4 heures dans nos seconde ligne, puis arrivez là on nous expliqua que notre role était de partir dans l’attaque sur la direction de Thélus qui était aux Boches a environ 2 kilomètre en arrière de leur 1er ligne et on se trouvait alors entre Ecurie et Neuville St Vaast a environ 2 kilomètre au nord d’Arras et autant au sud du Mont St Eloi, puis on devait prendre Thélus, mais il fallait pour cela enfoncer la 1er ligne Boches la seconde puis la 3ème et surtout traverser le fameux Labyrinte de boyeaux dont les Boches en avait fait un vrai endroit fortifié. Pour l’attaque le 1er bataillon du 26ème avec le deuxième formait a eux deux la 1er ligne d’attaque et la deuxième dont deux compagnie du 1er en 1er ligne et deux du second, puis 2 Cie du 1er en seconde  ligne et aussi 2 du second. Et nous le 3ème bataillon comme c’était notre tour nous formions la 3ème ligne d’attaque et toutes ces lignes devait se suivre a une distance d’environ cinquante mètre et pour partir pendant que la 1er ligne se déployait en tirailleur au bout du boyeaux que nous avions creusés entre les tranchées boches et nous la deuxième devait immédiatement se trouver dans ces boyeaux et la 3ème, c’est a dire mon bataillon devait se trouver en 1er ligne et tous prêts a partir c’est a dire en 1er ligne de tranchées et c’est dans cette formation qu’on se trouva en effet au moment de l’attaque malheureusement que sa ne réussit pas. Enfin depuis quatre heures jusqu'à 6 heures du matin on se fit tant bien que mal des abrits contre le bombardement qu’on devait redouter. C’est alors que vers 6 heures notre artillerie commenca son bombardement sur toutes les positions d’infanterie et d’artillerie Allemande. Il fut en effet comme on nous l’avait dit d’une grande intensitée Et il dura jusque vers 10 heures environ c’est a dire l’heure fixé pour l’attaque c’est alors a ce moment qu’on se trouva tous dans la formation qu’on devait être c’est a dire prêts a foncer. Puis a ce moment l’artillerie ralentit son tir et tira plus en arrière et on donna de partout le signal d’attaque alors d’un seul coup toutes les troupes qui se trouvait sur notre gauche partirent en tirailleurs ainsi que nous, mais d'après ce que j’entendis dire là-bas par les hommes et mêmes les sous-officiers le 17ème corps qui se trouvait sur notre droite ne voulut pas sortir des tranchées c’est a dire ne voulut pas attaquer et c’est même d’après les dire de beaucoup pour ce motif que l’attaque échoua en grande partie. Seulement on tint toujours caché le plus qu’on put ces faits, car on dit même qu’on en fusilla pas mal du 17ème pour les punirs mais jamais ceux qui était en arrière ne l'apprirent car sa aurait produit un mauvais effet sur la population. Toujours est-il que les troupes qui se trouvait sur notre gauche avancèrent d’une moyenne d’environ quatre kilomètres certains endroits un peu plus puis d’autres endroits un peu moins, mais enfin elles y arrivèrent assez vite. Au lieu que sur notre droite rien ne bougea comme je vous l’ai expliqué et peut-être malheureusement pour tous et surtout pour mon régiment qui aurait put opérer de flanc si sa avait avancé des deux côtés. Quand a mon régiment tout était prêt et au signal toute la 1er ligne partit elle avait une espace d’environ cent cinquante mètres a franchir. Mais malgré une bonne préparation d’artillerie la 1er ligne Boches n’avait pas de mal et elle se trouvait au contraire criblée de mitrailleuses en face. Ou mon régiment attaquait et on en comptait au moins une trentaine sur une largeur de douze cent mètres, c’est a dire juste la largeur ou mon régiment attaquait car c’était un des endroits que les Boches avait le plus fortifié parce qu’il formait pour eux un point de grande importance et avec cela le terrain allant légèrement en pente de leur côté ce prétait pour ce motif admirablement bien pour eux au tir de leurs mitrailleuses. C’est donc justement ce qui arriva notre 1er