| M. a retracé, à partir de documents familiaux et des archives militaires,
le parcours de Louis Pain, né en
1895 dans les Bouches-du-Rhône,
qui participa à la guerre de 1915
à 1918 dans les rangs du 27e Bataillon
de Chasseurs Alpins.
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par Alexandre Dumont-Castells
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Louis PAIN est né le 28 janvier
1895 à Caphan, hameau de Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône (13).
Dernier de sa lignée à porter son nom puisqu’il n’a eu qu’une fille unique, ma
grand-mère paternelle PAIN Eugénie, Cyprienne (1925-1991) épouse DUMONT André
(1918-2004). Son grand-père paternel, PAIN Pierre (1809-1863), était originaire
de Saint-Lattier, canton de Saint-Marcellin, dans l’Isère (38). Ce dernier est
devenu provençal d’adoption et est décédé à Saint-Martin-de-Crau (13).
Son enfance se passe donc dans la
région d’Arles ; sa mère, CARTIER Catherine (1864-1921) est une fille du
pays, de Fontvieille (13) exactement et a épousé en seconde noce - après un
divorce le 03 août 1888 à Tarascon (13) - son père PAIN Antoine, Pierre,
Cyprien (1848-1932), propriétaire-cultivateur et ancien de la guerre de 1870-71.
Louis
aura deux frères jumeaux qui ne survivront pas (nés en 1897 et décédés en 1898).
A son recrutement militaire, il exerce la profession de radio-électricien et
appareilleur.
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La
Guerre
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En 1914, il est
« appelé bon pour le service armé » de la classe de 1915 –
subdivision de Marseille, canton d'Arles (13). Son numéro de registre matricule
de recrutement est le 1428. Sur son livret militaire (document 1), il est
indiqué que ses cheveux sont châtains clairs, ses yeux sont gris, son front
maigre, son nez rectiligne et son visage large (document 2). Il mesure
1m68. Il ressort de son instruction générale qu'il sait lire et écrire mais ne
sait pas nager. |
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Document
1
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Document
2
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Louis est
incorporé le 17 décembre et commence son instruction
militaire dès le 20 décembre. Il est vacciné au corps le 25 décembre 1914 ; il
passe au 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins, le 18/01/1915. Toutes ses
campagnes militaires se sont faites principalement en Allemagne du 19/12/1914
au 15/04/1919 durant 4 années et 4 mois.
C’est donc à la date du 18 janvier 1915 que Louis PAIN va
prendre part à ses premiers combats contre l’Allemagne Impériale et les soldats
de Guillaume II.
Il est au côté « d’Ardéchois, d’autres Provençaux et
de Pyrénéens qui composent et rivalisent d’énergie, d’endurance et d’esprit de
discipline [1] »
au sein du bataillon.
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Document
3 : Photographie du 27e BCA - classe de
1915. Sources : Guy PEYRO et Didier, auteur de
www.chtimiste.com
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L'Alsace
(1915-1916)
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C’est au moment où il arrive au 27e
BCA que Louis PAIN le rejoint en Alsace à Ventron où celui-ci est cantonné et
est reformé (2);
il a à sa tête le commandant STIRN.
Le
20 janvier, alerté, le bataillon part à la tombée de la nuit. Il doit se rendre
le lendemain à 7 heures à Hartmannswillerkopf où un peloton du 28e
BCA vient d’être encerclé par l’ennemi. Après une longue nuit pénible par la route
glacée du col d’Odern et le sentier de Weiller, le bataillon sonne les
clairons, la charge et se lance à l’attaque afin de délivrer les camarades du
28e BCA. Louis est son bataillon ont à faire face à un ennemi qui a
exécuté de solides tranchées et placé un épais rideau de fil de fer. La neige
est épaisse sur un mètre et augmente la difficulté de la marche. Sacrifice et
héroïsme ne viendront pas à bout de l'ennemi. Le 27e BCA s'arrêtent sur le
réseau ennemi sans avoir pu délivrer les chasseurs du 28e.
Le
25 mars, l'attaque est reprise par le 152e R.I. Et le 7e BCA. Le 27e appuie et
renforce le 7e BCA. Il le relève les premiers jours d'avril et prend à son
compte la poursuite de l'attaque.
Le
6 avril, il s'élance à l'assaut et enlève le dernier éperon et les derniers
rochers où l'Allemand s'accroche désespérement. Le bataillon descend sur la
pente vers le village de l'Hartmannswiller, nettoie les abris et atteint la
cote 740. L'Hartmann est saisi et l'ennemi est défait.
