Les
champs de bataille de l'Oise et de l'Aisne
13
et 14 mai 2006
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Le compte rendu est en préparation.
Il est d'ores et déjà consultable dans La Grande
Guerre Magazine n°50.
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11
et 12 juin 2005 Ypres
et les Flandres visite du champ de bataille compte-rendu
par Jean-Paul
Hayart photographies
de Jean-Marc
Moltchanoff, Serge Tavel
et
Erick Villand
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Nous étions
une trentaine sur le parking de l’hôtel, ce samedi matin, impatients de se
mettre en route pour la Belgique. Dans ce groupe, beaucoup d’habitués, un couple
d’anciens, venus de leur lointaine Picardie, revus avec plaisir (les pauvres,
travail oblige, n’avaient pas pu venir depuis Cambrai) et deux nouveaux arrivés,
ma foi bien sympathiques.
Malheureusement manquaient quelques bons compères retenus, qui
pour des raisons professionnelles, qui pour des raisons d’ordre privé. Mais nous
avons pensé à eux (si, si) !
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Donc, en
route direction Loker (Locre) au pied du mont Kemmel où nous faisons
connaissance avec notre guide, Ghislain Kepanowski, français exilé (par amour?)
en Belgique et qui s’occupe de fouilles archéologiques ; charmant garçon, très
accessible et compétent.
A Loker,
visite d’un petit cimetière britannique où sont enterrés, à part des autres,
quatre soldats (dont un de 17 ans) qui furent fusillés après un procès plus que
douteux.
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Pas loin de
là, arrêt devant l’ossuaire du mont Kemmel (5294 corps dont 57 identifiés).
Derrière nous, le monument français des combats de 1918.
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Demi-tour
pour aller visiter une série de sapes anglaises situées au Lettenberg. Ces
quatre sapes récemment réhabilitées, conduisent à un tunnel qui devrait être
dégagé dans l’avenir. Espérons…
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L’heure du
repas était arrivée.
Dans le
groupe des signes d’inquiétude apparaissaient « Y en aura-t-il ? Y en aura-t-il
pas ? »
Mais si, il y
en avait des frites, ouf ! La tradition était sauve. Heureusement, il n’y avait
pas d’enfant, donc pas de biberon…
Les estomacs
étant calés, nous sommes allés visiter le musée « In Flanders Fields », musée
d'un type nouveau avec ses bornes inter-actives, etc… situé dans cette très
belle petite ville d'Ypres, rasée en 14/18 et reconstruite entièrement à
l'identique.
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Après un passage à la boutique
(malheureusement, il n’y a aucun ouvrage en français), direction la Porte de
Menin ; ouvrage colossal où sont gravés les noms des disparus britanniques en
Belgique entre août 1914 et le 17 août 1917. (54896 noms de soldats dont on n'a
jamais retrouvé le corps !) Aujourd’hui encore, tous les soirs, on sonne au
clairon le Last Post (extinction des feux) en hommage posthume aux soldats
tués.
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Avant d’aller
à Zillebeke voir le Hooge crater, visite de St George’s memorial church
(chapelle commémorative dans le centre de Ypres).
Situé en face
du Hooge crater, un étonnant petit musée privé. Etonnant aussi bien par le
nombre de pièces exposées que par le nombre de bunkers se situant tout
autour.
Retour en
France.
Dimanche
matin, un peu après 9 heures, départ pour la nécropole française de St Charles
de Potyze ; nécropole où sont érigés le monument breton (piéta) et celui de la
17eme D.I.
Dans ce
cimetière, notre ami Philippe avait sélectionné une tombe et retrouvé le
parcours et photos de ce malheureux, père de plusieurs enfants, et qui devait
être démobilisé comme soutien de famille.
De là, nous
avons pris la route pour Zonnebeke, passant à proximité de la colline de Pilkem,
lieu de terribles combats. Arrêt au musée de Passendaele, ouvert ce dimanche
exceptionnellement pour nous. Accueil super, beau musée, situé dans un très joli
cadre et qui possède dans son sous-sol la réplique entièrement reconstituée
d’une sape découverte récemment.