ligne partit mais a mesure qu’elle avancait les hommes tombait étant fauchés par la mitraille puis on envoyait pendant un moment du renfort de la seconde ligne mais les hommes tombaient toujours et des sections entières étaient fauchées, cependant quelques uns arrivèrent jusqu'à une trentaine de mètres mais ils ne purent aller plus loin car ils seraient tombés avant d'arriver. C’est alors qu’après une heure environ d’un travail si terrible et voyant qu’autant on en enverrait autant ils en tomberaient les Chefs donnèrent l’ordre d’arrêter l’attaque sur ce point mais ceux qui était en bonne santée ou blessé et qui se trouvaient entre les deux lignes furent obligés d’y rester et beaucoup de ceux-la trouvèrent la mort comme cela car aussitôt qu’ils faisaient un mouvement les Boches tiraient dessus et les achevaient ou les tuaient. C’est ainsi qu’en une heure de temps environ ils firent de terribles ravages dans nos rangs du 1er et 2ème bataillon on comptait prêt de huit cents morts Et plus de quatre cents bléssés en si peu de temps, puis ceux qui purent revinrent le jours mais une bonne partie furent obligés de rester couchés jusqu’à la grande nuit a 30 ou 40 mètres de la ligne Boches et ce n’est que le soir que les rares survivants purent revenir dans nos lignes a la faveur de la nuit quand aux blessés ceux qui pouvaient revenir revenaient mais les autres restaient car ils était impossible d’aller les chercher et c'est ainsi qu’ils durent attendre pour seule délivrance qu’ils pouvaient espérer c’est a dire la mort et pour moi j’en ai vu chose qui m’aurait déchiré le cœur en tout autre circonstance qui remuaient encore le lendemain de l’attaque dans la soirée. Et c’est justement ce qui ma le plus frappé ainsi que les cris des mourants qu’on entendait a tout instant et qu’on était impuissants a secourir. Enfin parlons plus tôt de l’action comme tout était arrêter dans notre attaque mon bataillon qui était prêt a aller partir en tirailleur n’eut pas besoin d’y aller alors on ne sortit pas de la tranchée et au contraire on se recula a environ cinquante mètres Dans les boyeaux qu’on occupait en arrivant le matin et c’est ceux qui restaient du 1er et 2ème bataillon qui occupèrent la tranchée de 1er ligne ou ils restèrent même plusieurs jours sans en bouger afin de pouvoir se reformer avec des renforts. Quand a nous le 3ème bataillon qu’on avait presque pas eut de perte pendant l’attaque on resta dans nos boyeaux jusqu'à environ sept heures du soir. Puis a cette heure la comme il venait d’arriver un ordre d’attaque on partit dans la direction de la route de Neuville St Vaast car on avait ordre d’essayer de les prendrent de flan en partant en tirailleur dessus la route d’Ecurie a Ablain St Nazaire puis on partit jusqu'à environ cent mètres des Boches et on venait de faire environ deux cent cinquante mètres en tirailleur, puis arriver la un ordre nous fut donné de se faire avec un peu de terre des abris individuels puis on nous redit plus rien alors lorsqu’on vit arriver minuit et 1 heure du matin on juja bon d’approfondir nos trous Au cas ou on resterait le lendemain et c’est justement ce qui arriva c’est alors qu’on se trouva content d’avoir creusé et fait de nos abris une petite tranchée d’environ 1 mètre de profondeur et d’environ 0m,80 de largeur. Car pour celui qui ne le saurait pas il est bon dire qu’on ne peut faire ce travail que la nuit ou a peu près car si on le fait le jour en jetant la terre il n’y a rien de telle pour se faire repérer de l’artillerie qui peut par ce moyen apprécier la distance et ensuite elle ne cesse de nous arroser d’obus c’est pour cela que vous comprendrez qu’on est obligé de ne pas bouger le jour et surtout de ne pas se faire voir les 1er et les plus prudentes choses pour un fantassin. Puis pendant que le 1er et le 2ème bataillon était dans les tranchées de 1er ligne ou on les a laissés. Nous autres le 3ème on resta cinq ou six