Le
19 avril est un jour sombre. En effet, après un bombardement violent, les
Allemands attaquent le bataillon lui infligeant de lourdes pertes et un échec
complet. Le bataillon est relevé, le 24 avril, par le 152 R.I.. Le 27e BCA va
cantonner à Saint-Amarin. Il va avoir la grande joie d'obtenir alors sa
première citation à l'ordre de l'Armée :
« Le
152 R.I., commandé par le colonel JACQUEMOT, et les 7e, 12e, 27e et 53e BCA ont
rivalisé d'énergie et de courage sous la direction du lieutenant-colonel
TABOUIS, commandant la 1ère brigade de chasseurs, pour se rendre maître, après
plusieurs semaines de lutte pied à pied et une série d'assauts à la baïonnette,
de tous les retranchements accumulés par l'ennemi sur la position de
l'Hartmannswillerkopf. »
Du 27 mai au 21 juin, le 27e
bataillon prend part à l'offensive menée par la 66e division sur la cote 955 et
Metzeral et après plusieurs attaques meurtrières, entre à Metzeral le 18 juin.
Le 16 juillet, il relève au Reichakerkopf, le 24e BCA. Le 29 juillet, il est
appelé à prendre part aux opérations du Linge et du Schratzmaennelle.
Du
31 juillet au 8 août, le bataillon est en ligne, sous les ordres du colonel
BRISSAUD DESMAILLET, commandant la 3ème brigade de chasseurs.
Le
4 août, une autre compagnie que celle de Louis, la 2e, exécute une contre-attaque
sur le collet du Linge, qu'une attaque allemande vient d'enlever à un autre
bataillon et rétablit la situation un instant compromise. A la suite de cette
glorieuse contre-attaque, la 2e compagnie menée par le capitaine LEMEUX, tué à
la tête de ses chasseurs, est citée à l'ordre de l'Armée.
Le
7 août, le bataillon résiste à une furieuse contre-attaque allemande et inflige
des pertes lourdes à l'ennemi. Du 8 au 17 août, il conserve le terrain conquis
et supporte de violents bombardements.
Le
18 août, un nouvel effort est demandé au bataillon, qui est alors placé sous
les ordres du colonel PASSAGA, commandant la 2e brigade de chasseurs. Il enlève
dans un élan admirable les crêtes disputées du Linge et du Schratz, les dépasse
et jusqu'au 22, il assure la position de la zone reconquise, contre-attaqué
nuit et jour mais repoussant toujours victorieusement les vagues ennemies.
Dans
la nuit du 20 au 21 août, le 27e BCA est relevé par le 12e BCA. Sans une minute
de repos, le 27e BCA est resté 26 jours en ligne. Comme récompense à tous ses
efforts le bataillon est cité à l'ordre de la division.
Du
24 août au 9 septembre, le bataillon se reforme à Wildenstein. Du 9 septembre
au 7 décembre, il tient successivement les secteurs de Sondernach et Metzeral.
Le
7 décembre, il cantonne à Thann pendant que deux compagnies restent au camp des
Dames, où elles travaillent en vue de la prochaine action qui doit avoir lieu à
l'Hirtzstein. Le 18 décembre, le bataillon en entier prend position dans le
secteur de l'Hirtzstein, contrefort de l'Hartmann, que le commandement a décidé
d'enlever à l'ennemi. Après quelques jours d'aménagement du terrain, le 27e, en
liaison à gauche avec le 15e BCA et à droite avec le 28e, se lance, le 21
décembre, à la conquête d cet éperon et de ses rochers. Le 27e n'a pas la part
belle car la nature du terrain ne se prête guère à une préparation d'artillerie
efficace. Dès la sortie des parallèles de départ, nos vagues d'assaut sont
accueillies par une fusillade intense. Cependant nos éléments se faufilent à
travers les rochers, engageant une lutte très vive à la grenade. Après deux
jours successifs de meurtriers combats, le bataillon a rejeté l'ennemi et
nettoyé tous les abris. L'ennemi prononce de violentes contre-attaques mais
aucune d'elles ne parvient à nous déloger du terrain que nous avons conquis au
prix de lourdes pertes. A la suite de ces durs combats, le bataillon obtient sa
deuxième citation à l'ordre de la VIIe armée :
« Sous
les ordres du commandant STIRN, s'est emparé, après deux jours et une nuit de
combats, d'une position très fortement défendue et s'y est maintenu malgré les
bombardements intenses et de très violentes attaques. »
Le
bataillon, relevé de ses positions, vient se reformer à Bitschwiller. Les mois
de janvier, février et mars 1916 sont des périodes relativement calmes où les
bataillons organisent les positions qu'ils ont conquises au cours de l'année
précédente. Le 27e passe sous les ordres du commandant DEMAIN. Après un mois de
repos à Saint-Amarin, le bataillon monte en ligne dans la région du Sudel. Il y
reste jusqu'au 23 juillet exécutant chaque jour de périlleux coups de main. Suite
à ses deux citations à l'ordre de l'Armée, le 27e BCA se voit attribuer la
fourragère aux couleurs de la croix de guerre.
