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Carnet de guerre de
Claude Parron
septembre 1914 - mai 1915
édité par Jean-François Ansoud
Introduction
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Né le 27 octobre 1894 à Villeneuve,
dans l'Ain, Claude Parron est issu d'une
famille de cultivateurs très modeste
de 5 enfants (3 garçons et 2 filles :
Claudine née en 1890, Claude né en 1894,
Jean-François né en 1898, Louise née
en 1901, Pierre). En 1914, il travaille
sur la ferme familiale, au lieu dit
« les Amaries ». Le père de Claude est
déjà décédé. Claude survivra à la
guerre, mais décèdera le 31 août 1919
de la tuberculose, probablement une
suite de la pleurésie chronique contractée
dans les tranchées.
Les pages qui suivent reproduisent
le cahier qu'il a rédigé entre le 22
juin et le 5 août 1915. Le texte a été
scrupuleusement respecté, ce qui explique
les fautes d’orthographe et de syntaxe.
Dans un souci de clarté, les noms de
lieux ont toutefois été rectifiés et
restitués dans leur forme actuelle.
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Parron
Claude Classe 1914 Commencé le
22 juin 1919 Souvenirs
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Tenant à réunir dans un même cahier
tout ce qui m’a rappeler mon entrée
au service militaire et en même temps
la fameuse campagne 1914-15. J’ai
donc écris ceci comme le meilleur souvenir
de toute ces choses pour moi et en même
pour ma famille et enfin tout ceux dont
ces lignes pourrait leur faire plaisir
à lire en pensant à tant de choses qui
se sont passées. C’est donc tout le
sujet de ces lignes que vais commencée
en ayant soins de mettre ma signature
en dessous chaque chapitre ou plutot
chaque résumé pour attester que tout
ceci a bien été fait par moi.
Parron Claude né a Villeneuve (Ain)
le 27 octobre 1894.
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Premier
résumé De mon arrivée
a mon départ sur le front
Je suis parti de chez
moi la nuit du 3 au 4 septembre
1914 pour rejoindre le 44ème
de ligne qui tenait garnisson
à Lons-le-Saunier Alors
depuis le 4 jusqu’au 20
environ je suis resté a
Lons-le-Saunier au dépôt
et ce jour-là je suis partit
au camp du Valdalion pour
y faire mes classes.. Puis
je suis revenu à Lons-le-Saunier
le 6 novembre environ ou
je suis resté jusqu'au 28
décembre a 8 heures ¼ heure
ou je partais pour rejoindre
le 26ème. Pendant tout
ce temps la ce fut la vie
de caserne et je ne fut
encore pas trop mal au depôt
je couchais toujours dans
un lit et au camp dans un
sac à viande une paillaisse
est un isolateur puis revenu
au dépôt j’eu deux permission
une de 48 heures et l’autre
de 24 juste le jour avant
de partir. Puis c’est
tout.
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Deuxième
résumé Ce que j’avais
sur moi et en tenue de campagne
Sur moi, deux flanelles
une chemise trois ceinture.
Des médailles chapelet et
scapulaires. Deux cravates,
des épingles de sureté mon
porte-monnaie, un couteau,
un mouchoir une pipe, un
tricôt, un veston, un calecon
deux pantalons deux paires
de chaussettes, une paire
de souliers, une paire de
jambières un képi et un
couvre-képi un cache-nez,
une capôte, un passe montagne
un calôt une paire de gants,
une paire de manchettes,
un décrassoir, des ficelles,
deux crayons, deux carnets
du papier a lettre, mon
livret, un paquet de pansement,
ma correspondance, une patte
d’épaule des bretelles.
En plus, « Tenue de Campagne » Mon
fusil, mon bidon, mon équipement
c’est-a-dire Bretelles de
suspension et cartouchières
et épée baïonnette, ma musette
qui contient, fourchette,
cuillère, quart, gamelle,
pain et vivre, mon sac,
une chemise, une flanelle
un calecon, deux boites
de singe, douze biscuits
du chocolat, une boite,
une baguette et une brosse
à fusil, une couverture,
une peau de mouton un bidon
de campement, un outil,
une toile de tente quatre
mouchoirs, un cache-nez,
une trousse a raccommoder,
un torchon, un savon, trois
paires de chaussettes, du
coton, quatre paquet de
cartouches, du philopate,
des ficelles de toile de
tente, du tabac. Puis
150 cartouches en temps
normal en campagne et 250
pour une attaque qu’on met
dans la musette et dans
les cartouchières puis aussi
dans le sac. A tout cela
on pourrait encore y ajouter
certains petits objets sans
importance. Mais enfin
ce que j’ai marqué c’est
tout ce que j’avais lorsque
je suis partit je n’y ai
rien ajouter ni rien sortit.
Ceux qui liront ces lignes
verront que ce n’est pas
étonnant qu’on évaluent
a trente cinq kilogrammes
environ le chargement complet
d’un fantassin en campagne.