jours dans notre boyeaux puis ensuite on nous mena en 1er ligne toujours sur le flanc mais un peu plus haut et on nous changea d’ailleurs souvent d’endroit. Jusqu’au 20 au soir ou on nous fit partir de la tranchée pour aller occuper un boyeau qui se trouvait a environ deux cents mètres en avant de la tranchée et qui y aboutissait par un bout et a l’autre. Tout se croisait avec un boyeau Boche. Ce boyeau avait environ quatre cents mètres de long on nous y envoya un peloton. C'est a dire soixante hommes environ. Puis on l’occupa comme on nous avait donnez l’ordre sur une distance d'environ cent cinquante mètres a partir du boyeau Boches. Il est donc facile de comprendre qu’il restait environ deux cent cinquante mètres de boyeau entre nous et notre première tranchée qui était inoccupée et on se trouvait par ce fait isolé des autres et a côté des Boches puisque les boyeaux se croisaient. Aussi tout ainsi que notre lieutenant voyait qu'on se trouvait dans une très grave situation, mais malgré tout il fallait y rester et c’est ainsi qu’en arrivant dedans le boyeau malgré qu’on fut exténués de fatigue il fallut l’arranger un peu et se creuser un petit abri contre l’artillerie car le lendemain il ne fallait pas travailler et surtout ne pas se faire voir La moindre chose car l’artillerie tappait déjà assez et c’est ainsi qu’on attendit ce qui arriverait, mais on comprenait bien que si les Boches nous avait attaqués on avait beaucoup de hasard d’être pris comme des rats et on se demandait pourquoi on nous avaient envoyé dans un tel endroit et plusieurs fois notre lieutenant fit son possible pour qu’on nous en sortent mais il ne réussit pas. C’est alors qu’on attendit jusqu’au 21 au soir qu’on vint nous dire qu’on devait attaquer avec un peloton de la 10ème compagnie qui se trouvait a notre gauche et plus en arrière puisque l’attaque aurait lieu vers 1 heure du matin mais qu’il fallait se tenir prêts. Puis vers 10 heures du soir une assez forte attaque Boches se déclancha tout d’un coup a environ 200 mètres sur notre gauche puis fit rage pendant une demie heure environ ou les balles sifflaient de partout et c’est gracé a notre 75 qu’elle fut enfin arrêté. Mais comme sa tappait tout de suite a côté de nous on nous fit tout mettre en éveil au parapet baïonnette au canon et le fusil approvisionné et prêt a faire feu car c’était a craindre qu’ils attaquent aussi qur nous et d’en cet endroit on n’avait pas de boyeaux en arrière pour se sauver au cas ou on aurait pas put résister aussi on aurait été obligés de se défendre jusqu’au bout et c’est pour cela qu’il était bon de ne pas se laisser surprendre mais tout aller encore pour le mieux car les Boches nous attaquèrent pas mais ils veillaient sérieusement en face nous craignant aussi qu’on attaque. Car qu’en sa tappe d’un côté il bien a craindre que sa se cogne bientôt a côté et pour celui qui ne le sait pas il est bon dire que a peu-près chaque fois que les Boches attaquent nous contre-attaquons alors comme ils venaient d’attaquer ils s’en méfiaient. Et comme on avait recu ordre le soir de tacher de les prendre par surprise on pensait qu’après cette attaque Boches a gauche de nous notre attaque en face nous n’aurait pas lieu car après un coup comme cela il ne fallait plus penser de les prendrent par surprises car ils se tenaient surement sur leurs gardes. Mais malgré tout l’heure d’attaque arriva sans qu’on reçu aucun contrordre. Alors lorsque arriva une heure on s’équipa au complet on mit le sac au dos et notre Sous-Lieutenant et nos sergent donnèrent l’ordre de partir tout en faisant le moins de bruit possible car le terrain malgré la légère pente allant du côté Boche se prêtait encore assez pour se cacher parce que sur les 200 mètres environ que nous avions a franchir. Seulement une quarantaine en arrivant au Boches se trouvait en terrain découvert mais avant c’était un grand champ de vieilles betteraves qui n’avait