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La
Somme (1916)
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La grande attaque franco-anglaise
qui va aider à débloquer Verdun est engagée. Après une période d'instruction au
camp d'Arches (Vosges), les 6e, 27e et 28e, placés sous les ordres du colonel
MESSIMY, forment la 6e brigade de chasseurs et vont prendre une part glorieuse
à la bataille de la Somme.
Dans
les premiers jours de septembre, le bataillon, sous les ordres du commandant DE
GALBERT, arrive à proximité de la ligne de feu près de Suzanne.
Le
3 septembre, il relève en pleine action le 363 R.I. En avant du bois de Hem,
sur la route de Cléry à Maurepas, avec la mission délicate de s'emparer de la
crête dite « Observatoire », position formidable que le Boche tient
solidement. L'attaque a lieu le 4 septembre, en liaison avec le 6e BCA et les
tirailleurs. A l'heure H, le bataillon, ayant à sa tête son chef, le commandant
DE GALBERT, s'élance comme un seul homme à l'attaque de cette formidable
position et, malgré la résistance allemande, malgré le tir rasant des
mitrailleuses et les barrages d'artillerie, parvient, après une nuit et une
journée de combats acharnés, à s'emparer de la fameuse crête, la dépassant
légèrement et établissant des lignes aux abords de la lisière ouest du bois des
Marrières. Les pertes françaises sont sévères et celles de l'ennemi sont
énormes. Jusqu'au 8 septembre, le 27e BCA reste sur cette position, résistant à
toutes les contre-attaques ennemies sous une pluie de fer. Passé en réserve
dans le ravin de Riez, il reçoit l'ordre de s'emparer de Bouchavesnes ;
l'attaque a lieu le 12, elle est menée par le 28e BCA appuyé et dépassé par le
27e BCA. Comme dans les journées des 4, 5 et 6 septembre, l'élan des chefs et
des chasseurs est irrésistible. Le bois des Marrières est franchi, la route de
Bapaume à Péronne est atteinte. Le village de Bouchavesnes est enlevé et
dépassé après un furieux assaut à l'arme blanche. Dans cette dure journée, les
chasseurs de la 6e brigade ajoutent une nouvelle page de gloire à celles déjà
si nombreuses inscrites au tableau des chasseurs. Soumis à une concentration de
feux d'artillerie lourde d'une grande violence, le bataillon se maintient sur
le terrain conquis malgré de violents retours offensifs de l'ennemi.
Louis
PAIN est blessé, par balle, lors de cette journée violente du 12 septembre et
évacué du secteur de « La Maisonnette » pour une plaie en seton bord
interne de l'avant bras gauche ; Il sera hospitalisé pendant deux mois avant de
rejoindre les armées le 20 novembre 1916. C'est dans ces conditions que, le
13 septembre au matin, le commandant DE GALBERT, le plus brave des braves,
comme l'appelaient ses chasseurs, trouve une mort glorieuse alors que debout
sur le parapet de la tranchée, sa lorgnette à la main, il réglait lui-même le
tir des mitrailleuses sur les colonnes boches qui se formaient sur la crête
voisine pour nous contre-attaquer. A la suite de ces brillantes affaires,
le 27e bataillon était cité à l'ordre
de la VIe armée dans les termes suivants :
« Sous
les ordres du commandant DE GALBERT, officier d'une rare valeur, tombé
glorieusement au cours de la lutte, a progressé dans les lignes allemandes du 4
au 12 septembre avec une énergie et une audace admirables, réalisant dans deux
attaques successives malgré de lourdes pertes un gain de terrain de 4 km,
faisant 400 Allemands prisonniers, enlevant 5 canons, 8 mitrailleuses et
participant en fin de combat à l'enlèvement à la baïonnette d'un village
fortement organisé ».
Louis
est cité à l'ordre du bataillon n°47 du 30 octobre 1916 :
« Excellent
chasseur ; s'est très bien conduit aux combats des 4 et 12 septembre ».
En
novembre 1916, le 27e bataillon participe à l'attaque du bois de
Saint-Pierre-Waast. Le 5 novembre, il y prend pied mais il subit de lourdes
pertes. Pour cela, on le renforce par des contingents de la classe de 1917 (des
C.O.A. Et des G.B.D.). Afin d'amalgamer ces nouveaux contingents, le bataillon
est retiré du front de la Somme et vient s'instruire, sous les ordres du
commandant PIGEUD, dans la région de Corcieux, Plainfaing (Vosges). Le 27e BCA
est à ce moment rattaché à la 66e division sous les ordres du général
LACAPELLE. C'est dans ce contexte que Louis PAIN regagne son bataillon. Il va,
avec ses camarades, subir une série de vaccination dont celle de
l'antityphoïdique et antiparatyphique A et B (Document 4). |
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Document
4
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Retour
en Alsace (1916-1917)
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Après quelques jours de secteur au
Linge-Schratz, du 24 décembre au 13 janvier 1917, en butte au tir des
minenwerfer allemands, le bataillon gagne, par une série d'étapes très pénibles
(hiver 1916-1917), les environs de la frontière suisse (Ecken-Falckwiller) où
il s'entraine pour se préparer à la grande offensive du printemps 1917. |
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Aisne (1917)
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Au début d'avril le bataillon est concentré sur la Marne
près de Dormans, où il est passé en revue par le générallisime. Le 15 avril, au
matin, le bataillon quitte les carrières de Romain où il s'était rassemblé et
se porte à la ferme de Beaugilet qu'il quitte à la nuit pour gagner la région
de Beaumarais. Le bataillon stationne deux jours dans le bois de Beaumarais.