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Avant d’aller reprendre des forces au
restaurant, arrêt à Polygone-Wood, cimetière, bois et monument de la 5éme D.I
australienne.
A savoir que
ce lieu était avant la guerre, un polygone de tir de l’armée belge.
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Repas : mais
oui, des frites mais coupées différemment.
Dans le
restaurant d’intéressantes photos du monument de la 5eme D.I dans différentes
phases de construction.
Bon, après
avoir bien mangé, on pouvait repartir pour un circuit mis en place par Rolande
et Philippe Joachim.

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Cimetière
britannique d’Essex farm où fut inhumé V.J. Strudwick décédé le 14 janvier 1916 à
15 ans (il s’était engagé en trichant sur son âge). Après être passé devant le
monument de la 49e D.I, nous sommes arrivés au site John Mac
Crae : série de bunkers-hôpitaux où il officiait.
C’est dans ce
lieu que, suite au décès de son ami de la guerre des Boers, Alexis Helmer, tué
le 2 mai 1915, il écrivit, le 3 mai 1915, le fameux poème « In flanders fields
the poppies blow » (ainsi il fut à l’origine du fameux coquelicot qui symbolise le
souvenir des anciens combattants britanniques).
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Le lieutenant
colonel Mac Crae est mort de pneumonie à Boulogne (62). Il est enterré à
Wimereux (Pas de Calais).
C’est là que
nous avons tenu un petit « colloque » animé par notre trésorier Bernard Devez et
ensuite décidé du lieu de notre prochaine sortie en octobre.
C’est là,
aussi, que quatre membres (dont moi-même) ont connu l’opprobre et essuyé les
« hou-hou » parce que n'ayant pas d’adresse e-mail. J’en tremble
encore !
C’est là,
enfin, que nous avons eu la peur de notre vie en voyant notre vice-président
dérouler un feuillet d’un mètre de long pour nous lire un « petit » discours.
Mais ce n’était heureusement qu’une blague de notre indispensable (il aime
bien) Guy Pillard.
Ensuite
Boezingue, lieu de la 1ère attaque aux gaz le 22 avril 1915 et calvaire breton
dédié à la 87e D.I qui « inaugurait » ce genre de combat.
Il est à
savoir que du côté allemand les 35e et 37e Régiments de pionniers, qui
envoyèrent donc ce gaz pour la première fois, en restèrent les spécialistes
jusque la fin de la guerre.
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Langemark et
sa nécropole allemande : lieu de sépultures assez lugubre à mon goût, avec ses
quatre statues noires dans l’axe de l’entrée, ses ossuaires disséminés ici et là
et ses bunkers qui firent partie de la ligne Hindenburg.
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La journée
avançait, nous nous sommes arrêtés à St Juliaan devant le mémorial canadien, là
où ils subirent, eux aussi, les affres de leur première attaque par les gaz,
laissant 2000 victimes dans les environs.
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Passage
devant le moulin de la mort « Totenmühle » en direction de notre dernière étape
Passendaele et le plus grand cimetière britannique : Tyne-cot, 120000 soldats y
sont inhumés et le mur au fond du cimetière mentionne les noms des quelques
34000 soldats et officiers britanniques et 1200 Néo-zélandais disparus du 17
août 1917 à la fin de la guerre. (avec les 54896 inscrits sur les murs de la
porte de Menin, cela fera plus de 90000 soldats dont les corps ont disparu… sur
le front de Ypres !).
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Voilà, notre
premier rendez-vous de l’année se terminait là.
Après les
« au revoir », les embrassades, les « à bientôt » et les « t’as mon numéro de
téléphone » tout le monde prenait le chemin du retour.
A bientôt
dans l’Oise…
Certains
problèmes étant survenus dans l’organisation de cette sortie, et pour ne pas
avoir à l’annuler, l’ensemble fut repris au pied levé et élaboré de A jusque Z
par nos amis Bernard
Devez, Jean-Claude Poncet, Rolande et Philippe Joachim. Chapeau à
eux. Ils ont fait un truc formidable. C’est cela
l’esprit associatif.
Merci aussi à Guy pour son inaltérable bonne
humeur.