Maintenant c’est a vous
de juger et d’en penser
ce que vous voudrez. Pour
moi je sais que trop ce
qu’il en ai Donc au revoir
a tous
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Troisième
résumé De mon départ
au front à mon retour a
l’hopital
Pour en revenir au fait
je laissais donc le 44e
et le 28 décembre a 8heures
moins ¼ je quittais la caserne
de Lons-le-Saunier pour
aller embarquer pour rejoindre
mon nouveau régiment auxquel
je venais d’être versé c’est
a dire le 26ème de ligne
dont la garnison était a
Nancy mais qui avait été
transféré a Mâcon endroit
ou je le rejoignit. Pendant
deux jours je couchais dans
les granges et le 30 décembre
a 4 heures de soir je quittais
Mâcon tout équipé au complet
avec 120 cartouches et j’embarquais
pour direction inconnue
quoique que je me doutais
bien qu’on allait nous mener
en Belgique car le 26ème
y était. Puis comme on
s’en doutait on nous mena
en Belgique et voici les
principales gares que j’ai
passé pour y aller, Mâcon,
Chalons, Dijon, Laroche[-Saint-Cydroine],
Joigny, Sens, Montereau,
St Mammès, Fontainebleau,
Melun, Montgeron, Villeneuve
St Georges, Paris-Est, Le
Bourget, Amiens, Abbeville,
Boulogne sur mer, Calais,
Bourbourg, Dunkerque puis
Bergues ou on a débarqué……
Récapitulation….. J’avais
finit de couché dans un
lit le 25 Octobre c’est
a dire la nuit de Noël et
c’est chez moi étant en
permission que j'avais arrêté
de coucher c’est a dire
dans mon lit. Ensuite j’ai
passé le 27 octobre chez
moi et la nuit du 27 au
28 en chemin de fer ensuite
j’ai couché dans les granges
a Mâcon et lorsque nous
sommes débarqués a Bergues
j’ai été cantonné dans un
village a environ 15 kilomètres
de ce dernier appelé Oost-Cappel
ou on couchait dans les
écuries les remises les
vieilles maisons les granges
enfin de partout. Puis je
suis partit de ce dernier
endroit d’Oost-Cappel le
25 janvier pour aller au
Lion Belge ou on a cantonné
une nuit pour repartir le
26 prendre les tranchées
du côté de Langemark en
avant du canal et de la
maison du passeur. Puis
j’ai fait trois jours dans
ces tranchées et ensuite
on était en réserve d’armée
pendant une quinzaine de
jours. Puis vers le quinze
février on retournait prendre
les tranchées mais plus
du côté de Langemark, cette
fois-ci on allait du côté
de St Julien ou plutôt en
avant de St Julien entre
ce dernier endroit et Roulers
qui était aux Boches a environ
douze kilomètre en avant
d’Ypres pour aller au repos
ou bien sur le canal car
le plus souvent on allait
a Woesten [?], Lessingue
[?], Liverdingue [?], Lion
Belge, Elverdinge, Poperinge,
Oostvleteren en passant
par Wieltje et St Jean puis
on a passé et été aussi
dans beaucoup d’autres endroits
dont je ne me rappelle pas.
Puis on a pris ces tranchées
tout l’hiver sans avoir
trop de pertes et toujours
dans le même secteur dont
on faisait 4 jours de tranchées
et 4 jours de repos jusqu’au
13 avril au soir. Puis le
13 au soir nous avons quitté
les tranchées qui ont été
occupées par des troupes
Anglaises, les Canadiens
et nous sommes aller dans
un petit endroit a côté
de Woesten [?] ou nous
sommes arrivé le matin,
alors nous y avons fait
le café et mangé un peu
Ensuite d’ici nous avons
été sur la grand route a
Woesten [?] pour embarquer
et vers 9 heures nous sommes
partit en autobus. Jusqu’au
environ d’Herzeele et de
la nous sommes partit a
pied jusqu'à Cassel qui
se trouvait a environ 12
a 15 kilomètres de ce dernier
endroit. Puis nous sommes
arrivé vers quatre heures
du soir a Cassel ou nous
avons fait le café et mangé
et nous sommes partit a
la gare pour embarquer par
la vers 7 heures du soir
et a huit heures environ
le train partait pour destination
inconnue. Il faisait un
détour en passant par Calais,
St Omer, Estrées et nous
emmenaient a St Pol ou on
débarquait le lendemain
matin 15 avril vers deux
heures du matin, puis de
ce dernier endroit on partait
pour aller cantonnér dans
un petit village a environ
15 kilomètres de St Pol.
Et de la jusqu’au 28 avril
on cantonnait un peu de
partout et on changeait
souvent de village. Puis
le 28 on partait cantonné
a Maroeuil a environ 4 kilomètres
d’Arras, alors depuis le
28 avril jusqu’au 9 mai
jours de la grande attaque
on allait travailler a faire
des boyeaux un peu de partout
quelquefois entre les 1ère
lignes Boches et les notres,
quoique a partir du 1er
mai le 1er bataillon de
mon régiment était en ligne.
Puis le 7 mai et 8 on sentait
qu’une attaque approchait
et en effet nos officiers
nous en parlait en nous
disant de bien marcher qu’ils
comptait sur nous et que
tout marcherait surement
bien car ils nous avertissaient
qu’ils y avait une préparation
d’artillerie formidable
telles qu’on en avait jamais
vu de si terrible qu’on
comptait envoyer onze cent
coups a la minute et par
ce moyen bouleverser complètement
les tranchées Boches et
abrutir ceux qui se trouveraient
dedans. Enfin nos officiers
et nous mêmes nous avions
une grande confiance dans
la réussite surtout d’après
ce qu’on venait de nous
dire car on nous disait
même qu’on pouvait prendre
les tranchées sans prendre
beaucoup de monde et alors
depuis le 7 on se tenait
prêt pour l’attaque nuit
et jour avec une bonne confiance
qui ne fut malheureusement
pas récompensée C’est alors
dans cette attente que nous
restions jusqu'à la nuit
du 8 au 9 mai puis dans
cette nuit comme on nous
en avait un peu avertit
le soir on nous réveilla
a 1 heure du matin pour
partir immédiatement. On
allait attaquer, on partit
donc de Maroeuil vers 1
heure du matin on passa
dans les boyeaux et on arrivera
vers 4 heures dans nos seconde
ligne, puis arrivez là on
nous expliqua que notre
role était de partir dans
l’attaque sur la direction
de Thélus qui était aux
Boches a environ 2 kilomètre
en arrière de leur 1er ligne
et on se trouvait alors
entre Ecurie et Neuville
St Vaast a environ 2 kilomètre
au nord d’Arras et autant
au sud du Mont St Eloi,
puis on devait prendre Thélus,
mais il fallait pour cela
enfoncer la 1er ligne Boches
la seconde puis la 3ème
et surtout traverser le
fameux Labyrinte de boyeaux
dont les Boches en avait
fait un vrai endroit fortifié.