pas put être arrachées a l’automne précédent et dont les feuilles avaient bien repoussées de près de 50 centimètres. Aussi se trouvait-on ancore assez caché et jusqu’au terrain découvert les Boches ne faisaient que tirailler comme ils en ont l’habitude mais pas de trop. Seulement comme on devait approcher en rampant jusqu'à une quinzaine de mètres de leurs tranchées, ils nous découvrirent tout de suite en débouchant des betteraves et c’est alors qu’ils nous arrosèrent de balles avec leurs [?] et leurs mitrailleuses qui exécutèrent sur nous un tir croisés car leur tranchée faisait le demi cercle puis on se trouvait a une jolie porté de fusil aussi leur tir fut-il bon car malgré que c’était la nuit il nous voyaient comme le jours avec leur fusées éclairantes qu’ils lancaient en masses sans discontinuer. Aussi les balles nous sifflaient comme des mouches autour des oreilles mais malgré cela nous avancions jusqu'à une vingtaine de mètres a peine ou je fut blessée juste au moment ou on allait y aller a la baïonnette. Alors je laissa mon sac sur place et je me traina un peu en arrière ou je trouvait un trou d’obus alors là je quittait tout mon fourmiment pour essayer de me sauver comme je pouvait car les balles sifflaient sans discontinuer et durent comme grêle puis avec cela je perdais assez de sang et je craignais qu’après cinq mois de fatigue et tout cela les forces viennent a me manquer. Mais enfin grâce a Dieu tout alla encore pour le mieux et je réussis enfin a atteindre le boyeau d’ou on était partit. Alors la je me trouvais a l’abri au moins des balles puis je le suivis jusqu'à notre tranchée de la 1ère ligne ou je fit encore une centaine de mètres pour trouver un camarade qui avec mon paquet de pansement me donna les premiers soin c’est a dire banda ma blessure ou le sang coulait afin de l’arrêter un peu. Il était temps car en plusieur fois pendant qu’ils me pensait mes forces faillirent me manquer mais je rassemblait tout mon courage et aussitôt mon pansement fait au lieu d’attendre la que les brancardiers viennent me chercher je partit résolument a Maroeuil endroit situé a environ 4 kilomètres au moins et ou se trouvait l’infirmerie. Je partit donc dans les boyeaux ou je trouvait des hommes du génie qui s’en allèrent assez loin quand-moi et un voulut me donner a manger et a boire. J’acceptai un œuf avec du pain et deux canon de bière. Puis je repartit tout seul a travers champ car le petit jour commencai a venir et je trouva d’ailleurs assez bien mon chemin grace au artilleurs qui se trouvait partout en arrière et a qui je demandait puis finalement j’arrivai a Maroeuil a 4 heures du matin environ. Alors là je trouvais l’infirmerie ou les majors me firent asseoir puis me donnèrent a boire car encore une fois malgré moi les forces semblaient encore vouloir me trahirent mais je tins bon et vers cinq heures deux majors regardèrent ma blessure d’ou le sang sortait toujours. Ils la trouvèrent assez grave puis ils me dirent que j’avais en effet eu une forte hémorragie de sang mais que ce n’était pas très sur que l’os fut touché alors ils lavèrent un peu la plaie et me refirent mon pansement car le mien était baigné de sang puis me firent coucher sur un brancard pour m’envoyer immédiatement pour être visiter encore une fois a Aubigny petite ville un peu plus a l’arrière car tous ceux dont l’étât parraissait un peu grave était revisiter a Aubigny avant d’embarquer pour partir. J’attendis donc demie heure environ puis on m’embarqua dans une auto avec cinq autres camarades des plus blessés couchés sur des brancards les uns accrochés au-dessus des autres Puis on partit pour Aubigny qui se trouvait a 15 kilomètres environ et ou on n’arriva vers 6 heures. Alors la on nous emporta a l’ambulance ou j’attendis jusqu'à 7 heures environ puis un major vint me défit mon pansement qui était trempé de sang et examina ma blessure qu’il jugea pas trop grave car il me