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Visite des sites de Cambrai et de sa région
24 et 25 novembre 2001 par Marc JOLIS
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Les 24 et 25 novembre
2001, l'Association 1914-1918 organisait une visite
des champs de bataille de Cambrai et de
sa région.
Départ sous la houlette
de Philippe Gorczynski
Ce
week-end aura été particulièrement marqué par deux
épiphénomènes. L'un fut atmosphérique, l'autre
humain. Sans s'étendre sur le premier, il suffit juste
de dire que nous avons connu un temps maussade et humide.
Le temps s'était mis à l'humeur anglaise. Peut-être en
hommage aux nombreux combattants britanniques reposant en
cette terre de France ? Pour être honnête, la
pluie cessa parfois. Malgré cela et profitant quand
même de ces quelques instants de répit, nous
parcourûmes le champ de bataille à la recherche de ce
passé si présent. A chaque instant la boue collait à
nos chaussures. La mémoire de la terre est décidément
plus fiable que celle des hommes. Le second fut la
rencontre avec un homme et sa passion. Une passion pour
l'histoire de la Grande Guerre, en particulier dans la
région de Cambrai. Mais au-delà de cette passion, s'est
découvert un homme de grande qualité. Avant toute
chose, que Philippe Gorczynski, car il s'agit de lui,
soit ici remercié pour l'aide déterminante, à travers
de ses conseils éclairés et son investissement
personnel, qu'il a apporté à l'organisation et à la
réussite de ce week-end.
Le programme de cette visite du
champ de bataille, axé principalement autour des
combats de l'offensive de la IIIème Armée
Britannique du Général BING du 20 novembre
1917, permis à une cinquantaine de membres de
l'association, sous la férule de Philippe
Gorczynski, de sillonner les lieux même de ces
combats. Les premiers participants arrivèrent le
vendredi soir. |
Dès cet instant nous pûmes
apprécier toute la cordialité de l'accueil de
notre guide du week-end dans son hôtel "Le
Béatus". La convivialité des lieux permit
à tous de faire connaissance et de commencer de
fructueuses discussions. Les arrivés du samedi
matin complétèrent cet aréopage disparate venu
de tous les horizons : France, Belgique et
même Irlande (pour être honnête notre ami
irlandais demeure en France….) |
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Le musée militaire de
Cambrai et les cimetières de Solesmes
La
première visite, en tout bien, tout honneur, fut le
samedi matin pour le 1er Régiment d'Infanterie, en
garnison à Cambrai de 1871 jusqu'à 1939, avant de
s'expatrier vers d'autres cieux (Il se trouve
actuellement à Sarrebourg). Plus précisément pour le
musée militaire de Cambrai situé à proximité du
Château de Selles. Une grande partie de ce petit musée,
appartenant à l'Amicale des anciens du 1er R.I, est
consacrée à cette unité issue des "Bandes de
Picardie" et aux combats auxquels il participa
pendant les 1ère et 2ème Guerres Mondiales (Il s'agit
d'ailleurs du seul régiment de l'armée française à
avoir été décoré de la Médaille de la Résistance au
titre des Forces Françaises de l'Intérieur, cette
unité sous l'autorité du Colonel Bertrand étant passé
au complet dans la clandestinité au moment de la
dissolution de l'Armée d'Armistice en 1942), sans
oublier Algérie. L'autre partie du musée s'intéresse
à la Grande Guerre à Cambrai et sa région. Nous y
vîmes, parmi les affiches, documents photos, armes et
souvenirs de toutes sortes, les vestiges sensés provenir
d'un char mark IV ayant tenté de franchir le pont de
Masnières le 20 novembre 1917 et qui s'écroula
entraînant le blindé dans le canal de Saint Quentin
bloquant ainsi l'avance des autres chars et de la
cavalerie britannique. Cela nous donna un avant goût de
notre visite programmée pour le lendemain à une
certaine demoiselle Déborah.
La
seconde destination de notre périple fut pour le
cimetière militaire de la route de Solesmes ou plutôt
les cimetières militaires. A cet endroit se trouvent
deux cimetières. Le cimetière initialement construit
par les allemands en 1917 a été repris à la fin de la
guerre par la Commonwealth War Graves Commission. Y
reposent plus de 500 soldats, principalement
britanniques, tombés lors des combats de 1917 et 1918.