Pour l’attaque le 1er bataillon
du 26ème avec le deuxième
formait a eux deux la 1er
ligne d’attaque et la deuxième
dont deux compagnie du 1er
en 1er ligne et deux du
second, puis 2 Cie du 1er
en seconde ligne et
aussi 2 du second. Et nous
le 3ème bataillon comme
c’était notre tour nous
formions la 3ème ligne d’attaque
et toutes ces lignes devait
se suivre a une distance
d’environ cinquante mètre
et pour partir pendant que
la 1er ligne se déployait
en tirailleur au bout du
boyeaux que nous avions
creusés entre les tranchées
boches et nous la deuxième
devait immédiatement se
trouver dans ces boyeaux
et la 3ème, c’est a dire
mon bataillon devait se
trouver en 1er ligne et
tous prêts a partir c’est
a dire en 1er ligne de tranchées
et c’est dans cette formation
qu’on se trouva en effet
au moment de l’attaque malheureusement
que sa ne réussit pas. Enfin
depuis quatre heures jusqu'à
6 heures du matin on se
fit tant bien que mal des
abrits contre le bombardement
qu’on devait redouter. C’est
alors que vers 6 heures
notre artillerie commenca
son bombardement sur toutes
les positions d’infanterie
et d’artillerie Allemande.
Il fut en effet comme on
nous l’avait dit d’une grande
intensitée Et il dura jusque
vers 10 heures environ c’est
a dire l’heure fixé pour
l’attaque c’est alors a
ce moment qu’on se trouva
tous dans la formation qu’on
devait être c’est a dire
prêts a foncer. Puis a ce
moment l’artillerie ralentit
son tir et tira plus en
arrière et on donna de partout
le signal d’attaque alors
d’un seul coup toutes les
troupes qui se trouvait
sur notre gauche partirent
en tirailleurs ainsi que
nous, mais d'après ce que
j’entendis dire là-bas par
les hommes et mêmes les
sous-officiers le 17ème
corps qui se trouvait sur
notre droite ne voulut pas
sortir des tranchées c’est
a dire ne voulut pas attaquer
et c’est même d’après les
dire de beaucoup pour ce
motif que l’attaque échoua
en grande partie. Seulement
on tint toujours caché le
plus qu’on put ces faits,
car on dit même qu’on en
fusilla pas mal du 17ème
pour les punirs mais jamais
ceux qui était en arrière
ne l'apprirent car sa aurait
produit un mauvais effet
sur la population. Toujours
est-il que les troupes qui
se trouvait sur notre gauche
avancèrent d’une moyenne
d’environ quatre kilomètres
certains endroits un peu
plus puis d’autres endroits
un peu moins, mais enfin
elles y arrivèrent assez
vite. Au lieu que sur notre
droite rien ne bougea comme
je vous l’ai expliqué et
peut-être malheureusement
pour tous et surtout pour
mon régiment qui aurait
put opérer de flanc si sa
avait avancé des deux côtés.
Quand a mon régiment tout
était prêt et au signal
toute la 1er ligne partit
elle avait une espace d’environ
cent cinquante mètres a
franchir. Mais malgré une
bonne préparation d’artillerie
la 1er ligne Boches n’avait
pas de mal et elle se trouvait
au contraire criblée de
mitrailleuses en face. Ou
mon régiment attaquait et
on en comptait au moins
une trentaine sur une largeur
de douze cent mètres, c’est
a dire juste la largeur
ou mon régiment attaquait
car c’était un des endroits
que les Boches avait le
plus fortifié parce qu’il
formait pour eux un point
de grande importance et
avec cela le terrain allant
légèrement en pente de leur
côté ce prétait pour ce
motif admirablement bien
pour eux au tir de leurs
mitrailleuses. C’est donc
justement ce qui arriva
notre 1er ligne partit mais
a mesure qu’elle avancait
les hommes tombait étant
fauchés par la mitraille
puis on envoyait pendant
un moment du renfort de
la seconde ligne mais les
hommes tombaient toujours
et des sections entières
étaient fauchées, cependant
quelques uns arrivèrent
jusqu'à une trentaine de
mètres mais ils ne purent
aller plus loin car ils
seraient tombés avant d'arriver.
C’est alors qu’après une
heure environ d’un travail
si terrible et voyant qu’autant
on en enverrait autant ils
en tomberaient les Chefs
donnèrent l’ordre d’arrêter
l’attaque sur ce point mais
ceux qui était en bonne
santée ou blessé et qui
se trouvaient entre les
deux lignes furent obligés
d’y rester et beaucoup de
ceux-la trouvèrent la mort
comme cela car aussitôt
qu’ils faisaient un mouvement
les Boches tiraient dessus
et les achevaient ou les
tuaient. C’est ainsi qu’en
une heure de temps environ
ils firent de terribles
ravages dans nos rangs du
1er et 2ème bataillon on
comptait prêt de huit cents
morts Et plus de quatre
cents bléssés en si peu
de temps, puis ceux qui
purent revinrent le jours
mais une bonne partie furent
obligés de rester couchés
jusqu’à la grande nuit a
30 ou 40 mètres de la ligne
Boches et ce n’est que le
soir que les rares survivants
purent revenir dans nos
lignes a la faveur de la
nuit quand aux blessés ceux
qui pouvaient revenir revenaient
mais les autres restaient
car ils était impossible
d’aller les chercher et
c'est ainsi qu’ils durent
attendre pour seule délivrance
qu’ils pouvaient espérer
c’est a dire la mort et
pour moi j’en ai vu chose
qui m’aurait déchiré le
cœur en tout autre circonstance
qui remuaient encore le
lendemain de l’attaque dans
la soirée. Et c’est justement
ce qui ma le plus frappé
ainsi que les cris des mourants
qu’on entendait a tout instant
et qu’on était impuissants
a secourir. Enfin parlons
plus tôt de l’action comme
tout était arrêter dans
notre attaque mon bataillon
qui était prêt a aller partir
en tirailleur n’eut pas
besoin d’y aller alors on
ne sortit pas de la tranchée
et au contraire on se recula
a environ cinquante mètres
Dans les boyeaux qu’on occupait
en arrivant le matin et
c’est ceux qui restaient
du 1er et 2ème bataillon
qui occupèrent la tranchée
de 1er ligne ou ils restèrent
même plusieurs jours sans
en bouger afin de pouvoir
se reformer avec des renforts.