dit que l’os ne devait pas être touché mais que j’étais faible et qu’il faudrait un peu manger. Puis il m’aida a quitter ma flanelle ma chemise et mon tricot parce que tout était trempé de sang puis il me nettoya ma blessure et me refit mon pansement puis me donna une autre chemise qu’on m'aida a prendre et c’est tout ce que je gardais sur moi avec ma capote car sa ne faisait d’ailleurs pas froid. Puis vers 10 heures j’alla manger et boire et ensuite je me reposa jusqu'à 4 heures environ ou on vint me réveiller parce qu’on allait nous embarquer on nous remmena donc en auto jusqu'à la gare ou on nous embarqua dans le train sanitaire qui était en train de se former jusqu'à ce qu’il y eut assez de blessés pour compléter le train. Puis vers 7 h 30 du soir comme le train était complet on partit dans la direction de Paris et on pensait qu’on nous menait a Bordeaux mais on alla plus loin. Voici d’ailleurs les principales villes que j’ai passées : « Amiens, Montdidier, Clermont, Creil, Beaumont (sur Oise), Ecouen, Le Bourget, Paris, Juvisy, Essonnes, Etampes, Angerville, Artenay, Orléans, Angers, Poitiers, Angoulème, Bordeaux et Pau ou je suis arrivé a 9 heures du matin environ le 25 mai 1915. Seulement j’ai oublié de marquer beaucoup de villes car en chemin je dormait car j’étais très fatigué. Puis comme on s’arrêta assez longtemps au Bourget pour qu’on nous donnent a manger on me fit refaire pour la quatrième fois mon pansement car malgré l'épaisseur de coton qu’on mettait toutes les fois il était encore trempé de sang et sa tachait la chemise autrement j’ai très bien supporté le voyage.

    Quatrième résumé
    Souvenirs de Belgique.

    Comme j’ai passé l’hiver en Belgique, je suis très content de pouvoir en parler un peu car pour ma part je puis le dire j’ai emporté une très bonne impression de la population Belge quoique je ne veuille pas dire de la population entière mais des vrai Belges car la Belgique et peuplée aussi de beaucoup d’Allemands d’Hollandais de Polonais, Français et autre mais après les Belges c’est surement les Allemands qui s’était le plus implanté en Belgique et c’est pour cela qu'on y trouvait tant d’espions. Maintenant les Belges n’ont pas de langues nationnale ce qu’on y parle c’est principalement le flamand espèce de parler qu’on cause aussi dans tout le Nord de la France, mais on y trouve l'Allemand le Français l’Hollandais. D’ailleurs le Flamand est presque le même que l’Allemand. Mais d’après ce qu’il ma parut je crois qu’on aurait maintenant beaucoup de tendance a vouloir causer le Français car déjà un grand nombre de Belges le causait assez couramment et le comprenait a peu près tout quoique au début lorsque on était arrivé très peu le comprenait mais ils l’apprenait très vite car ils aimait bien les Français et ils s’apliquait beaucoup a comprendre notre langue et a la parler au lieu qu’ils n’essayait pas d’apprendre la langue Anglaise car ils nous aimait bien mieux qu’eux et ont était ont peu le dire presque mieux vu que leurs propres soldat car il avait une grande confiance en nous parce qu’il savait que le Français est bon soldat et ils était bien plus en suretée avec nous qu’avec les Anglais. Surtout qu’ils connaissait très bien le 20ème corps car il savait que leur roi Albert 1er l’avait demandé comme étant des meilleur corps d’armée Français et il n’avait jamais oubliez que c’était ce corps d’armée qui avait arrêté les Boches dans leur terrible offensive sur Ypres et le canal de l’Yser leur de la 1er offensive c’est-a-dire vers la fin d’Aout et au mois de septembre 1914 ou les Allemands avait ordre de franchir l’Yser coute que coute et ou les notres leurs infligèrent des pertes énormes et tinrent bon malgré la tempète de mitraille qui pendant plus de huit jours faisait rage, mais malgré cela et les grosses perte qu’on subit aussi les Allemands n’allèrent pas plus loin malgré qu’a certains endroits ils passèrent le