Il comporte encore quelques monuments érigés par les
allemands lors du conflit. En 1920 les dépouilles de
plus de 10.000 soldats du cimetière militaire allemand,
dont quelques Russes et Roumains, se trouvant au
cimetière du Saint Sépulcre furent déplacées afin de
créer, sur un site jouxtant le cimetière anglais, le
cimetière militaire allemand de Cambrai.
Le canal de Riqueval
Après le
repas, nous prenions la route de Saint Quentin afin de
nous diriger vers la limite de la Picardie et du Nord.
Nous étions en compagnie de Monsieur Capelle, guide de
circonstance car spécialiste des fortifications de la
Ligne Hindenburg et, nous l'espérons, auteur futur d'un
ouvrage consacré à ce sujet. Il nous guida vers l'un de
ses vestiges : le canal souterrain de Riqueval.
Avant de l'atteindre, nous avons pu contempler, un peu
avant l'entrée de Bellicourt, le mémorial dédié à
tous les Américains ayant combattu aux côtés des
troupes britanniques. Le choix du site de ce monument, à
l'aplomb du canal souterrain, n'est pas un hasard. Ce
furent en effet les soldats, originaires du Tennessee, du
2ème corps d'armée américain, intégré à la IVème
armée britannique du Général Rawlinson, qui conquirent
ce secteur fin septembre 1918. En contre-bas de la sortie
de Bellicourt nous découvrîmes ce fameux souterrain. La
descente, par un chemin rendu glissant par la pluie, vers
cet ouvrage Napoléonien, achevé en 1809, long de 5 670
mètres permettant au canal de Saint-Quentin de franchir
le plateau du Catelet, fut des plus périlleuse. Mais la
récompense fut à la hauteur. De ce silencieux canal,
sous une bruine incessante, encaissé entre des bords
abrupts et verdoyants, se dégageait une étrange
atmosphère, une impression indéfinissable d'un lieu
hors du temps.
Bon
j'arrête là mes digressions émotionnelles pour revenir
à un côté plus pragmatique voire technique. Ce
souterrain est équipé d'un original système
électrique de traction par un toueur, bateau tractant
les péniches au moyen d'un treuil et d'un câble
immergé au fond du canal. Monsieur Capelle nous
présenta ces lieux, leur histoire et les prouesses
techniques allemandes réalisées à l'occasion.
L'entrée a été fortifiée en y installant des
blockhaus pour mitrailleuses à l'intérieur des
superstructures initiales en maçonnerie. Profitant de
l'épaisseur du remblai protégeant le tunnel, des
casernements y furent installés dans des péniches.
D'autres structures furent creusées latéralement pour y
accueillir magasins, hôpital, etc. Des galeries
creusées également à partir du souterrain permettaient
de rejoindre, à l'abri, les lignes allemandes en
surface. Mais depuis la fin de la guerre ces galeries ont
été condamnées empêchant leur visite. Dommage !
s'exclama la majorité d'entre nous, déjà en train de
fouiller dans leurs sacs à dos afin d'y prendre
l'incontournable lampe. Tans pis…
Le cimetière américain
de Bony - La bataille de Cambrai
Remontant vers Cambrai nous
gagnâmes le cimetière américain de Bony où
nous fûmes accueillis par sa conservatrice. Sous
sa direction nous parcourûmes ce cimetière
officiellement dénommé "cimetière
Américain de la Somme" car la majorité des
corps y reposant provient de Cantigny dans la
Somme. En 1918, ce village fut conquis par la
1ère Division d'Infanterie Américaine (la
fameuse Big Red One chère à Samuel Fuller). Sur
trois des stèles en marbre de Carrare se
trouvent les lettres d'or des décorés de la
Médaille d'Honneur du Congrès des Etats-Unis.