Quand a nous le 3ème bataillon
qu’on avait presque pas
eut de perte pendant l’attaque
on resta dans nos boyeaux
jusqu'à environ sept heures
du soir. Puis a cette heure
la comme il venait d’arriver
un ordre d’attaque on partit
dans la direction de la
route de Neuville St Vaast
car on avait ordre d’essayer
de les prendrent de flan
en partant en tirailleur
dessus la route d’Ecurie
a Ablain St Nazaire puis
on partit jusqu'à environ
cent mètres des Boches et
on venait de faire environ
deux cent cinquante mètres
en tirailleur, puis arriver
la un ordre nous fut donné
de se faire avec un peu
de terre des abris individuels
puis on nous redit plus
rien alors lorsqu’on vit
arriver minuit et 1 heure
du matin on juja bon d’approfondir
nos trous Au cas ou on resterait
le lendemain et c’est justement
ce qui arriva c’est alors
qu’on se trouva content
d’avoir creusé et fait de
nos abris une petite tranchée
d’environ 1 mètre de profondeur
et d’environ 0m,80 de largeur.
Car pour celui qui ne le
saurait pas il est bon dire
qu’on ne peut faire ce travail
que la nuit ou a peu près
car si on le fait le jour
en jetant la terre il n’y
a rien de telle pour se
faire repérer de l’artillerie
qui peut par ce moyen apprécier
la distance et ensuite elle
ne cesse de nous arroser
d’obus c’est pour cela que
vous comprendrez qu’on est
obligé de ne pas bouger
le jour et surtout de ne
pas se faire voir les 1er
et les plus prudentes choses
pour un fantassin. Puis
pendant que le 1er et le
2ème bataillon était dans
les tranchées de 1er ligne
ou on les a laissés. Nous
autres le 3ème on resta
cinq ou six jours dans notre
boyeaux puis ensuite on
nous mena en 1er ligne toujours
sur le flanc mais un peu
plus haut et on nous changea
d’ailleurs souvent d’endroit.
Jusqu’au 20 au soir ou on
nous fit partir de la tranchée
pour aller occuper un boyeau
qui se trouvait a environ
deux cents mètres en avant
de la tranchée et qui y
aboutissait par un bout
et a l’autre. Tout se croisait
avec un boyeau Boche. Ce
boyeau avait environ quatre
cents mètres de long on
nous y envoya un peloton.
C'est a dire soixante hommes
environ. Puis on l’occupa
comme on nous avait donnez
l’ordre sur une distance
d'environ cent cinquante
mètres a partir du boyeau
Boches. Il est donc facile
de comprendre qu’il restait
environ deux cent cinquante
mètres de boyeau entre nous
et notre première tranchée
qui était inoccupée et on
se trouvait par ce fait
isolé des autres et a côté
des Boches puisque les boyeaux
se croisaient. Aussi tout
ainsi que notre lieutenant
voyait qu'on se trouvait
dans une très grave situation,
mais malgré tout il fallait
y rester et c’est ainsi
qu’en arrivant dedans le
boyeau malgré qu’on fut
exténués de fatigue il fallut
l’arranger un peu et se
creuser un petit abri contre
l’artillerie car le lendemain
il ne fallait pas travailler
et surtout ne pas se faire
voir La moindre chose car
l’artillerie tappait déjà
assez et c’est ainsi qu’on
attendit ce qui arriverait,
mais on comprenait bien
que si les Boches nous avait
attaqués on avait beaucoup
de hasard d’être pris comme
des rats et on se demandait
pourquoi on nous avaient
envoyé dans un tel endroit
et plusieurs fois notre
lieutenant fit son possible
pour qu’on nous en sortent
mais il ne réussit pas.
C’est alors qu’on attendit
jusqu’au 21 au soir qu’on
vint nous dire qu’on devait
attaquer avec un peloton
de la 10ème compagnie qui
se trouvait a notre gauche
et plus en arrière puisque
l’attaque aurait lieu vers
1 heure du matin mais qu’il
fallait se tenir prêts.
Puis vers 10 heures du soir
une assez forte attaque
Boches se déclancha tout
d’un coup a environ 200
mètres sur notre gauche
puis fit rage pendant une
demie heure environ ou les
balles sifflaient de partout
et c’est gracé a notre 75
qu’elle fut enfin arrêté.