canal mais les notres leurs firent repasser lestement et ensuite les poursuivirent jusque assez loin d’Ypres et du canal pour qu’ils ne puissant plus bombarder la ville avec leurs petites pièces aussi les Allemands éprouvèrent de telles pertes qu’ils ne recommencèrent pas l’expérience jusqu’au 22 avril 1915 car depuis 6 jours on était partit et il attaquèrent les Anglais qui nous avait remplacés en se servant de leurs gazs asphisiant. Mais jamais il n’attaquèrent sur nous aussi les Belges avaient une grande confiance sur nous car il connaissait la valeur du 20ème qui était formés de la division de Nancy et de la division de Toul qu’on appelait les Divisions de fer, aussi lorsqu’on partit ils était ennuyés et ils nous regardait partir d’un air triste car sil était en suretée d’un côté avec nous ils nous aiment aussi lorsqu’on était cantonnés chez eux car ils nous trouvaient très familiers au lieu qu’ils aimait pas les Anglais qui sont plutôt fiers, hautains, froids et qui veulent être les maitres partout parce que il se croit plus que les autres qui se battent avec eux, malgré qu’il faut le dire les Anglais ont un haut sentiment du devoir surtout de la fraternité car ils sont mêmes généreux pour donner beaucoup de petites choses a leurs camarades étrangers et surtout ils soignent mieux même que nous nos blessés ou tout ceux qui ont besoin de soin et ils sont toujours prêts a rendre service et même a se dévouer pour n’importe qui mais comme je l’ai dit plus haut ils aiment a rester les maitres partout. Aussi j’ai été très content de vivre au milieu de ces braves Belges qui était courageux quand même au milieu de leurs désastres et qui a part quelques uns comme partout nous avaient pas très bien recu mais je parle qu’en générale on était bien vu. Et sur la fin ils venaient dans toutes les maisons pour nous vendres beaucoup de choses dont ont pouvait avoir besoin et ils étaient très familliers et très aimable avec nous. Maintenant ont peut dire que les Belges sont très économes et aiment beaucoup leurs pays et c’est une nation qui vient d’être appelées a devenir très prospère car la terre y ait bonne rapporte beaucoup et on y emploi les outils et les machines les plus modernes et les mieux perfectionnées puis avec cela les Belges aiment beaucoup le progrès et voyagent beaucoup en France pour remporter chez eux ce qu’ils y apprennent. Mais malgré tout le Belge et très attaché aux anciennes traditions il aime son Roi et son Dieu aussi la population est très Chrétienne et a peu près tous les jours matin et soir toutes la famille et enfin tout les habitants de la maison se réunissaient pour faire la prière en commun au milieu de nous tous qu’on était en train de se chauffer autour de leurs fourneaux et causer avec eux un moment et ils n’y manquait jamais dans n'importe quelle maison Quand au maisons de villages elles sont toutes construites en briques et couvertes en tuiles rouges et aussi une bonne partie des maisons de campagne mais beaucoup de petites maison en campagne sont encore construites en chaume et couvertes en paille même certaines maisons qui sont batît en briques sont couvertes en paille car on ne peut pas trop y faire de maison en terre car la terre ne se tient pas et le sol ne s’y prêtent pas car l'eau s’infiltrent très peu profond alors le terrain n’est pas ferme. Aussi il est très rare de voir de haute maison mais le sol y très fertile parce que jamais les plantes ne manquent d’eau et en creusant seulement 40 ou 50 centimètres il n’est pas rare de la trouver et ce fait est produit par rapport au pays qui est plat et partout ou j’ai voyagé ce n’était que de grandes plaines aussi ou l’on veut faire une route qui soit bonne on est obligé de toute la faire en grosses pierres carrées telle que beaucoup de rues de nos villes comme Villefranche par exemple mais malgré cela les voies de communications par routes sont assez nombreuses et par chemin de