La nuit nous ayant rejoint sur le site de Bony,
nous regagnâmes Cambrai où le dîner fut suivi
de l'Assemblée Générale de l'association. |

Cimetière
américain de Bony
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La
première partie du dimanche matin nous vit, après le
petit déjeuner, sagement assis dans une salle de
conférence où nous assistâmes à une passionnante
conférence sur la bataille de Cambrai. Carte à l'appui,
stick à la main, Philippe Gorczynski nous replongea dans
l'histoire de ce vain assaut sur Cambrai et plus
particulièrement dans le rôle joué par les chars
anglais. Pour la première fois des blindés furent
utilisé massivement afin d'essayer d'obtenir la rupture
du front sans préparation d'artillerie préalable. Le
temps nous étant compté, nous quittâmes, à regret,
cette docte conférence afin de nous diriger vers le
terrain en compagnie de Monsieur Lesniak, président de
l'association du Tank de Flesquières. Nous entamâmes le
circuit en quittant Cambrai par le sud. Nous
progressâmes vers Masnières et son pont sur le canal de
Saint Quentin. Un peu avant ce village, un court arrêt
nous permis de contempler le monument à la mémoire du
Régiment de Terre Neuve de la 29ème Division
d'Infanterie. Il s'agit d'un caribou, insigne du
Régiment de Terre Neuve, très semblable à celui qui se
dresse dans le parc mémorial de Terre-Neuve à Hamel
dans la Somme. Son emplacement marque le point extrême
de leur avance dans l'offensive de novembre 1917 sur
Cambrai.

Monument
commémoratif de Masnières
Nous
franchîmes le canal sur un pont moderne, le pont
existant pendant la Grande Guerre, seul point de passage
vers Cambrai dans ce secteur lors de l'offensive du 20
novembre fut partiellement détruit par les allemands
avant que les anglais puissent s'en saisir. Immobilisés
sur la rive gauche du canal, les Anglais décidèrent de
débloquer la situation et poursuivre l'offensive en
essayant de franchir cet obstacle. Le char F22
"Flying Fox 2" et son équipage furent
désignés. Ils s'engagèrent sur le pont mais ce dernier
plus endommagé que prévu, s'écroula sous le poids du
blindé, l'entraînant dans le canal. Cette destruction
bloqua la progression des autres chars mais également
des unités de cavalerie chargées de l'exploitation de
la percée avec, dans un premier temps, la mission
d'encercler Cambrai.
C'est
impressionnant ce que les ponts peuvent endurer pendant
les guerres. Il faudrait, un jour dédier un monument au
pont inconnu détruit inutilement sur ordre d'un
quelconque état-major pour empêcher la progression d'un
sempiternel ennemi qui n'avait nullement l'intention de
l'emprunter sachant parfaitement que, dés qu'une guerre
est déclarée, les ponts sont destinés à être
détruit et non à être traversés… A croire que
les guerres sont décidées et conçues par des
ingénieurs du corps des Ponts et chaussées en mal de
notoriété… Maintenant Je n'ai plus à espérer
qu'aucun membre de l'association 1914-1918 n'est
ingénieur des Ponts et Chaussées…
| L'abbaye
de Vaucelles - "The Trench" (La
tranchée de Ribecourt) Poursuivant notre route vers LE
RENDEZ-VOUS de la journée nous eûmes droit à
un arrêt à l'abbaye cistercienne de Vaucelles.
Cela nous permis d'admirer les vestiges de cet
établissement religieux fondé en 1131 et
élevé par saint Bernard. Les bâtiments ayant
survécus à la Révolution servirent de
cantonnement aux troupes allemandes pendant
plusieurs années. Malheureusement un incendie
détruisit les toitures des édifices. Modeste
contribution de l'association à la culture de
ses membres dans le domaine de l'architecture
religieuse régulière.