Mais comme sa tappait tout
de suite a côté de nous
on nous fit tout mettre
en éveil au parapet baïonnette
au canon et le fusil approvisionné
et prêt a faire feu car
c’était a craindre qu’ils
attaquent aussi qur nous
et d’en cet endroit on n’avait
pas de boyeaux en arrière
pour se sauver au cas ou
on aurait pas put résister
aussi on aurait été obligés
de se défendre jusqu’au
bout et c’est pour cela
qu’il était bon de ne pas
se laisser surprendre mais
tout aller encore pour le
mieux car les Boches nous
attaquèrent pas mais ils
veillaient sérieusement
en face nous craignant aussi
qu’on attaque. Car qu’en
sa tappe d’un côté il bien
a craindre que sa se cogne
bientôt a côté et pour celui
qui ne le sait pas il est
bon dire que a peu-près
chaque fois que les Boches
attaquent nous contre-attaquons
alors comme ils venaient
d’attaquer ils s’en méfiaient.
Et comme on avait recu ordre
le soir de tacher de les
prendre par surprise on
pensait qu’après cette attaque
Boches a gauche de nous
notre attaque en face nous
n’aurait pas lieu car après
un coup comme cela il ne
fallait plus penser de les
prendrent par surprises
car ils se tenaient surement
sur leurs gardes. Mais malgré
tout l’heure d’attaque arriva
sans qu’on reçu aucun contrordre.
Alors lorsque arriva une
heure on s’équipa au complet
on mit le sac au dos et
notre Sous-Lieutenant et
nos sergent donnèrent l’ordre
de partir tout en faisant
le moins de bruit possible
car le terrain malgré la
légère pente allant du côté
Boche se prêtait encore
assez pour se cacher parce
que sur les 200 mètres environ
que nous avions a franchir.
Seulement une quarantaine
en arrivant au Boches se
trouvait en terrain découvert
mais avant c’était un grand
champ de vieilles betteraves
qui n’avait pas put être
arrachées a l’automne précédent
et dont les feuilles avaient
bien repoussées de près
de 50 centimètres. Aussi
se trouvait-on ancore assez
caché et jusqu’au terrain
découvert les Boches ne
faisaient que tirailler
comme ils en ont l’habitude
mais pas de trop. Seulement
comme on devait approcher
en rampant jusqu'à une quinzaine
de mètres de leurs tranchées,
ils nous découvrirent tout
de suite en débouchant des
betteraves et c’est alors
qu’ils nous arrosèrent de
balles avec leurs [?] et
leurs mitrailleuses qui
exécutèrent sur nous un
tir croisés car leur tranchée
faisait le demi cercle puis
on se trouvait a une jolie
porté de fusil aussi leur
tir fut-il bon car malgré
que c’était la nuit il nous
voyaient comme le jours
avec leur fusées éclairantes
qu’ils lancaient en masses
sans discontinuer. Aussi
les balles nous sifflaient
comme des mouches autour
des oreilles mais malgré
cela nous avancions jusqu'à
une vingtaine de mètres
a peine ou je fut blessée
juste au moment ou on allait
y aller a la baïonnette.
Alors je laissa mon sac
sur place et je me traina
un peu en arrière ou je
trouvait un trou d’obus
alors là je quittait tout
mon fourmiment pour essayer
de me sauver comme je pouvait
car les balles sifflaient
sans discontinuer et durent
comme grêle puis avec cela
je perdais assez de sang
et je craignais qu’après
cinq mois de fatigue et
tout cela les forces viennent
a me manquer. Mais enfin
grâce a Dieu tout alla encore
pour le mieux et je réussis
enfin a atteindre le boyeau
d’ou on était partit. Alors
la je me trouvais a l’abri
au moins des balles puis
je le suivis jusqu'à notre
tranchée de la 1ère ligne
ou je fit encore une centaine
de mètres pour trouver un
camarade qui avec mon paquet
de pansement me donna les
premiers soin c’est a dire
banda ma blessure ou le
sang coulait afin de l’arrêter
un peu. Il était temps car
en plusieur fois pendant
qu’ils me pensait mes forces
faillirent me manquer mais
je rassemblait tout mon
courage et aussitôt mon
pansement fait au lieu d’attendre
la que les brancardiers
viennent me chercher je
partit résolument a Maroeuil
endroit situé a environ
4 kilomètres au moins et
ou se trouvait l’infirmerie.
Je partit donc dans les
boyeaux ou je trouvait des
hommes du génie qui s’en
allèrent assez loin quand-moi
et un voulut me donner a
manger et a boire. J’acceptai
un œuf avec du pain et deux
canon de bière. Puis je
repartit tout seul a travers
champ car le petit jour
commencai a venir et je
trouva d’ailleurs assez
bien mon chemin grace au
artilleurs qui se trouvait
partout en arrière et a
qui je demandait puis finalement
j’arrivai a Maroeuil a 4
heures du matin environ.
Alors là je trouvais l’infirmerie
ou les majors me firent
asseoir puis me donnèrent
a boire car encore une fois
malgré moi les forces semblaient
encore vouloir me trahirent
mais je tins bon et vers
cinq heures deux majors
regardèrent ma blessure
d’ou le sang sortait toujours.
Ils la trouvèrent assez
grave puis ils me dirent
que j’avais en effet eu
une forte hémorragie de
sang mais que ce n’était
pas très sur que l’os fut
touché alors ils lavèrent
un peu la plaie et me refirent
mon pansement car le mien
était baigné de sang puis
me firent coucher sur un
brancard pour m’envoyer
immédiatement pour être
visiter encore une fois
a Aubigny petite ville un
peu plus a l’arrière car
tous ceux dont l’étât parraissait
un peu grave était revisiter
a Aubigny avant d’embarquer
pour partir. J’attendis
donc demie heure environ
puis on m’embarqua dans
une auto avec cinq autres
camarades des plus blessés
couchés sur des brancards
les uns accrochés au-dessus
des autres Puis on partit
pour Aubigny qui se trouvait
a 15 kilomètres environ
et ou on n’arriva vers 6
heures. Alors la on nous
emporta a l’ambulance ou
j’attendis jusqu'à 7 heures
environ puis un major vint
me défit mon pansement qui
était trempé de sang et
examina ma blessure qu’il
jugea pas trop grave car
il me dit que l’os ne devait
pas être touché mais que
j’étais faible et qu’il
faudrait un peu manger.