fer aussi. Dans tous les villages les maisons sont très propres mais dans la campagne c’est a peut près comme chez nous Dans ce pays on trouve la très belle race de cheveaux flamands et la même race de belle vaches rouges mais très peu de bœufs car c’est les cheveaux qui font tout et je n’y ait jamais vu de bœufs mais ont peut dire que tous les animaux domestiques qu’ont y élèves sont de bonne race et en généralitée on les nourrit bien. La grande culture est le blé et comme chez nous l’avoine la pomme de terre les betteraves, les raves, etc…. puis le lin et le houblon car on y boit en partie que de la bière et il y a beaucoup de houblonnières puis on y cultive aussi le tabac et certains endroits sont aussi en bois mais on brule principalement du charbon mais a peu près partout les récoltes sont belles puis comme il n’y a pas beaucoup de vigne on y boit très peu de vin mais on y boit de la bière et on y vit principalement de tous les produits domestiques et des légumes du jardin et on achète pas beaucoup d’autres aliments quand au pain c’est du pain bis fait avec la farine de froment et de seigle mais malgré cela il n’est pas mauvais, aussi grace a toutes ces habitudes de rusticitée la vie est bien moins cher qu’en France car pour un franc on peut se payer un bon diner quoique un peu plus simple que chez nous car d’ailleurs tout et toutes les habitudes y sont simples et tout est presque 2 tiers moins chers que chez nous. Oui partout on y garde de vielles habitudes et c’est dans ce pays qu’une bonne partie des moulins sont des moulins a vent ou chaque paysans mène son sac de blé et remmène en se retournant son sac de farine. Quand a la population comme je l’ai déjà dit elle est très catholique et tout le monde respecte le dimanche et assiste aux offices aussi on y trouve de belles églises et tout est appelé a devenir prospère telle que les ville car j’ai traversé bien souvent Ypres et c’est une jolie petite ville aux maisons toutes en briques et ou on trouvent beaucoup de jolis monuments et de beaux chateaux puis des usines et enfin tout dans le même genre que nos villes mais avec des maisons en parties un peu moins hautes que celles de nos villes. Puis c’est a Ypres qu’aboutit le joli canal de l’Yser et le petit fleuve du même nom qui servent tout deux a alimenter en eau toutes les usines ou autre batiment. Je termine donc en disant encore une fois que j’ai remporte un bon souvenir de la Belgique

    Cinquième résumé
    Hiver 1915 et la France.

    L’hiver que j’ai passé en Belgique fut assez dur quoiqu’il ne fit pas très froid car il pleuvait souvent et alors avec les mauvaises tranchées que nous avions on était souvent tout mouillé et ensuite qu’en on allait au repos on était mal couché car on avait a peu près pas de paille et celle qu’il y avait était achée sentait mauvais puis avec cela remplie de poussière et de vermine car les Boches avait tout détruit au moment de leur 1er avance sur Ypres aussi c’est assez souvent les premiers temps qu’on ne trouvait même pas a manger car sur la fin beaucoup d’habitants étaient revenus et nous vendait tout ce qu’il pouvait. Mais avant souvent qu’on manquait de manger et c’était d’ailleurs tout froid lorsque le cuisinier arrivait a la tranchée car il faisait le manger a au moins 4 kilomètre c’est-a-dire a St Julien aussi souvent lorsque sa gelait qu’on avait pas le courage de manger car sa nous gelaient. Enfin tant bien que mal l’hiver se passe quoique je fus très malade vers la fin de Mars, je ne mangeais plus et je n’avais plus la force de me tenir debout mais malgré cela il fallut toujours marcher et souvent nuit et jour. Aussi mes camarades ne croyait pas que je m’en tirerait et plusieur fois ils portèrent mon sac en se le passant a tour de role. Puis petit a petit vers le milieu d’avril j'allais mieux je repris appétit et je tint le coup malgré que je n’était encore guère costaud jusqu’au 22 mai jour ou