Le 17
avril, à 14 heures, il reçoit l'ordre d'attaquer la tranchée de Lutzen, au sud
de Coberny. Le bataillon se porte immédiatement en ligne sous un bombardement
formidable et à 15 heures ses vagues d'assaut s'ébranlent. Dès le
franchissement du parapet, les mitrailleuses ennemies commencent leurs rafales
sur les fractions d'assaut. Utilisant tous les trous d'obus, les chasseurs
progressent dans un ordre parfait. Arrivés aux parallèles de départ avancées,
ils les traversent péniblement ; mais le bel élan du départ est brisé. Les
mitrailleuses et les canons ennemis rendent la progression difficile. Un
peloton de la 1ère compagnie, qui a pu profiter d'un faible cheminement et de
quelques chicanes, a atteint ses objectifs, fait 54 prisonniers dont un officier,
pris 2 mitrailleuses et 5 fusils mitrailleurs. Le peloton de soutien ne peut,
avec ses quarante hommes, tenir contre le flot des Boches sans cesse
grossissant. Les munitions s'épuisent. Heureusement, il y en a dans les abris
ennemis. Cette poignée de braves livre un dernier combat à la grenade et se
replie vers le 110 R.I. Vers le soir, le bataillon est regroupé et tient
solidement les tranchées, qu'il occupe durant encore toute la journée du 18
avril sous un bombardement ininterrompu. Relevé dans la nuit du 18 au 19, le
27e bataillon occupe les abris de la butte aux Pins (nord-est du bois de Beaumarais),
où il reste jusqu'au 22, soumis à des tirs d'artillerie de gros calibre d'une
violence extrême accompagnés de bombardements par obus asphyxiants et
lacrymogènes. Le bataillon va ensuite se reformer à Courville (5 km au sud-est
de Fismes). Le général LACAPELLE prenant le commandement à la place du général
BRISSAUD DESMAILLET affecté à la tête de la 66e D.I.
Le 4 juin,
le 27e bataillon relève les 18e et 34e B.I. Au plateau de Californie, où durant
dix jours il tient les lignes. C'est un véritable enfer à cause du bombardement
incessant par obus de gros calibre qui occasionne au bataillon des pertes
sérieuses. Retiré du Font avec la division, le 27e va goûter aux environs de
Paris un repos bien mérité. Il prend part à la revue et au défilé organisés en
l'honneur de le Fête Nationale. Le 21 juillet, il est passé en revue par le
généralissime. Le 26 juillet, le bataillon remonte en ligne au « Chemin
des Dames » devant la ferme de la Royère (nord-est de Vailly), où il doit
s'illustrer à nouveau.
Le 10 août,
à 4h15, devant la tranchée de la Gargousse conquise à l'ennemi le 30 juillet
par le 68e BCA, l'ennemi déclenche brusquement un marmitage inouï, véritable
nappe de feu qui s'abat sur nous. A la faveur de cette préparation, des
fractions ennemies se glissent en avant de nos lignes et lancent sur nos
chasseurs des grenades lacrymogènes, des liquides enflammés et suffocants.
Profitant de la surprise ainsi causée et pendant que les chasseurs mettent leur
masque, les Allemands, renforcés par des vagues d'assaut qui les suivent à
courte distance, tentent de faire irruption dans notre première ligne. Ils sont
reçus par un feu intense de mousqueterie, de fusils mitrailleurs, de grenades
qui leur cause des pertes très sévères et oblige les vagues d'assaut à se
disloquer et à se replier. L'ennemi se reforme et une deuxième tentative est
faite en un seul point les assaillants parviennent à prendre pied. Mais un combat
acharné s'engage alors à coups de grenades, de pelles, de pioches entre les
chasseurs et les Allemands. Une contre-attaque immédiate se déclenche,
irrésistible. Il n'y a plus un seul « Boche » vivant dans la tranchée
de la Gargousse, de nombreux cadavres ennemis gisent en avant de nos lignes. Le
même jour à 20h15, l'ennemi tente à nouveau une autre attaque. Mais il ne peut
réussir à déboucher. En récompense de cet acte d'héroïsme, le 23 août 1917, le
général DELIGNY, commandant le 39e C.A. en ces termes : « Après avoir
subi une série de contre-attaques violentes précédées de bombardements, de jets
de flammes, etc., liquides suffocants, a pu, par une magnifique contre-attaque
dirigée personnellement par le chef de bataillon PIGEAUD, arrêter net les
dernières tentatives de l'assaillant qui a été à peu près exterminé à la suite
d'une lutte acharnée au couteau et à la grenade. »
Le
bataillon reste en ligne jusqu'au 19 août puis va se reformer aux environs de
Senlis.