Puis il m’aida a quitter
ma flanelle ma chemise et
mon tricot parce que tout
était trempé de sang puis
il me nettoya ma blessure
et me refit mon pansement
puis me donna une autre
chemise qu’on m'aida a prendre
et c’est tout ce que je
gardais sur moi avec ma
capote car sa ne faisait
d’ailleurs pas froid. Puis
vers 10 heures j’alla manger
et boire et ensuite je me
reposa jusqu'à 4 heures
environ ou on vint me réveiller
parce qu’on allait nous
embarquer on nous remmena
donc en auto jusqu'à la
gare ou on nous embarqua
dans le train sanitaire
qui était en train de se
former jusqu'à ce qu’il
y eut assez de blessés pour
compléter le train. Puis
vers 7 h 30 du soir comme
le train était complet on
partit dans la direction
de Paris et on pensait qu’on
nous menait a Bordeaux mais
on alla plus loin. Voici
d’ailleurs les principales
villes que j’ai passées :
« Amiens, Montdidier, Clermont,
Creil, Beaumont (sur Oise),
Ecouen, Le Bourget, Paris,
Juvisy, Essonnes, Etampes,
Angerville, Artenay, Orléans,
Angers, Poitiers, Angoulème,
Bordeaux et Pau ou je suis
arrivé a 9 heures du matin
environ le 25 mai 1915.
Seulement j’ai oublié de
marquer beaucoup de villes
car en chemin je dormait
car j’étais très fatigué.
Puis comme on s’arrêta assez
longtemps au Bourget pour
qu’on nous donnent a manger
on me fit refaire pour la
quatrième fois mon pansement
car malgré l'épaisseur de
coton qu’on mettait toutes
les fois il était encore
trempé de sang et sa tachait
la chemise autrement j’ai
très bien supporté le voyage.
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Quatrième
résumé Souvenirs
de Belgique.
Comme j’ai passé l’hiver
en Belgique, je suis très
content de pouvoir en parler
un peu car pour ma part
je puis le dire j’ai emporté
une très bonne impression
de la population Belge quoique
je ne veuille pas dire de
la population entière mais
des vrai Belges car la Belgique
et peuplée aussi de beaucoup
d’Allemands d’Hollandais
de Polonais, Français et
autre mais après les Belges
c’est surement les Allemands
qui s’était le plus implanté
en Belgique et c’est pour
cela qu'on y trouvait tant
d’espions. Maintenant les
Belges n’ont pas de langues
nationnale ce qu’on y parle
c’est principalement le
flamand espèce de parler
qu’on cause aussi dans tout
le Nord de la France, mais
on y trouve l'Allemand le
Français l’Hollandais. D’ailleurs
le Flamand est presque le
même que l’Allemand. Mais
d’après ce qu’il ma parut
je crois qu’on aurait maintenant
beaucoup de tendance a vouloir
causer le Français car déjà
un grand nombre de Belges
le causait assez couramment
et le comprenait a peu près
tout quoique au début lorsque
on était arrivé très peu
le comprenait mais ils l’apprenait
très vite car ils aimait
bien les Français et ils
s’apliquait beaucoup a comprendre
notre langue et a la parler
au lieu qu’ils n’essayait
pas d’apprendre la langue
Anglaise car ils nous aimait
bien mieux qu’eux et ont
était ont peu le dire presque
mieux vu que leurs propres
soldat car il avait une
grande confiance en nous
parce qu’il savait que le
Français est bon soldat
et ils était bien plus en
suretée avec nous qu’avec
les Anglais. Surtout qu’ils
connaissait très bien le
20ème corps car il savait
que leur roi Albert 1er
l’avait demandé comme étant
des meilleur corps d’armée
Français et il n’avait jamais
oubliez que c’était ce corps
d’armée qui avait arrêté
les Boches dans leur terrible
offensive sur Ypres et le
canal de l’Yser leur de
la 1er offensive c’est-a-dire
vers la fin d’Aout et au
mois de septembre 1914 ou
les Allemands avait ordre
de franchir l’Yser coute
que coute et ou les notres
leurs infligèrent des pertes
énormes et tinrent bon malgré
la tempète de mitraille
qui pendant plus de huit
jours faisait rage, mais
malgré cela et les grosses
perte qu’on subit aussi
les Allemands n’allèrent
pas plus loin malgré qu’a
certains endroits ils passèrent
le canal mais les notres
leurs firent repasser lestement
et ensuite les poursuivirent
jusque assez loin d’Ypres
et du canal pour qu’ils
ne puissant plus bombarder
la ville avec leurs petites
pièces aussi les Allemands
éprouvèrent de telles pertes
qu’ils ne recommencèrent
pas l’expérience jusqu’au
22 avril 1915 car depuis
6 jours on était partit
et il attaquèrent les Anglais
qui nous avait remplacés
en se servant de leurs gazs
asphisiant. Mais jamais
il n’attaquèrent sur nous
aussi les Belges avaient
une grande confiance sur
nous car il connaissait
la valeur du 20ème qui était
formés de la division de
Nancy et de la division
de Toul qu’on appelait les
Divisions de fer, aussi
lorsqu’on partit ils était
ennuyés et ils nous regardait
partir d’un air triste car
sil était en suretée d’un
côté avec nous ils nous
aiment aussi lorsqu’on était
cantonnés chez eux car ils
nous trouvaient très familiers
au lieu qu’ils aimait pas
les Anglais qui sont plutôt
fiers, hautains, froids
et qui veulent être les
maitres partout parce que
il se croit plus que les
autres qui se battent avec
eux, malgré qu’il faut le
dire les Anglais ont un
haut sentiment du devoir
surtout de la fraternité
car ils sont mêmes généreux
pour donner beaucoup de
petites choses a leurs camarades
étrangers et surtout ils
soignent mieux même que
nous nos blessés ou tout
ceux qui ont besoin de soin
et ils sont toujours prêts
a rendre service et même
a se dévouer pour n’importe
qui mais comme je l’ai dit
plus haut ils aiment a rester
les maitres partout. Aussi
j’ai été très content de
vivre au milieu de ces braves
Belges qui était courageux
quand même au milieu de
leurs désastres et qui a
part quelques uns comme
partout nous avaient pas
très bien recu mais je parle
qu’en générale on était
bien vu. Et sur la fin ils
venaient dans toutes les
maisons pour nous vendres
beaucoup de choses dont
ont pouvait avoir besoin
et ils étaient très familliers
et très aimable avec nous.