je fut blessé puis c’est justement pour cela que j’était si faible lorsque j’ai eu perdu du sang. Maintenant tout l’hiver fut dur car souvent qu’il fallait travailler toute la nuit et le jour il fallait veiller ou marcher si on était au repos et il m’est arrivé de rester 6 heures le sac sur le dos trempé de sueur et ensuite s’arrèter deux heures la nuit dans l’eau et dire que sa gelait a fendre l’âme avec une bise glaciale aussi c’est des pieds que j’ai le plus souffert car on était presque toujours dans l’eau aussi a polusieurs fois ils faillirent me gelés comme des raves. Et il fallait travailler souvent à ranger les tranchées car la terre ne tenait pas et le plus souvent la tranchée était simplement un talu qu’on faisait en avant et derrière il n’y avait rien. Aussi malgré tout on ne regrette pas trop la Belgique car dans le Pas de Calais on trouva un assez bon acceuil et on ne fut pas mal pendant les quinze jour qui suivirent notre arrivé car le jours on se nettoyait et on faisait l’exercice puis on changeait aussi tous les deux trois jours d’endroits alors c’était des marches de nuits d'une quinzaine de kilomètres mais malgré cela on ne se plaignait pas. Jusqu’au 1er mai ou il fallait aller de Mareuil faire des boyeaux un peu partout et toutes les nuits puis dormir un moment avant midi et ensuite passer des revues. Ce fut comme cela jusqu’au 9 mai ou l’on partit pour l’attaque a 1 heure du matin et ensuite c’était encore pire car il fallait aller de boyeaux en boyeaux et travailler la nuit puis le jour il ne fallait pas compter dormir car les obus pleuvait drus et ce fut ainsi jusqu’au 22 ou on ne faisait qu’un repas par jour le soir et on resta les trois premiers jours sans vivre ni boisson a bout de force lorsque je suis partis

    Sixième résumé
    Fable de France.

    Les notres      Les votres…

      C’est un jeune bandit, tout jeune, imberbe et blond
      L’œil oblique et fuyant, sous un front en surplomb
      Il est un peu voleur, assez incendiaire
      Il vient d’assassiner une vieille rentière
      Et ce n’était pas la, d’ailleurs, son coup d’essai
      Il étrangla pour rire, un enfant, qui passait,
      Un jour sur une route. Une autre fois, le drille
      A coupé les deux mains d’une petite fille
      Il est heureux. Il boit et croit en Dieu …. Pourtant
      Quelqu’un, la vu tuer un prêtre a bout portant
      On ne le punit point, sa renommée est grande
      Car il est Lieutenant dans l’armée Allemande.

      Voilà nos officiers, monsieur, Guillaume Deux :
      Ils ont de beaux habits, ils sont nobles, pieux,
      Ils égorgent très bien, entre deux patenôtres :
      Je ne sais pas pourquoi, voyez-vous, j’aime mieux
              Les notres

      Quand dans la ville prise, après l’âpre combat,
      L’on voit des galonnés pétroler un grabat
      D’autres qui, pleins de vin, sous les tables se vautrent,
      Ce sont   Et vous donnez la croix aux plus goujat
              Les votres

      Mais quand au premier rang dans la rouge moisson
      Des chefs chargent, avec au cœur une chanson
      Et tombent les premiers pour entrainer les autres,
      Monsieur Guillaume Deux, ces officiers, ce sont
              Les notres   !

      Quand révolver au poing, derrière ces valets
      Que vous appelez des soldats        Dieu qu’ils sont laids
      Des gradés crient : « Forvaerts ! Forvaerts ! », les bons apôtres
      Monsieur Guillaume Deux, ce sont    admirez-les
              Les votres

      Mais la terre de France, ou coula sans merci
      Tant de de sang noble et pur, quand dans le champ noirci
      Refleuriront les blés, les froments, les épeautres,
      Dira comment ont sut mourir et vaincre aussi
              Les notres   !

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    Plan du secteur d'attaque du 26e RI lors de l'offensive d'Artois, établi par Claude Parron (cliquer sur l'image pour agrandir)