Revenu dans
la région du Chemin des Dames au nord de Vailly, il est employé aux préparatifs
de l'attaque du fort de la Malmaison et du village de Pargny-Fillain. L'attaque
générale a lieu le 23 octobre. Le 27e, précédé par le 46e bataillon jusqu'à la
tranchée de Fanion, a pour objectif Pargny-Fillain. Les zouaves s'emparent du
fort de la Malmaison mais devant le front, de la division, la progression est
dure, le Boche résiste et, le 23 au soir, le 27e a réussi à pénétrer dans la
partie ouest de la tranchée du Fanion, qu'il a nettoyée et où il a capturé 1
officier, 20 grenadiers de la Garde et une mitrailleuse. Il étaie solidement
l'aile droite des zouaves en vue d'éviter toute contre-attaque de flanc qui
pourrait compromettre le beau succès de la journée.
Le 25, à
5h45, l'attaque reprend en dépit des tirs violents de l'artillerie et des
mitrailleuses, le bataillon avance à bonne allure. Deux compagnies du 27e
progressent sur l'Eperon de Pargny-Fillain, le coiffent en descendant les
pentes et atteignent les abords du village. Cette avance rapide, qu'aucune
préparation d'artillerie n'a laissé prévoir, déconcerte l'ennemi. Des groupes
s'enfuient précipitamment de Pargny-Fillain ; ils sont immédiatement pris sous
le feu de nos voltigeurs et de nos mitrailleuses et la poursuite se déclenche.
Une compagnie pousse au nord et l'autre attaque de font les fuyards, qui sont
capturés ou tués. Des groupes qui tentent de résister dans les caves sont
cernés, attaqués à la grenade et détruits. Bien avant la nuit, il ne reste plus
un Allemand dans Pargny-Fillain. L'objectif est atteint et dépassé. Le soir
même une patrouille bordait l'Ailette. Les meilleures divisions de la Garde
prussienne ont été battues et décimées. L'Allemand a été forcé d'abandonner sur
un front de 15 km, de Laffaux à Chevreux, toute la falaise du « Chemin des
Dames » et la vallée de l'Ailette.
A la suite
de ces combats, le général MAISTRE, commandant la VIe armée, cite le 27e
bataillon dans les termes suivants : « Le 23 octobre 1917, a su malgré
le bombardement violent et le tir rasant des mitrailleuses, opérer dans un
ordre parfait le débouché de la creute qui lui servait de place d'armes. S'est
porté, sous les ordres de son chef le commandant PIGEAUD, à ses emplacements de
départ et s'y est rassemblé comme au terrain d'exercice, a attaqué ensuite avec
son entrain habituel malgré un tir flanquant de mitrailleuses. Le 25 octobre, a
occupé les creutes de l'Eperon de Pargny-Fillain et réalisé sur un front de 400
mètres une avancée de 1300 mètres. A capturé, au cours de l'action, 107
prisonniers dont un officier, 10 lance-mines, 5 canons de tranchée et 30
mitrailleuses. »
Louis PAIN est encore cité à l'ordre
de la division n°703 du 21 novembre 1917 :
« A
eu une très belle attitude au cours des durs combats du 23 au 26 octobre 1917
par la conquête de l'Eperon et du village de Pargny-Fillain ».
Le 28
novembre, le généralissime passe le 27e en revue et décoré son glorieux fanion
de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire. Cet insigne honneur lui
vaut la garde du drapeau qu'il va conserver durant trois mois.
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Alsace,
nous revoilà ! (1917-1918)
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Le 11 décembre 1917, sous les ordres du
commandant RICHIER, le 27e bataillon fait son entrée en Alsace. Pendant les
trois mois de décembre 1917, janvier, février et mars 1918, le bataillon tient
les lignes dans le secteur de Sicurany, Collardelle (abords immédiats de
l'Hartmann) et exécute quelques coups de main. La grande offensive ennemie
annoncée depuis longtemps est déclenchée. La 66e division quitte l'Alsace et va
prendre part aux glorieux combats qui, de mai à
novembre, vont forcer la victoire et terrasser l'Allemagne Impériale. |
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La Somme,
encore... (1918)
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Du 11 au 19 avril, le bataillon stationne à Montmacq (Sud de
Noyon) avec mission de défendre les ponts de l'Oise. Il quitte la vallée de
l'Oise le 20 avril et par étapes gagne la région de Beauvais.