Maintenant ont peut dire
que les Belges sont très
économes et aiment beaucoup
leurs pays et c’est une
nation qui vient d’être
appelées a devenir très
prospère car la terre y
ait bonne rapporte beaucoup
et on y emploi les outils
et les machines les plus
modernes et les mieux perfectionnées
puis avec cela les Belges
aiment beaucoup le progrès
et voyagent beaucoup en
France pour remporter chez
eux ce qu’ils y apprennent.
Mais malgré tout le Belge
et très attaché aux anciennes
traditions il aime son Roi
et son Dieu aussi la population
est très Chrétienne et a
peu près tous les jours
matin et soir toutes la
famille et enfin tout les
habitants de la maison se
réunissaient pour faire
la prière en commun au milieu
de nous tous qu’on était
en train de se chauffer
autour de leurs fourneaux
et causer avec eux un moment
et ils n’y manquait jamais
dans n'importe quelle maison
Quand au maisons de villages
elles sont toutes construites
en briques et couvertes
en tuiles rouges et aussi
une bonne partie des maisons
de campagne mais beaucoup
de petites maison en campagne
sont encore construites
en chaume et couvertes en
paille même certaines maisons
qui sont batît en briques
sont couvertes en paille
car on ne peut pas trop
y faire de maison en terre
car la terre ne se tient
pas et le sol ne s’y prêtent
pas car l'eau s’infiltrent
très peu profond alors le
terrain n’est pas ferme.
Aussi il est très rare de
voir de haute maison mais
le sol y très fertile parce
que jamais les plantes ne
manquent d’eau et en creusant
seulement 40 ou 50 centimètres
il n’est pas rare de la
trouver et ce fait est produit
par rapport au pays qui
est plat et partout ou j’ai
voyagé ce n’était que de
grandes plaines aussi ou
l’on veut faire une route
qui soit bonne on est obligé
de toute la faire en grosses
pierres carrées telle que
beaucoup de rues de nos
villes comme Villefranche
par exemple mais malgré
cela les voies de communications
par routes sont assez nombreuses
et par chemin de fer aussi.
Dans tous les villages les
maisons sont très propres
mais dans la campagne c’est
a peut près comme chez nous
Dans ce pays on trouve la
très belle race de cheveaux
flamands et la même race
de belle vaches rouges mais
très peu de bœufs car c’est
les cheveaux qui font tout
et je n’y ait jamais vu
de bœufs mais ont peut dire
que tous les animaux domestiques
qu’ont y élèves sont de
bonne race et en généralitée
on les nourrit bien. La
grande culture est le blé
et comme chez nous l’avoine
la pomme de terre les betteraves,
les raves, etc…. puis le
lin et le houblon car on
y boit en partie que de
la bière et il y a beaucoup
de houblonnières puis on
y cultive aussi le tabac
et certains endroits sont
aussi en bois mais on brule
principalement du charbon
mais a peu près partout
les récoltes sont belles
puis comme il n’y a pas
beaucoup de vigne on y boit
très peu de vin mais on
y boit de la bière et on
y vit principalement de
tous les produits domestiques
et des légumes du jardin
et on achète pas beaucoup
d’autres aliments quand
au pain c’est du pain bis
fait avec la farine de froment
et de seigle mais malgré
cela il n’est pas mauvais,
aussi grace a toutes ces
habitudes de rusticitée
la vie est bien moins cher
qu’en France car pour un
franc on peut se payer un
bon diner quoique un peu
plus simple que chez nous
car d’ailleurs tout et toutes
les habitudes y sont simples
et tout est presque 2 tiers
moins chers que chez nous.
Oui partout on y garde de
vielles habitudes et c’est
dans ce pays qu’une bonne
partie des moulins sont
des moulins a vent ou chaque
paysans mène son sac de
blé et remmène en se retournant
son sac de farine. Quand
a la population comme je
l’ai déjà dit elle est très
catholique et tout le monde
respecte le dimanche et
assiste aux offices aussi
on y trouve de belles églises
et tout est appelé a devenir
prospère telle que les ville
car j’ai traversé bien souvent
Ypres et c’est une jolie
petite ville aux maisons
toutes en briques et ou
on trouvent beaucoup de
jolis monuments et de beaux
chateaux puis des usines
et enfin tout dans le même
genre que nos villes mais
avec des maisons en parties
un peu moins hautes que
celles de nos villes. Puis
c’est a Ypres qu’aboutit
le joli canal de l’Yser
et le petit fleuve du même
nom qui servent tout deux
a alimenter en eau toutes
les usines ou autre batiment.
Je termine donc en disant
encore une fois que j’ai
remporte un bon souvenir
de la Belgique
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Cinquième
résumé Hiver 1915
et la France.