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L'abbaye
de Vaucelles
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A l'approche de Flesquières,
l'impatience se fit de plus en plus manifeste
mais, avant de toucher au but de cette matinée,
nous fîmes un détour de plus de quatre-vingts
ans dans un champ de Ribecourt la Tour. Sur ce
terrain, racheté à son propriétaire par
l'association du Tank de Flesquières, nous
plongeâmes dans un ailleurs. Etrange lieu que
ces tranchées reconstituées, selon les
règlements militaires anglais en vigueur en
1914-1918 par des soldats anglais, tout
particulièrement venus dans ce but, pour les
besoins d'une émission de télévision de la
B.B.C. "The Trench ". Le principe
de cette émission voulait que des
"volontaires" y vécussent (en
direct ?) la vie des combattants de la
Grande Guerre. Drôle de sensation de se trouver
là. Ce fut un des points culminants de cette
visite, si j'ose dire, que de fouler les
caillebotis au fond d'une tranchée à regarder
l'horizon d'où rien de viendra. |
Et c'est peut-être là que le
bât blesse. Quel que soit le degré de
reconstitution, aussi louable que puisse être
l'intention didactique de montrer les conditions
d'existence des combattants de la Grande Guerre,
je crois que rien, absolument rien, et je pèse
mes mots, ne peut ou ne pourra reproduire la
réalité de leur vie, de leurs pensées, de
leurs angoisses, de leurs peurs, de leurs
émotions, de leurs excitations et de tant
d'autres de leurs sentiments et sensations.
Surtout pas un ensemble de tranchées, aussi
perfectionné que puisse être l'effort de
reconstitution, tracé dans un champ et exposé
à aucune menace tangible autre que le simple
manque de confort qu'a connu le plus modeste des
appelés lors de manœuvres. L'indicible ne
se raconte pas, il se vit, s'exhale, se vomit ou
se crache. C'est le privilège des survivants que
de le garder en eux ou de le jeter à la face du
monde. |

La
Tranchée reconstituée par la BBC à Ribecourt
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Quelle que fût l'expérience
vécue, combien de survivants essayèrent de
trouver les mots justes, les phrases exactes pour
la relater. Certain souhaitèrent plus que tout
de s'approcher de cette vérité, leur vérité.
Mais nombreux furent ceux qui reconnurent qu'il
ne le pouvait pas, malgré cette volonté venant
du plus profond d'eux même, car il leur manquait
précisément l'indispensable substance du moment
vécu. Alors mettre de bons petits gars
d'aujourd'hui, parés de nos mentalités
actuelles et de notre matérialisme immodéré,
dans un lieu de reconstitution
quasi-archéologique, même dans des conditions
matérielles que l'on peut considérer sûrement
proches du réel, là, j'ai comme un gros doute.
Mais comme le disais un certain T.E. LAWRENCE :
"on peut discuter des idées, mais les
convictions ne sont guéries qu'à coup de
fusil", alors je suis prêt à en débattre.
A condition que cela ne passe pas en direct sur
une chaîne nationale à une heure de "prime
time"… |
Une autre réflexion m'est venue
lors de cette visite. Je me suis demandé si la
diffusion de cette émission s'est faite en noir
et blanc. Si quelqu'un pouvait m'éclairer, cela
m'aiderait à conduire à terme une intense
réflexion née dans ces tranchées, au milieu de
la boue et sous ce ciel gris. Je me suis souvenu
d'un texte écrit sur le peintre Mathurin MEHEUT
rappelant que, contrairement à ce que nous
montrent les dizaines de milliers d'images
réalisées lors de la Grande Guerre, nos aïeuls
ont vécu une guerre en couleurs alors que nous,
nous continuons pratiquement toujours de la voir
en Noir et Blanc ! Une piste à suivre…
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VIENT DE PARAITRE:
Les
oeuvres graphiques
de Mathurin
Meheut
1914-1918
Editions Ouest-France
30 €
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Deborah, le tank de
Flesquières
Arriva
enfin le grand moment. La rencontre avec Déborah,
vieille fille octogénaire, revenue parmi nous le 20
novembre 1998. Instant de grande émotion que de
contempler ce char dont la réputation de l'invention
dépasse le simple cadre historique. Il existe d'autres
chars de ce type conservés mais, à ma connaissance, il
s'agit du premier char de la Première Guerre Mondiale
retrouvé in-situ depuis la fin de la guerre. Malgré
d'importants dégâts, il est dans un état de
conservation exceptionnel.
Consultez
notre dossier
consacré au tank
de Flesquières
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Mais avant d'atteindre ce but,
combien de déboires, combien de déceptions,
combien d'incertitudes. Certains ont leur Graal,
d'autre leurs marottes. Philippe Gorczynski lui,
avait son char. Il l'attendait enfoui dans le sol
d'un village du Cambrésis : Flesquières.