Le 26
avril, en levé en T.M., il est transporté à Saint-Caufflieu où il cantonne.
Dans la
nuit du 4 au 5 mai, le bataillon relève le bataillon MAILLET du 34e R.I. Dans
le bois Sénécat. Secteur de fin de combat : Aucune organisation. Vie pénible
sous un bombardement continuel, sous les vues directes de l'ennemi. Il faut
enlever aux Boches leurs observatoires. L'attaque est menée par le 17e
bataillon ayant à sa droite la 3e compagnie, celle de Louis PAIN, du 27e
bataillon. Elle a lieu le 14 mai. L'avance demeure matériellement impossible !
Des mitrailleuses postées à la corne nord-est du bois et que l'artillerie
française a épargnées fauchent les troupes au départ. La progression commence
le lendemain. Après 3 jours et 3 nuits de combat et de travaux incessants, la
compagnie de Louis parvient à s'installer à la corne-est, du bois Sénécat. La
3e compagnie a fait honneur à sa réputation d'unité solide et bien commandée. Une
citation à l'ordre de la division vient récompensée ses efforts. Le
bataillon passe en réserve et travaille à l'organisation de la position
intermédiaire.
Dans la
nuit du 8 au 9 juin, il remonte en ligne sur le plateau de Rouvrel. Il pousse
activement l'organisation de ce plateau et fait de nombreuses patrouilles. Du
20 au 25 juin, il est de nouveau en réserve. Il remonte en ligne dans la nuit
du 10 au 11 juillet pour prendre part à l'attaque générale menée par la
division. Sa mission est de s'emparer du bois du Gros-Hêtre et, si possible, de
s'installer aux lisières du bois Billot.
Le 12 au
matin, après une courte mais violente préparation d'artillerie, l'attaque se
déclenche. D'un seul bond, officiers et chasseurs franchissent le parapet dans
un ordre parfait et s'élancent sur l'objectif à conquérir. Des mitrailleuses
ennemies situées dans la tranchée du Tank les arrêtent un moment. Mais les
chasseurs sont splendides de sang-froid et d'audace, les mitrailleuses sont
enlevées, les mitrailleurs tués sur les pièces. La tranchée du Tank est
atteinte, sa garnison détruite. La première résistance est forcée, les
compagnies de tête reprennent la marche en avant. Elles atteignent le bois du
Gros-Hêtre et la tranchée de Francfort après un combat acharné et après en
avoir exterminé tous les occupants. A 9 heures, le 27e avait atteint tous ses
objectifs. Des reconnaissances poussées en avant rendent compte que les Boches
tiennent solidement le bois Billot et sous les feux croisés des mitrailleuses,
sous les feux violents de l'ennemi, les chasseurs se terrent et organisent la
position. C'est dans cette situation que le bataillon est relevé dans la nuit
du 21 au 22 juillet, après avoir résisté pendant 10 jours à toutes les
tentatives ennemies. Pour récompense de cet effort, le général DEBENEY, de la
1ère carmée, cite à l'ordre de son armée le 27e bataillon dans les termes
suivants : « sous les ordres du commandant RICHIER, a réussi, grâce
à ses qualités manoeuvrières et au moral élevé de ses chasseurs, à s'emparer
malgré les tirs rasants des mitrailleuses, les deux objectifs successifs qu'il
était charger d'enlever. A réalisé une avance de près de 2 km, faisant 80
prisonniers, capturant 12 mitrailleuses et un important matériel. »
Du 25 au 31 juillet, le bataillon
tient l'ancienne position de couverture et fournit des travailleurs pour
l'organisation de la position conquise le 12 juillet. Le 1er août, le 27e
arrive à Grattepanche où il prend quelques jours de repos.
Du 6 au 10 août, le bataillon est en
position d'attente dans le ravin au-dessous du bois des Rayons et fournit des
corvées de travailleurs, cent journées de travail et d'effort dans le secteur
de la Somme. C'est ici que Louis PAIN,
le 9 août, au lendemain de la grande offensive sur Morisel-Moreuil, contracte
une épidymile bacillaire en service commandé. Il est hospitalisé du 12 au 23
août 1918 puis jusqu'au 5 octobre à l'hôpital auxiliaire 227, 2, rue
Rouget-de-Lisle à Paris. |
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L'Aisne
: la dernière ? (1918)
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Louis PAIN quitte l'hôpital (avec 10,5 frs de solde en poche
pour sa période d'hospitalisation) et regagne son bataillon pour une courte
période, du 4 octobre 1918 au 9 décembre 1918. A cette dernière date, il
regagne le dépôt. Durant cette longue période de convalescence, d'août à
octobre 1918, son bataillon a continué à s'illustrer sur le front : d'août à
septembre, il se bat au sud-ouest de Laon et est affecté à l'armée MANGIN. Sa
compagnie, la 3ème, combat le 4 septembre sur l'Eperon de la Corne près de
Vauxaillon. Le village est pris ainsi que la voie ferrée. Au bout de 3 semaines
de combat et de lourdes pertes (tués et malades) au sein du 27e BCA, la fameuse
ligne Hindenburg est prise. A la suite de ces durs combats, sans Louis, le
général MANGIN, commandant la IIe armée cite le bataillon à l'ordre de
l'armée. Lorsque Louis le rejoint ; il est en repos à Barneuil-sur-Aisne et
est sous les ordres du commandant TESSIER. Il revient de nouveau à l'armée
DEBENEY et va participer à la grande offensive franco-anglaise du canal de la
Sambre.