L’hiver que j’ai passé
en Belgique fut assez dur
quoiqu’il ne fit pas très
froid car il pleuvait souvent
et alors avec les mauvaises
tranchées que nous avions
on était souvent tout mouillé
et ensuite qu’en on allait
au repos on était mal couché
car on avait a peu près
pas de paille et celle qu’il
y avait était achée sentait
mauvais puis avec cela remplie
de poussière et de vermine
car les Boches avait tout
détruit au moment de leur
1er avance sur Ypres aussi
c’est assez souvent les
premiers temps qu’on ne
trouvait même pas a manger
car sur la fin beaucoup
d’habitants étaient revenus
et nous vendait tout ce
qu’il pouvait. Mais avant
souvent qu’on manquait de
manger et c’était d’ailleurs
tout froid lorsque le cuisinier
arrivait a la tranchée car
il faisait le manger a au
moins 4 kilomètre c’est-a-dire
a St Julien aussi souvent
lorsque sa gelait qu’on
avait pas le courage de
manger car sa nous gelaient.
Enfin tant bien que mal
l’hiver se passe quoique
je fus très malade vers
la fin de Mars, je ne mangeais
plus et je n’avais plus
la force de me tenir debout
mais malgré cela il fallut
toujours marcher et souvent
nuit et jour. Aussi mes
camarades ne croyait pas
que je m’en tirerait et
plusieur fois ils portèrent
mon sac en se le passant
a tour de role. Puis petit
a petit vers le milieu d’avril
j'allais mieux je repris
appétit et je tint le coup
malgré que je n’était encore
guère costaud jusqu’au 22
mai jour ou je fut blessé
puis c’est justement pour
cela que j’était si faible
lorsque j’ai eu perdu du
sang. Maintenant tout l’hiver
fut dur car souvent qu’il
fallait travailler toute
la nuit et le jour il fallait
veiller ou marcher si on
était au repos et il m’est
arrivé de rester 6 heures
le sac sur le dos trempé
de sueur et ensuite s’arrèter
deux heures la nuit dans
l’eau et dire que sa gelait
a fendre l’âme avec une
bise glaciale aussi c’est
des pieds que j’ai le plus
souffert car on était presque
toujours dans l’eau aussi
a polusieurs fois ils faillirent
me gelés comme des raves.
Et il fallait travailler
souvent à ranger les tranchées
car la terre ne tenait pas
et le plus souvent la tranchée
était simplement un talu
qu’on faisait en avant et
derrière il n’y avait rien.
Aussi malgré tout on ne
regrette pas trop la Belgique
car dans le Pas de Calais
on trouva un assez bon acceuil
et on ne fut pas mal pendant
les quinze jour qui suivirent
notre arrivé car le jours
on se nettoyait et on faisait
l’exercice puis on changeait
aussi tous les deux trois
jours d’endroits alors c’était
des marches de nuits d'une
quinzaine de kilomètres
mais malgré cela on ne se
plaignait pas. Jusqu’au
1er mai ou il fallait aller
de Mareuil faire des boyeaux
un peu partout et toutes
les nuits puis dormir un
moment avant midi et ensuite
passer des revues. Ce fut
comme cela jusqu’au 9 mai
ou l’on partit pour l’attaque
a 1 heure du matin et ensuite
c’était encore pire car
il fallait aller de boyeaux
en boyeaux et travailler
la nuit puis le jour il
ne fallait pas compter dormir
car les obus pleuvait drus
et ce fut ainsi jusqu’au
22 ou on ne faisait qu’un
repas par jour le soir et
on resta les trois premiers
jours sans vivre ni boisson
a bout de force lorsque
je suis partis
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Sixième
résumé Fable
de France.
Les notres Les
votres…
C’est un jeune bandit,
tout jeune, imberbe
et blond L’œil oblique
et fuyant, sous un front
en surplomb Il est
un peu voleur, assez
incendiaire Il vient
d’assassiner une vieille
rentière Et ce n’était
pas la, d’ailleurs,
son coup d’essai Il
étrangla pour rire,
un enfant, qui passait, Un
jour sur une route.
Une autre fois, le drille A
coupé les deux mains
d’une petite fille Il
est heureux. Il boit
et croit en Dieu ….
Pourtant Quelqu’un,
la vu tuer un prêtre
a bout portant On
ne le punit point, sa
renommée est grande Car
il est Lieutenant dans
l’armée Allemande.
Voilà
nos officiers, monsieur,
Guillaume Deux : Ils
ont de beaux habits,
ils sont nobles, pieux, Ils
égorgent très bien,
entre deux patenôtres : Je
ne sais pas pourquoi,
voyez-vous, j’aime mieux
Les
notres
Quand
dans la ville prise,
après l’âpre combat, L’on
voit des galonnés pétroler
un grabat D’autres
qui, pleins de vin,
sous les tables se vautrent,
Ce sont Et
vous donnez la croix
aux plus goujat Les
votres
Mais quand
au premier rang dans
la rouge moisson Des
chefs chargent, avec
au cœur une chanson Et
tombent les premiers
pour entrainer les autres, Monsieur
Guillaume Deux, ces
officiers, ce sont Les
notres !
Quand
révolver au poing, derrière
ces valets Que vous
appelez des soldats
Dieu
qu’ils sont laids Des
gradés crient : « Forvaerts !
Forvaerts ! », les bons
apôtres Monsieur
Guillaume Deux, ce sont
admirez-les
Les
votres
Mais
la terre de France,
ou coula sans merci Tant
de de sang noble et
pur, quand dans le champ
noirci Refleuriront
les blés, les froments,
les épeautres, Dira
comment ont sut mourir
et vaincre aussi Les
notres !
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Plan
du secteur d'attaque du 26e RI lors
de l'offensive d'Artois, établi par
Claude Parron (cliquer sur l'image pour
agrandir)
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