Là où il fut mortellement touché par un obus
allemand. Resté en place, il disparut aux yeux
des combattants. Transformé en abri, cet engin
de mort devint un lieu de vie, de survie. |
La fin du
conflit le fera oublier de tous. Petit à petit, à
l'instar du souvenir, on aurait pu supposer qu'il
sombrerait aux tréfonds de l'oubli des hommes. Mais,
semblable à certains des événements les plus insolites
laissant des empreintes indélébiles, il subsista une
trace de ce blindé dans la mémoire collective du
terroir où il avait chu : Le Trou du Char. Et telle la
vérité sortant du puits, ce char sortit de son trou, au
plus grand bonheur de son inventeur mais surtout de tous
les passionnés de la grande Guerre.
Identifié
dans un premier temps comme le char D 41 "Devil
II" char Mark IV femelle commandé par le Second
Lieutenant R.A. Jones et détruit à Flesquières le 20
novembre 1917, de nouvelles recherches permirent
d'établir qu'il s'agissait en fait du char D51
"Deborah" également de type Mark IV femelle et
détruit le même jour. Ce tank était commandé par de
Second Lieutenant F.G. Heap qui perdit la vie ce jour, en
même temps que quatre des membres de l'équipage. Outre
Déborah, se trouvent également dans la grange qui
l'accueille un canon allemand de 77 et un camion
américain, dont à ma grande honte j'ai oublié la
marque, trônant parmi maints vestiges et morceaux de
tanks retrouvés dans les champs du secteur. Excellente
base pour un futur musée consacré au Cambrésis pendant
la Grande Guerre… J'y verrais bien à sa tête un
certain... Philippe Gorczynski… Pure
suggestion…
| Hommage aux
Australiens Après le déjeuner, le musée de
Monsieur Jean LETAILLE, à Bullecourt, fut la
dernière étape de notre périple. Ultime
destination de milliers d'Australiens, les fameux
"Diggers", tombés lors des combats du
printemps 1917, Bullecourt fut classé zone rouge
après la guerre. Haut lieu de la mémoire des
combattants australiens, une statue représentant
l'un d'entre eux fut inaugurée en 1993 par
l'ambassadeur d'Australie et Monsieur Jean
LETAILLE, à l'époque maire de Bullecourt.
Personnalité peu commune, Jean LETAILLE nous
accueillit au milieu de milliers de vestiges du
champ de bataille recueillis au cours des
années, soit par lui-même, soit par des
cultivateurs.
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Monument
de Bullecourt
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Ses efforts dans la conservation
de la mémoire des combattants australiens en
France lui valurent la reconnaissance des
autorités australiennes qui l'invitèrent à
plusieurs reprises. Le devoir de mémoire d'une
nation au travers de l'incontestable respect du
à ses combattants, quelle que fut leur guerre,
n'est vraiment pas pareil partout… Ces
visites nous replongèrent dans une histoire si
proche et qui néanmoins s'éloigne à grande
vitesse. Les derniers témoins se dérobent. Ils
s'en vont rejoindre ceux qui ne sont jamais
revenus. |
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Le
cimetière de Bullecourt
pendant la guerre (1917) |
L'organisation
d'un tel week-end avec ses aléas et ses éternels
insatisfaits, n'est pas simple. Il est certain qu'une
organisation plus "professionnelle" apporterait
un plus grand confort matériel à chacun. Mais le côté
"aseptisé" irait peut-être à l'encontre de
l'état d'esprit d'un grand nombre d'entre nous. N'étant
attachés à aucun site particulier de la Grande Guerre,
mais étant intéressés par tous, nous ne pouvons
compter que sur le dévouement des membres de
l'association nous servant de "guides", voire
bien souvent sur celui de bénévoles extérieurs à
l'association, passionnés par l'histoire de leur
région, très souvent membres de ces associations
locales qui permettent que vivent ces "lieux de
mémoire" et auxquels, à leur enthousiasme et leur
amabilité, nous n'avons à offrir que des remerciements.
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