Le 17
octobre, l'attaque générale a lieu. Le bataillon est en deuxième ligne et suit
l'évolution de ceux de tête. Il s'installe sur la croupe est de Seboncourt. Le
lendemain, le bataillon reçoit l'ordre de gagner la gauche de la D.I. Par les
cheminements au nord de Petit-Verly et de prolonger l'attaque que va prononcer
la 126e D.I. A 12h45, sans aucune préparation et sous la mitraille de l'ennemi,
posté en lisière sud de la forêt d'Andigny, de la ferme de Sanière et des
croupes est de la ferme de la Demi-Lieue, il avance. Sa progression démoralise
l'ennemi qui, par petits groupes, quitte ses positions de la cote 158 vers le
bois au nord de la ferme Sanière. Vers la ferme Demi-lieue, les fractions
ennemies se replient vers l'Est. Mais le feu de l'artillerie Boche est violent.
Les chasseurs poursuivent l'avancée. Dans leur foulée, ils enlèvent la ferme
Sanière, s'emparent d'une batterie de 105 et capturent des prisonniers. Côté
Boche... C'est la débandade ! Des convois de toutes sortes et des troupes en
colonne font demi-tour à toute allure sans que les chasseurs n'aient le temps
de les poursuivre. A la nuit tombée, une reconnaissance s'installe à la ferme
de Tupigny que l'ennemi a abandonné. Le bataillon reprend sa marche et au petit
jour atteint le canal de la Sambre, d'Hannapes à Vénérolles et talonne les
arrière-gardes ennemies. Les pertes en journée sont légères ; 5 km d'avancée
effectués malgré la difficulté du terrain et la capture de prisonniers et de
nombreux matériels. Le canal et la Sambre sont atteints.
Dans la
nuit du 3 au 4 novembre, et après quelques jours de repos au milieu des
villages démolis, le 27e remonte en ligne pour participer à l'attaque du canal
de la Sambre. Le 4 novembre 1918 est un grand jour... Car l'empire
d'Autriche-Hongrie, principal responsable des causes de cette guerre mondiale,
capitule et signe un armistice avec les alliés. La fin de Guillaume II et de
son empire est tout aussi proche. Sur le terrain, le moral des troupes est bon.
Le canal est franchi le 4 au soir. Les tirailleurs peuvent poursuivre la
progression. Cela dit, c'était le dernier combat... Le Boche demandait grâce !
Pour
récompenser tous les efforts fournis par le 27e BCA au cours de ces dures
journées, le général BRISSAUD-DESMAILLET, commandant la 66e division, citait
à l'ordre de la D.I. Le bataillon dans les termes suivants :
« Bataillon
d'élite qui depuis le début de la campagne n'a cessé de se distinguer sur tous
les champs de bataille. Le 20 octobre 1918, sous les ordres du commandant TESSIER,
lancé à la poursuite de l'ennemi comme bataillon d'avant-garde, a fait un
brillant passage de lignes, bousculant l'ennemi sur une profondeur de 3 km
puis, poursuivant son avance par une audacieuse marche de nuit, a gagné environ
3 km de terrain sur la rive ouest du canal de la Sambre et occupant le village
de Vénérolles. Le 4 novembre, sous les ordres du capitaine BASTIANELIA, a
puissamment aidé au succès de l'attaque des deux autres bataillons de son
groupe. Au cours de ces opérations a capturé 62 prisonniers, 30 mitrailleuses
lourdes et légères, 6 pièces de 105, un nombreux matériel de toute sorte. Ce
bataillon est déjà titulaire de six citations à l'ordre de l'armée (fourragère
rouge) et d'une citation à l'ordre de la division. »
Le 27e
bataillon passe alors sous les ordres du commandant CROISET. Le 11 novembre
1918, l'Allemagne Impériale de Guillaume II capitule, son empereur abdique et
un armistice est signé entre les anciens belligérants. Détenteur de 6 citations
à l'ordre de l'armée, une au corps d'armée et deux à la division, le 27e
bataillon voit le 12 novembre décorer son fanion de la fourragère rouge. C'est
le premier bataillon de chasseurs qui a obtenu cette récompense, c'est à lui
que revient la garde du drapeau des chasseurs.
Après un
séjour à Paris et dans les régions libérées, le 27e, incorporé à la 46e
division s'apprête à monter la garde aux bords du Rhin. Il passe sous les
ordres du commandant MONTALEGRE. Le bataillon se prépare ensuite à occuper la
Haute-Silésie.
Louis PAIN
rejoint le dépôt le 9 décembre 1918. Il a obtenu aux lendemains de la guerre
les décorations suivantes :
- Croix
de guerre étoile en bronze, étoile en argent.
- Médaille
interalliée.
Le 18 février 1919, Louis est classé service auxiliaire par
la commission de réforme de Menton ; il en est maintenu le 17 février 1922 avec
une invalidité de 20% par la commission spéciale de réforme de Marseille. Il
est mis en congé illimité de démobilisation le 16 avril 1919 et R.D.C. Il est
définitivement classé dans la position sans affectation le 16 avril 1930.
Lors
de sa démobilisation au dépôt des 4ème et 8ème Régiments de Tirailleurs
Indigènes à Arles, il remet le costume de démobilisation de drap civil neuf
contre le reversement de la somme de 52 francs le 05/01/1920. |
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Bilan de la guerre
pour les Chasseurs Alpins
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- 20000 chasseurs tués pour la seule année 1915
- Une solide réputation : les Allemands au lendemain des
combats du Buchenkopf les surnomment les « Diables Bleus » (schwartzen
Teufel) et les « Meilleures troupes du monde ».
- Pour le 27e BCA : 54 officiers et 1797 gradés et
chasseurs ont été tués.
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Décorations
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De sa démobilisation
à sa mort, en 1986, Louis Pain s'est vu décerné
les décorations suivantes :
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- Médaille de Chevalier de la Légion d'Honneur (1980)
- Médaille Militaire
- Croix de guerre 14-18 (ici « 39/45 », L.
PAIN s'était trompé à l'achat !), étoile en bronze, étoile en argent
- Croix
du combattant
- Médaille
Commémorative Interalliée « Médaille de la Victoire »
- Médaille
Commémorative de la Grande Guerre
- Médaille
de Verdun
- Médaille
de Chevalier de l'Ordre du Mérite Agricole
- Médaille
de la Somme (1956)
- Médaille
de l'Aisne (1966)
- Médaille
de la Marne (1937)
Louis possédait aussi des miniatures
de ces médailles dont celle des blessés et qui ne figure pas sur cette
photographie.
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Mémoires
d'après-guerre de Louis Pain
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Il n'a pas rédigé de carnet de notes durant ses
4 années et 4 mois de guerre. Il ne nous a transmis que des témoignages - dont
je trahis uniquement ses mots et non ses expressions (je n'avais que 14 ans à
sa mort) - de cette douloureuse époque :
« Nous avons fait une guerre terrible
ou des millions de personnes qui ne se connaissaient pas et n'avaient rien à se
reprocher se sont entre-tués à la place de nos gouvernants respectifs ; c'est
eux qui auraient dû monter sur un ring de boxe pour s'expliquer !... ».
« Les
médailles ? Pour les gagner ? C'est simple... Chaque fois que je montais au
combat, j'avançais et je rasais le sol. J'ajustais mon tir sur l'ennemi et
lorsque j'avais tiré mes 3 coups de fusils, le « Lebel », je me couchais
au sol, je réarmais. Selon la situation je faisais le mort quelques instants ;
puis je visais à nouveau les allemands et je tirais. Quand cela était possible,
je ramenais toujours vers l'arrière un de mes camarades blessés au
combat... ».
« Les
Allemands ? Des soldats comme nous. Je me rappelle un jour, lors d'une trêve,
nous nous étions rendus, avec quelques camarades, au village pris entre nos
lignes respectives pour faire la corvée d'eau à la fontaine. Nous sommes tombés
nez-à-nez avec quelques Boches ! Mais c'était la trêve donc pas de coup de feu.
Nous avons sympathisé quelques instants le temps qu'eux aussi fassent leur
corvée d'eau et nous avons joué aux cartes. Quand il a fallu repartir ; nous
nous souhaitions à chacun bonne chance pour la suite et leur rappelions de
rentrer leur tête... ».
En 1952, il est propriétaire-cultivateur et pourvoyeur en
fourrage. Il décède le 24 août 1986 à l’hôpital de Salon-de-Provence (13) et
inhumé à Lambesc (13). Ses trois derniers mots avant de rendre son dernier
soupir furent ceux de : « Vive la France ! ».
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Notes
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Mise à jour : avril 2007 |
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